moreen | we gotta talk, kiddo

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Dorcas Meadowes
Dorcas Meadowes
MessageSujet: moreen | we gotta talk, kiddo   Lun 11 Déc - 18:13

La démarche était étrange et Dorcas le savait pertinemment. C'était probablement la raison pour laquelle elle n'en avait parlé à personne. Pas à Idunn, pourtant championne de tout ce qui avait un rapport avec les enfants, ni à Fabian et encore moins à Oengus, pourtant clairement concerné. Dorcas ignorait comment aborder le sujet avec lui, parce que ça ne la regardait pas d'une part mais aussi – et surtout, en fait – parce qu'elle manquait tout à fait de tact et de délicatesse. Annoncer à son partenaire qu'elle avait trouvé la fille qu'il avait abandonné et comptait sérieusement tout mettre en oeuvre pour les réunir était typiquement le genre de sujets sensibles qu'elle ne savait pas gérer. Aussi avait-elle préféré taire son petit voyage à Pré-Au-Lard en attendant de trouver une manière diplomate de lancer le sujet.

C'était étrange et, vu de l'extérieur, certainement très effrayant mais elle ne voulait aucun mal à cette gamine, simplement s'assurer qu'elle serait potentiellement intéressée par des retrouvailles avec son père. Et, certes, Dorcas était aussi curieuse. Très curieuse. Elle avait été surprise d'apprendre qu'Oengus avait un enfant, même si l'imaginer dans ce rôle-là n'était pas si difficile que ça – mais c'était probablement son horloge biologique qui parlait, sur ce plan-là. Elle ne savait rien, ou presque, de la mère de la gamine, ce qui rendait l'affaire encore plus perturbante. Et elle voulait savoir, vraiment. Elle voulait la voir, aussi. Elle avait donc fait sa petite enquête, poser quelques questions ici et là, avant de transplaner jusqu'à Pré-Au-Lard, le jour des sorties. Rien ne lui garantissait qu'elle trouverait sur la jeune fille mais, hey, a girl could dream.

Elle avait passé un moment aux Trois Balais, arrivée un peu en avance, avant de sortir, une cigarette entre les lèvres. Une foule d'adolescents n'avait pas tardé à arriver et, discrète mais attentive, Dorcas les avait surveillé d'un œil. On lui avait fait une description sommaire de la môme, description qui n'avait rien de surprenant – menue, rousse et c'était à peu près tout, la photo qu'on lui avait montré datant déjà de quelques années. Elle resserra son écharpe autour de son cou, à l'affût, et, sans réfléchir, s'engagea à la suite d'une jeune fille qui ressemblait vaguement au cliché. Ok, étrange, flippant, elle remplissait toutes les cases de la folle furieuse en devenir. Restait à espérer que personne ne la remarquerait et elle s'appliqua à feindre l'indifférence, cherchant désespérément une approche innocente. Elle baissa les yeux, un rien paniquée, et finit par se débarrasser de ses gants. « Excuse-moi ! » lança-t-elle en se rapprochant à grands pas, ses gants à la main. Tant pis, elle les sacrifierait volontiers, c'était un piètre tribut à payer pour le bien de sa mission. « Je pense que tu as laissé tomber ça » fit-elle, un rien essoufflée, en présentant ses gants à la jeune fille. Difficile de savoir où elle allait, avec cette stratégie mais Dorcas était pleine de ressources, elle trouverait bien un façon discrète mais efficace de parvenir à ses fins.


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Moreen O'Cahan
Moreen O'Cahan
MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Jeu 14 Déc - 0:15


Moreen n'avait aucune idée de ce qui se déroulait à seulement quelques mètres derrière elle. La jeune fille marchait dans une rue de Pré-Au-Lard. Elle était seule pour une fois, et cela lui faisait un bien fou. Poudlard était un refuge, une maison, et les paysages d'Ecosse lui donnaient l'impression de ne pas être trop perdue. Mais par moment, elle se sentait étouffer. Elle n'avait pas prévu quelque chose en particulier, juste flâner, à l'air libre, respirer, loin des cours et des amis. Seule, elle aimait ça. Le calme, ne pas avoir à être trop sur ses gardes, à réfléchir à chaque mot qui sortiraient de sa bouche. Ainsi, elle réfléchissait, pas à ses crises de somnambulisme, à ses escapades dangereuses et à la limite de la légalité avec Nicola. Ni à sa mère. Moreen réfléchissait à son futur, à ses projets, à ses espoirs. « Loin » de l'Ecole, elle se sentait free like a bird.

Elle n'entendit pas d'abord, la femme qui l'abordait. Ou plutôt, elle ne comprit pas immédiatement que ces mots lui étaient adressés. Elle regarda les gants, et les mains qui les lui tendaient, ses yeux remontèrent sur des bras et sur un visage inconnu. Une femme d'une trentaine d'années, des cheveux magnifiques et un regard … Déterminé ? Moreen allait les prendre quand elle vit ses propres gants entourant ses mains. La jeune fille haussa un sourcil. « Je ne pense pas. » Un petit geste des mains accompagnant sa parole. « Ils appartiennent peut-être à une personne qui est passée avant moi ? » Il faisait froid et la rouquine pensa à la pauvre personne qui devait bien regretter de les avoir égarés. «Ca doit appartenir à une étudiante, je peux peut-être les déposer à Poudlard ? » Ce n'était que des gants certes, mais Moreen était comme ça, pas courageuse comme une Griffondor, ou ambitieuse comme une Serpentard, mais avec le cœur sur la main. Elle n'avait malheureusement pas assez la chance de le montrer au monde. Trop occupée à se protéger des autres pour réellement les aider. C'était sa chance. Et puis, malgré tout, elle s'ennuyait un peu. Cela faisait déjà quelques heures qu'elle marchait sans réel but, et l'inaction avait refroidi jusqu'à ses os. Une "quête" lui ferait le plus grand bien. « Je peux vous aider à chercher sinon ? »


Dernière édition par Moreen O'Cahan le Ven 5 Jan - 16:28, édité 1 fois
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Dorcas Meadowes
Dorcas Meadowes
MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Ven 5 Jan - 13:19

Elle n'en menait pas large, face à la gamine. D'autant plus que celle-ci, parfaitement gantée en cet après-midi particulièrement froid, trouvait certainement son stratagème étrange. N'importe qui avec un tant soit peu de jugeote ou d'instinct de survie l'enverrait paître – ou peut-être que Dorcas était un peu trop paranoïaque. Au lieu de ça, la jeune fille émit l'idée de rapporter la paire perdue au château. Well, shit, ce n'était pas vraiment le plan. Mais après tout, avait-elle vraiment un plan ? Elle s'était pointée à Pré-Au-Lard sans réelle préparation, sur une impulsion, décision hâtive qu'elle regretterait certainement si par malheur ça remontait aux oreilles d'Oengus. Silencieuse, vaguement déstabilisée, elle tâcha de trouver un moyen de détourner la conversation, vite et bien, mais la gamine reprit la parole, lui proposant cette fois de l'aider à retrouver la malheureuse propriétaire. Ah, bien. Bien, mieux même, mais c'était un peu étonnant. N'apprenait-on donc pas aux enfants à ne pas parler aux inconnus, surtout ces derniers temps ? Dorcas haussa un sourcil sans chercher à dissimuler sa surprise avant de baisser les yeux sur ses propres mains, nues, tenant toujours les gants. « Ta mère ne t'a jamais dit qu'il ne fallait pas parler aux étrangers ? » ne put-elle s'empêcher de lâcher, toujours pleine de tact. Ta mère. Pas tes parents, non, ta mère. Une mère dont Dorcas ne savait rien, malgré toute la curiosité qui l'habitait et toutes les bières qu'elle avait pu servir à son partenaire dans l'espoir de le faire parler un peu de son passé. Merlin, Oengus la détesterait s'il apprenait tout ça. Pourquoi diable s'était-elle précipitée ainsi ? Ce n'était pas ses affaires, vraiment pas ses affaires et elle s'exposait « Désolée, continua-t-elle, déterminée à rattraper sa maladresse. mais par les temps qui courent, tu devrais vraiment faire attention. Je suis sûre que ta m- que tes parents préféreraient te savoir à l'abri » Ce n'était guère mieux mais il y avait un vague progrès. « Mais tu as de la chance j'imagine, je suis Auror. Ce qui, à la réflexion, n'est pas une raison suffisante pour ne pas avoir peur. Ne fais pas confiance à tous les gens qui travaillent au Ministère » reprit-elle gravement. Deux pas en avant, un pas en arrière, bravo Dorcas. « Mh, passons. Je m'appelle Dorcas et si ça ne te dérange pas, il vaudrait mieux qu'on se mette en route avant de geler sur place, ton père me tuerait s'il savait que tu as attrapé la grippe par ma faute » Wait, what? « Sûrement, me tuerait sûrement » fit-elle, dans une vaine tentative de correction. D'accord, la gamine semblait un peu naïve mais elle n'était certainement pas idiote et il y avait peu de chances que Dorcas parvienne à rattraper ça. Tant pis, elle improviserait. Elle travaillait toujours mieux sous pression, tellement qu'elle était à deux doigts de croire qu'elle la créait elle-même en cas de besoin.


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Moreen O'Cahan
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Ven 5 Jan - 17:07


Moreen aurait rougi, si le froid ne lui avait pas glacé la peau et qu'elle n'était pas tant habituée à cacher la plus petite once d'émotion. En effet ; quelle idiote proposerait à une étrangère de chercher une personne qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Moreen apparemment. Le froid devait avoir déjà commencé son long travail de congélation des quelques dernières cellules nerveuses qui restaient à la rouquine. Ou bien la fatigue plus vraisemblablement. Les crises de somnambulisme étaient devenues si fréquentes que la jeune fille en avait perdu le sommeil, s'endormant le plus tard possible, la tête plongée dans des livres pour échapper aux bras de Morphée.

Trop occupée à se morfondre une énième fois sur ses petits problèmes, pour ne pas penser aux plus gros, Moreen ne remarqua pas la bourde de l'étrangère, pas plus qu'elle ne distingua son agitation. C'était à peine si elle la regardait, jusqu'à une certaine phrase inquiétante, prononcée d'une voix qui se voulait rassurante. « Mais tu as de la chance j'imagine, je suis Auror. Ce qui, à la réflexion, n'est pas une raison suffisante pour ne pas avoir peur. Ne fais pas confiance à tous les gens qui travaillent au Ministère » Qu'est-ce qu'une Auror faisait par ici, et pourquoi s'occupait-elle de gants à l'abandon, n'avait-elle rien de mieux à faire, du style chasser les méchants ? Moreen, au départ si confiante, recula discrètement d'un pas. Alors que la femme avait cherché à la rassurer sans doute, son empressement à le faire, le débit de sa voix, jusqu'à sa présence même avait fini d'inquiéter la Poufsouffle. Elle se demanda si l'étrangère ne venait pas pour elle, le ministère avait peut-être appris son pouvoir et désirait maintenant se débarrasser d'elle ? Get a hold of yourself ! Le ministère était au courant de sa capacité depuis l'esclandre que Moreen avait causé il y avait une décennie de cela. Donc la femme ne venait pas pour elle, ce qui n'en rendait pas moins sa présence ici suspecte.

Fronçant les sourcils, elle allait répondre qu'elle pouvait très bien se débrouiller toute seule thank you very much, lorsque l'autre reprit ; décidément elle ne s'arrêtait jamais de parler. Et à mesure que la conversation avançait, l'étudiante se sentait de moins en moins sereine, elle n'avait pas l'air tout à fait saine à lui parler sans cesse de ses parents.

Moreen hocha la tête et préféra se présenter aussi plutôt que partir en courant.« Je m'appelle Moreen. ». Observant la main nue de Dorcas, elle hésitait à la lui serrer par politesse. Son bras commençait à se tendre lorsqu'un mot interdit s'échappa des lèvres de l'inconnue. Personne ne lui parlait de son père. « Mon père s'en fiche. » Tout en Moreen s'était renfermé, son corps se figea, ses traits se tirèrent. « Et puis pour ça faudrait le connaître, et c'est pas comme si vous le connaissiez ? » Sa voix était devenue aussi froide que la neige qui tombait autour des deux femmes.  Mais il y avait autre chose, une interrogation, son instinct qui lui criait que si cette femme n'était pas là par hasard, et qu'elle était là pour elle, peut-être était-ce pour parler.. de son père ? Elle avait bien dit « ta mère » avant de dire « tes parents », non ?
L'espoir s'infiltra en elle comme l'air dans ses poumons. Cet espoir qui restait enfoui au fond d'elle : que quelqu'un enfin lui dise quelque chose sur son père, n'importe quoi. Ton père est Médicomage, non il a fondé une nouvelle famille. Ton père est à Azkaban, ton père est mort. Tout plutôt que cette absence, ce silence, cette ignorance qui duraient depuis trop d'années déjà. Où était-il, que faisait-il ? Avec qui ?
Moreen sentit ses yeux s'embrumer, sa respiration se couper. Après plus de dix ans, la seule mention de son père la mettait dans tout ses états. Alors, elle fit ce qu'elle faisait de mieux, Moreen passa une main dans ses cheveux et essaya de se donner bonne contenance. « Enfin bon, de toute façon mon père est mort. » Voilà, c'était plus simple comme ça, de nier jusqu'à l'existence même de son paternel. Étouffer l'espoir avant qu'il ne l'étouffe. Il les avait abandonnées, il les avait trahies, de fait il était mort. Point à la ligne.

« Bon. Allons-y, ces gants ne vont pas retrouver leur propriétaire tout seuls. Et c'est vrai qu'il fait froid. » Toute précaution envoyée à la poubelle, pour se mettre en danger peut-être, ou bien parce qu'une petite étincelle d'espoir brillait encore, Moreen se mit en marche. évitant, autant qu'elle le pouvait, le regard de l'Auror elle ajouta «Vous devez avoir froid aux mains en plus.» La neige crissa sous ses bottes, trois petits pas. Et puis le déclic, une réalisation tardive qui aurait été bien plus rapide si elle n'avait pas été aussi fatiguée dernièrement. « Mains nues » … Qui ne portait pas de gants en plein hiver en Ecosse ? Une Auror de surcroît. Moreen ouvrit sa bouche en grand, comme un poisson, puis la referma, elle ne comprenait pas comment elle avait pu être aussi naïve ... « Ils sont à vous, je me trompe ? » Elle pencha la tête de côté et croisa les bras. Dans quoi s'était-elle fourrée encore ?
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Dorcas Meadowes
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Dim 21 Jan - 1:22

Une large partie d'elle était fascinée par cette gamine, curieuse de trouver des ressemblances avec Oengus, un haussement de sourcil bref, un pli irrité ou une moue songeuse, quelque chose qui rattacherait cette môme à son partenaire. Elle avait vaguement honte, honte de son audace, honte de cette intrusion dans le passé de son ami. Pourquoi s'était-elle mise en tête de se charger de pareille mission ? Si Oengus voulait retrouver sa fille, il pouvait certainement très bien s'en occuper seul. Et si, vraiment, il avait voulu la mettre au courant, il avait déjà eu des centaines d'occasions de le faire. Or, il l'avait laissée à l'écart de ses souvenirs et Dorcas aurait dû respecter son désir d'intimité – ils n'étaient que collègues après tout, quoi qu'elle puisse en dire – au lieu de se précipiter à Pré-au-Lard avec un plan des plus foireux.

Et, damn, il fallait qu'elle surveille sa langue mais, d'un autre côté, Dorcas n'était pas spécialement réputée pour sa diplomatie. Elle retenait ses accusations et ses remarques acerbes à grand peine face à ces enfoirés de mangemorts qui courraient les couloirs du Ministère, rien d'étonnant à ce qu'elle manque de tact et de finesse avec une gamine de quinze ans. Ou seize ? Peu importait. A la mention de son père, la môme sembla se figer, interdite, si loin de la gamine avenante qui venait de lui proposer de l'aider dans sa démarche douteuse. Et, ah, il était là, le détail. Ou peut-être Dorcas l'avait-elle trop attendu mais, l'espace d'une seconde ou peut-être deux, elle eut l'impression de le voir, ce géant irlandais si sociable, si sensible aussi. Plus émue qu'elle n'était prête à l'admettre, l'auror détourna les yeux, un rien déboussolée. Son trouble prit plus d'ampleur lorsque la jeune fille lâcha, sans ménagement, que son père ne faisait plus partie de ce monde. What? Était-ce donc ça que lui racontait sa mère ? Dorcas fronça les sourcils, tâchant tant bien que mal de réprimer la vague furieuse qui menaçait de déferler. Elle ne connaissait pas cette femme, ignorait tout de ce qu'elle avait traversé et, aussi attachée était-elle à Oengus, elle ne connaissait de son histoire que sa propre version. Il lui semblait pourtant inouï que ce type qu'elle voyait tous les jours, capable de lui inspirer les plus longs fous rires comme de très perturbantes envies d'une vie rangée, puisse faire du mal à qui que ce soit à ce point.

Un peu sonnée, Dorcas ne comprit pas tout de suite la question qui lui était adressée. Elle se secoua et baissa un instant les yeux sur ses propres mains. Non, décidément, elle n'avait vraiment pas bien géré cette partie-là de son plan. Avec un soupir, elle tendit une nouvelle fois la main. « Perspicace » lança-t-elle, vaguement moqueuse. De toute évidence, si elle était un peu naïve, cette fille n'était pas non plus idiote et, à la réflexion, ça ne la surprenait pas plus que ça. « Je suppose que c'est de famille, reprit-elle et puisqu'il semblait inutile de continuer à jouer la comédie, elle ajouta : et ça, je peux le confirmer, parce que je connais ton père » Un peu brutal certainement, comme annonce. Tout à fait le style de Dorcas.


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Moreen O'Cahan
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Sam 27 Jan - 15:48

Moreen ne crut pas immédiatement ce qu’elle venait d’entendre. Tout d’abord, parce qu’elle ne connaissait pas cette personne et qu’elle ne comprenait pas pourquoi une Auror s’occuperait des affaires d’Oengus O’Cahan, mais également parce qu’elle avait tellement éviter de penser à la possibilité de le revoir un jour que cette nouvelle la dépassait. « Vous connaissez mon … père ? » Elle ne savait plus comment réagir, qui croire, que faire ou que dire. D'où la question pour le moins idiote qu'elle venait de poser. C'est ce qu'elle vient de te dire, dummy.

Sa mère ne lui avait jamais fait croire que son père était mort, mais Moreen avait presque réussi à se persuader que tel était le cas. Sinon cela voulait dire qu’il était parti, sans elle et sans explication, et ça c’était pire. « Et pourquoi je devrais vous croire ? Vous venez quand même de me mentir tout en me disant que je ne devais pas faire confiance à des inconnus dans la rue… » Elle se voulait méfiante et froide ce qui était plutôt facile vu sa personnalité. Cependant, une émotion si particulière commençait à pointer le bout de son nez. Une émotion que Moreen ne voyait pas souvent en elle, l’espoir. A cela se mêlait aussi le besoin de comprendre et de savoir pourquoi son père, son modèle était parti sans un mot, sans un regard. « Bon. Ok. J’imagine ne pas avoir trop le choix de toute façon… Mais pourquoi vous êtes venue me trouver ? C’est mon père qui vous envoie ? Pourquoi n’est-il pas là lui-même ? » Bien qu’il avait sans doute vu juste en demandant à une connaissance d’approcher Moreen - lui évitant ainsi des cris, des pleurs ou encore une métamorphose en plein centre de Pré-Au-Lard, cette question sonna amèrement dans la bouche de la rouquine. Elle ne l’aurait certainement pas reçu avec un câlin et un grand sourire, mais cette façon de faire sonnait encore plus comme une trahison. Moreen avait la sensation qu’il avait voulu l’espionner, se renseigner sur elle sans qu’elle ne le sache et donc sans la rencontrer. Était-elle si peu de choses à ses yeux pour qu’il ne daigne même pas lui parler ?

Elle se rappelait pourtant de quelques souvenirs chéris qui réapparaissaient souvent en rêve. Des jeux qu’ils faisaient, des crêpes qu’il lui préparait le dimanche quand il était à la maison. De ses grands sourire francs et sincères. Elle se rappelait aussi de certaines choses un peu plus floues : son inquiétudes des derniers jours, sa manière de n’être pas totalement présent même quand il était là, et quelques disputes. A l’époque trop jeune pour y faire attention, Moreen n’aurait pas pu imaginer que cela se terminerait par sa disparition. Ce qui l’avait toujours étonné c’était sa mère qui n’avait jamais appelé la police ou prévenu le Ministère de la Magie, qui ne l’avait jamais déclaré disparu. Et pourtant elle avait toujours éludé les questions de sa fille concernant ce départ.

Peut-être que c’était enfin le moment pour elle d’avoir des réponses à toutes ces questions qui la rongeaient. Trouver un semblant de réconfort ? Et à tout hasard cela l’aiderait peut-être avec ses crises de somnambulisme, avec son pouvoir, avec sa méfiance. Sans doute espérait-elle trop, mais elle n'était encore qu'une enfant dont le père était parti bien trop tôt. Son visage était cependant resté impassible durant toute la conversation si ce n’était pour le bref regard de surprise quand l'Auror lui avait annoncé de but en blanc connaître son père. « Bon. Je vous écoute. Mais, on pourrait peut-être s’installer au chaud avant ? » Au moins, si cette personne était une allumée elle ne tenterait rien dans un endroit bondé, et la jeune fille avait bien besoin d’un breuvage chaud aussi, pour se réchauffer. Pour se rassurer.
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Dorcas Meadowes
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Mer 31 Jan - 21:24

Manifestement, elle avait sous-estimé la facilité qu'aurait la gamine à encaisser la nouvelle. Déjà vaguement fébrile, Dorcas se sentit soudainement paniquée devant le choc qui se lisait sur le visage de la petite rousse. Well, shit. Elle aurait probablement dû s'y attendre mais elle n'était guère douée avec les enfants, n'en côtoyait pas ou très peu, et n'avait, comme source d'informations, que les histoires de Ted Tonks, si bavard dès qu'il était question des prouesses de sa propre fille. Et encore, mieux valait éviter de se reposer là-dessus, la jeune Tonks étant bien, bien plus jeune que cette demoiselle-là. Dorcas songea une seconde à transplaner sans prévenir, histoire de limiter les dégâts. Seulement il était un peu tard pour ça, un peu tard pour les remords, un peu tard pour la lâcheté. Elle avait fait une bêtise, certes, mais il lui fallait à présent assumer.

Le regain d'énergie de la jeune fille la surprit un peu mais, curieusement, elle fut soulagée de la voir sortir de sa surprise léthargique pour – enfin – exprimer un peu de doutes et de logique. Peut-être y avait-il un peu d'espoir pour cette gamine après tout. Dorcas haussa un sourcil, attendant patiemment que la môme ait fini sa petite tirade débordante de suspicions – à juste titre d'ailleurs. Elle ignorait ce qui s'était réellement passé entre Oengus et son ex-femme – si tant est qu'ils étaient officiellement séparés, elle n'avait pas osé demander – ni pourquoi il ne faisait pas partie de la vie de sa fille mais il aurait été bien plus logique qu'il fasse, lui, son apparition ici, plutôt qu'elle et ses mensonges. Oh Merlin, ce qu'elle allait regretter d'avoir fait ça. Elle était la première à crier haut et fort qu'il était quasiment impossible à faire confiance à qui que ce soit ces derniers temps et voilà qu'elle trahissait sans vergogne l'une des rares personnes à qui elle avait accordé la sienne. Tout ça par curiosité – mieux valait se focaliser sur cette raison-là, pour sa stabilité mentale. « Tu as fini ? » fit-elle, réprimant mal un sourire. Oui, il n'y avait aucun doute, c'était bien la fille de son partenaire. Qui, contre toute attente, ne détala pas à toutes jambes mais lui proposa d'aller s'installer à l'intérieur. Un endroit public, probablement plein à craquer, ne facilitant pas l'attaque ni la fuite, cette petite n'était pas aussi naïve qu'elle en avait l'air, nota-t-elle machinalement. Dorcas avisa sa montre, puis la façade des Trois Balais et haussa les épaules. « Bien sûr, oui. Je te suis » ajouta-t-elle en tendant la main dans la direction du bar. Damn, cela faisait un bail qu'elle n'avait pas passé cette porte. Une foule de souvenirs lui revint en mémoire, lui tirant un rictus nostalgique. Elle en avait passé, des après-midis ici, avec Idunn, puis avec Fabian et parfois Gideon, à se noyer dans des chopes un peu trop grandes pour leurs dix-sept ans. L'espace d'une seconde, elle eut l'impression que la tête de mule qu'elle était à cet âge-là était une autre personne, appartenait à une autre vie. La sensation n'était pas spécialement agréable, loin de là, et c'est un peu perturbée qu'elle prit place à la première table libre qui se dressa sur son chemin, oubliant presque la gamine qu'elle avait importunée. Difficile, cependant, de chasser de son esprit la raison de sa venue à Pré-Au-Lard. Dorcas se reprit, se secouant un peu, et tenta d'offrir un sourire confiant à la jeune fille. « Je ne vais pas te manger, assieds-toi, lança-t-elle, si j'avais voulu m'en prendre à toi, je l'aurais fait dehors mais ça, tu t'en doutes certainement » Dorcas Meadowes ou comment inspirer la confiance à une ado de quinze ans. Et elle enviait la vie de famille des Tonks ? Ah, la blague, elle n'aurait pas tenu deux minutes dans le rôle d'Andromeda ou Ted – et Ted dans le sien mais c'était une autre histoire. « J'imagine que tu as des questions ? » reprit-elle après un bref signe de tête à l'intention de la serveuse. Elle allait avoir besoin d'un remontant, même si, à la réflexion, il valait peut-être mieux pour tout le monde qu'elle tarde les idées claires.


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Moreen O'Cahan
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Mar 6 Fév - 10:02

La chaleur environnante qui l’envahit lorsqu’elles entrèrent aux Trois Balais, aida Moreen à calmer les battements de son cœur. Elle ne se reconnaissait pas aujourd’hui, à suivre une complète inconnue dans un bar. Deux choses qu’elle n’aurait jamais fait dans d’autres circonstances. La simple évocation de son père avait suffi à lui retourner le cerveau. Elle hésitait néanmoins à s’asseoir mais le ton de Dorcas lui fit l’effet d’un ordre et ses jambes allèrent d’elles-mêmes se poser sous la table tandis qu’elle enlevait son manteau, ne quittant pas du regard une seule seconde cette Auror. Elle retira ses gants, puis son écharpe, les sourcils froncés, et faillit sursauter lorsque la serveuse arriva à leur table. « Bonjour, je vais prendre ... Un jus de citrouille s’il vous plait. » Sa dernière expérience de breuvages alcoolisés lui avait passé l’envie de retenter sa chance pour le moment, - et elle n’était de toute façon pas encore majeure. Moreen attendit que la femme en face d’elle choisisse ce qu’elle désirait boire et que la serveuse s’éloigne, avant de répondre à sa question . « Oui j’ai des questions. Mais je ne sais pas par où commencer. »

Toutes les questions tournoyaient dans sa tête - pour vous donner une idée de son état d’esprit, c’était comme si une nuée de joncheruine avaient pris possession de son esprit, le rendant aussi embrouillé que s’il avait été fait de marmelade. Pour cette raison la jeune fille ne savait pas quoi dire, par où commencer mais aussi que garder pour elle. Elle hésita plusieurs minutes, assez pour que la serveuse revienne avec leurs boissons, pour que son corps se réchauffe, et sans doute suffisamment pour que Dorcas s’impatiente. Moreen se racla la gorge, passa une main dans ses longs cheveux lisses, tout pour se donner un peu de contenance. Car cette femme, à la magnifique chevelure et au regard acéré, l’impressionnait bien plus qu’elle ne l’aurait admis. Elle se sentait minuscule, pas à sa place, et elle commençait à avoir la très nette impression de paraître stupide. Ce qu’elle n’était pas d’ordinaire. Mais quand on vous annonce que l’on connait votre père qui est parti sans un mot lorsque vous n’étiez qu’une petite fille... Il y a de quoi perdre la raison et l’usage de la parole. Cependant, Moreen ne pouvait continuer à faire attendre l’Auror qui avait sans doute bien d’autres occupations que suivre des adolescentes dans la rue. Allez savoir !

Elle prit donc une gorgée de son jus de citrouille, et osa se lancer. « J’aimerais savoir pourquoi vous êtes là ? Comment vous connaissez mon père ? Et ce qu’il me, non ce que vous me voulez ? » Comme on arrache un bandage, la rouquine avait lancé ces trois questions à toute allure, sans plus réfléchir car un mal de tête commençait déjà à pointer le bout de son nez et que plus elle pensait à ce qu’elle voulait dire moins elle arrivait à ouvrir la bouche. Moreen attendit, un mélange d’inquiétude, de trouble et de surexcitation dans tout son être. Complètement dans l’attente, elle ne remarqua même pas que les pointes de ses cheveux se coloraient d’un blanc poudreux comme la neige qui recouvrait le petit village.  De la même teinte qu’après son départ, il y avait dix ans de cela. A force de ne pas s’entraîner à maîtriser son pouvoir et toujours tout réprimer, Moreen était bien incapable de le contrôler. Et toutes ces émotions étaient en train d’avoir raison d’elle, bien que son visage se fasse aussi stoïque qu’il l’était possible dans une pareille situation.
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Dorcas Meadowes
Dorcas Meadowes
MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Ven 9 Fév - 18:18

Elle imaginait sans trop de mal à quel point la gamine devait être chamboulée, la tête bourdonnant de questions. Si Dorcas ne s'était pas retrouvée dans une situation similaire, elle avait eu quinze ans, elle aussi, des problèmes avec ses parents – un peu – des problèmes avec les autres – beaucoup – et une envie furieuse d'obtenir des réponses sans très bien savoir vers qui se tourner, à qui s'adresser. A la réflexion, elle s'en voulait vaguement d'être à l'origine d'un tel bouleversement chez cette môme. C'était égoïste, même si une partie d'elle-même restait convaincue qu'elle faisait tout ça pour son partenaire. Elle avait été curieuse sans parvenir à être courageuse et à demander des précisions au principal intéressé. Curieuse et sournoise, un mélange dangereux qui l'avait conduite plus d'une fois dans le bureau de Slughorn, à l'époque de ses études à Poudlard. Une association délicate quand on se voulait prudente et responsable. Il fallait à tout prix empêcher que cette histoire ne remonte aux oreilles de ses supérieurs – ou pire, d'Oengus O'Cahan.

« Une Biéraubeurre » fit-elle à l'intention de la serveuse, détournant finalement le regard pour un sourire et quelques Gallions. La jeune femme s'éloigna et, sans bouger, les yeux de Dorcas glissèrent de nouveau sur la petite rousse, installée face à elle. « Le début est toujours une bonne idée » ironisa-t-elle, esquissant un bref sourire. Sous ce calme apparent se dissimulait une vague angoisse, qui s'insinuait petit à petit dans sa tête au fur et à mesure que le silence s'installait. Allait-elle seulement pouvoir répondre aux questions que lui balanceraient la môme ? Elle connaissait Oengus, oui, ou, en tout cas, elle pensait le connaître. Imaginait-elle l'homme qui partageait ses journées capable d'abandonner sa fille ? Non, pas vraiment. L'idée était dérangeante, presque malsaine. Dorcas savait qu'elle irait jusqu'au bout de ce plan idiot qu'elle avait monté toute seule mais ça n'empêcherait certainement pas les regrets qu'elle voyait presque se profiler à l'horizon. Et si cette môme pouvait sans le savoir briser la confiance établie entre son partenaire et elle ?

Sourcils froncés, crispée, Dorcas remercia à peine la serveuse qui déposa leur commande sans un mot. Non, elle ne pouvait pas laisser cela arriver. La confiance était un bien précieux par les temps qui courraient et ce n'était pas une adolescente qui allait y changer quoi que ce soit. D'autant plus que l'adolescente en question ne semblait pas prête à ouvrir la bouche. Dorcas haussa un sourcil, un rien irritée. Elle savait que ce n'était pas son rôle d'insister, pas après s'être ainsi imposée, mais la patience n'était pas vraiment son fort. Finalement, la gamine – Moreen, se rappela-t-elle – daigna ouvrir la bouche. Straight to the point. Dorcas baissa les yeux sur son verre, réprimant un sourire. « Excellentes questions, I like your style kiddo » commenta-t-elle en levant sa chope dans sa direction. La faire attendre n'était, peut-être, oui, pas le meilleur moyen de l'amadouer, certes, mais Dorcas n'était pas spécialement douée avec les enfants. Ou les gens, en règle générale. Sauf quand il s'agissait, évidemment, de les empêcher de nuire. « Je travaille avec lui. Ton père, précisa-t-elle, inutilement sans doute. J'ignore ce que tu sais à son sujet mais c'est un type bien. Déjà parce qu'il me supporte sans trop de mal et qu'il me trouve très drôle, ce qui n'est pas bien sûr pas négligeable au quotidien. Et il m'a sauvé la mise plus d'une fois, ça joue aussi un peu j'imagine » Elle hésita une seconde, à peu près certaine qu'elle s'apprêtait à faire une monstrueuse connerie, puis décida qu'elle n'était plus à une bêtise près. Plongeant la main dans sa poche, elle en extirpa son portefeuille, cadeau de sa mère, et après quelques secondes de recherches entre les souvenirs, tickets de métro et notes de bar, trouva la photo du bureau qu'elle avait un peu honte de garder sur elle. Ce n'était pas le cliché le plus récent, certes, mais c'était le dernier où ils semblaient tous plus ou moins heureux. Elle le tendit à Moreen, d'une main qui tremblait légèrement. « Sur la gauche, le grand barbu avec le sourire idiot » fit-elle, la gorge serrée. Pourquoi, d'ailleurs ? Elle savait déjà que cette situation, celle de Moreen, celle de cet imbécile d'Oengus aussi, était compliquée mais elle n'avait pas imaginé que cela pourrait l'affecter. Pas comme ça. « Il ne sait pas que je suis là et je ne sais pas si je lui en parlerai, reprit-elle, fixant sa bière pour garder la face, c'est juste que- on risque notre vie, tous les jours, ensemble, et je lui faisais- fais pleinement confiance. Et quand il m'a parlé de sa famille, j'ai, je ne sais pas, je suis devenue curieuse ? » Elle fit une pause, avala une gorgée ou deux de Biéraubeurre. Jamais ça ne lui avait semblé aussi amer. « C'est un idiot mais c'est un type bien, continua-t-elle, les yeux plantés dans ceux de Moreen cette fois, je croise des salauds sans cœur ni valeur tous les jours. Oengus n'en fait pas partie, pas lui. Et j'ai beau me creuser la tête, je ne comprends toujours pas pourquoi ni comment il aurait pu abandonner sa famille » Elle aurait certainement dû lui poser directement la question, au lieu de se lancer toute seule à la recherche de sa fille. « Alors tu vois, j'attends la même chose que toi » Des réponses.


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Moreen O'Cahan
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Lun 19 Fév - 10:42

Moreen avait espéré une telle rencontre toute sa vie, et d’autant plus ces derniers temps alors qu’elle se sentait perdre pieds plus que jamais. Et pourtant, ce n’était pas ce qu’elle aurait souhaité. Elle voulait voir son père, cet homme gigantesque - bien qu’elle était très petite alors et qu’il était certainement moins imposant que dans ses souvenirs - au rire facile et à la voix bien grave. Mais bon, il fallait bien qu’elle se contente de ce qu’on lui offrait. Pendant un court instant, la jeune fille s’imagina que cette femme qui se trouvait devant elle pouvait tout à fait connaître son père d’une manière ... intime. Elle rejeta cette idée, une seule grosse révélation à la fois. Il n’y avait pas à dire, cette femme était impressionnante, de son visage décidé, à sa façon de s’exprimer. Moreen étant bien plus habituée à l’anxiété maladive de sa mère ou à la stricte sévérité des professeurs, était étonnée de ce comportement. D’une part, cela l’émerveillait, et d’un autre côté elle en était un peu effrayée. Il était assez étrange en effet, pour une jeune fille discrète de 15 ans de se retrouver dans un bar avec une parfaite inconnue.

Puis les informations affluèrent jusqu’à Moreen, et elle écouta chaque détail jusqu’à en oublier de boire, jusqu’à en oublier de respirer. Son père était donc un Auror ? C’était presque comme dire à un enfant que son père était un héros de guerre. Il prenait des formes et des couleurs dans son esprit à mesure que Dorcas le décrivait. Mais il lui paraissait encore plus inatteignable. Et il lui fallait admettre qu’une certaine colère s’emparait petit à petit d’elle. Moreen lui en voulait, car sauver la vie des gens, c’était bien, mais pourquoi avait-il abandonner sa famille pour le faire ? Plus que jamais, elle souhaitait savoir la vérité.

Et puis Dorcas lui tendit une photo, qu’elle attrapa en tremblant des mains, le visage toujours aussi fermé, les lèvres en une fine ligne, pour s’empêcher de parler, ou de pleurer peut-être ? Incapable de comprendre les émotions qui la transperçaient, et c’était ça le plus effrayant, l’impression de marcher dans du brouillard. Mais devant cette photo, de cet homme roux au grand sourire, son coeur se serra, sa gorge se noua. Des souvenirs affluèrent, des images qu’elle avait oublié. De promenades, elle sur ses épaules, pendant qu’il courait en hurlant après les canards. Des après-midi à manger des pancakes et à jouer avec la nourriture, pendant que sa mère chantait un air irlandais. Le masque sur le visage de Moreen s’effrita un peu, et laissa apparaître une vulnérabilité qu’elle tentait tant de cacher aux yeux des autres. « Il est presque exactement comme dans mes souvenirs. » Finit-elle par dire, plus pour elle que pour la grande femme qui ouvrait - peut-être sans le savoir - la boîte de Pandore. « Il est juste plus vieux quoi ..! »

La déception s’insinua à côté de la colère et de la tristesse lorsque Moreen comprit que son paternel n’avait pas souhaité cette rencontre, au moins il avait parlé d’elle à sa collègue - son amie ? - mais ce n’était pas lui qui était l’instigateur de cette conversation. « Je ne comprends pas. Vous êtes venue me dire tout ça par ... curiosité ? » Cela lui paraissait presque cruel tout à coup. Cependant, elle ne le lui reprocherait pas, parce qu’avoir n’importe quelle nouvelle de son père, c’était bien mieux que de n’en n’avoir aucune. Elle avait bien trop peur que cette personne ne parte et la laisse à nouveau seule, sans plus aucun lien avec ce père parti. « Je n’ai pas de réponses à vous donner. La seule chose que je sais, c’est que je suis rentrée de l’école un soir, et qu’il n’était plus là. Toutes ses affaires avaient disparues, il ne restait qu’un plaid. » Chaque mot est difficile à sortir, Moreen n’étant pas habituée à évoquer ce souvenir douloureux. « Ma mère a toujours refusé de me dire quoi que ce soit. Vous m’en avez plus dit en 30 minutes aujourd’hui, qu’elle en 10 ans. » Une petite rancune, toute la colère qu’elle ne peut déverser sur son père se retourne contre cette mère étouffante, qui a tenté de compenser le grand vide qu’à laissé Oengus. « Vous devriez lui demander, je pense que c’est le seul à connaître la réponse. »

Un silence s’installa, aucune d’elles n’aura ce qu’elle veut on dirait, Moreen se concentra sur l’orange de son jus de citrouille qui rappelait la couleur de ses cheveux. Elle prit quelques gorgées. Avant d’ajouter, doucement, à voix basse, parce qu’elle pensait déjà connaître la réponse et qu’elle en était triste par avance. « Vous pensez que je pourrais ... Le rencontrer ? Ou juste le voir, peut-être ? »
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Dorcas Meadowes
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Lun 5 Mar - 16:03

Sans très bien savoir pourquoi, ni comment, Dorcas avait la curieuse sensation qu'il se passait quelque chose d'important, là, sous ses yeux. Elle croisa les bras, serrant les poings à s'en faire sauter les jointures. Elle n'aurait pas dû venir. Ce n'était plus une vague pensée, une impression impossible à saisir complètement, c'était une certitude. Elle n'aurait pas dû venir. Elle n'avait absolument aucun droit sur la vie de cette môme et encore moins celui de la bouleverser. Si Oengus ne faisait pas partie de son quotidien, c'était certainement pour une bonne raison. Pour qui se prenait-elle, avec son plan bancal et cette stupide photo ? Avait-elle réellement pensé qu'elle allait être à l'origine d'un petit miracle, qu'elle réconcilierait père et fille en un claquement de doigts ? Bêtement, oui. Et à observer la jeune fille, les yeux rivés sur la photographie animée, c'était loin d'être le cas. Well, shit. « Tu peux la garder. Si tu veux » lâcha-t-elle, d'une voix rauque. Elle se concentra sur sa bière, tentant vainement d'oublier la vague de culpabilité qui déferlait violemment sur ses certitudes. Elle n'aurait pas dû venir, elle n'aurait pas dû venir, elle n'aurait pas dû venir. C'était comme une litanie, laconique, terrible. Elle n'aurait pas dû venir mais, égoïste qu'elle était, Dorcas n'avait pas vraiment pensé à ce que la gamine pourrait ressentir. Elle s'était figurée que tout se passerait bien, d'une manière ou d'une autre. Qu'elle serait ravie d'avoir des nouvelles de son paternel. Dorcas ne s'était pas préparée à un tel étalage de fragilité et, force était de l'admettre, elle aurait dû. Au lieu de ça, elle s'était focalisée sur ce besoin, intense et déplacé, de satisfaire sa curiosité. Difficile de nier, malgré l'envie si forte de le faire en l'entendant ainsi présenté par la jeune fille. Elle haussa les épaules, toujours incapable de la regarder. « J'imagine, oui. Je, je ne sais pas, j'ai pensé qu'il y avait un malentendu ? » Elle n'était pas sûre de ce qu'elle avançait. Après tout, si toute cette triste histoire se résumait à un simple quiproquo, Oengus l'aurait résolu lui-même. Au lieu de ça, il évitait soigneusement de parler de sa famille. Dorcas n'était pas même certaine qu'il avait eu envie ou même l'intention de lui parler de sa fille, le soir où il l'avait fait. Non, c'était sans doute plus que ça et elle se cherchait des excuses. « Désolée. Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre avec les enfants. Ou les gens, de manière générale, sauf quand il s'agit de les envoyer pourrir à Azkaban. » L'image était peut-être un peu violente, pour une fille de l'âge de Moreen. Tant pis, ce ne serait pas sa première erreur.

La moitié de sa biéraubeurre descendue, Dorcas se redressa, semblant avoir trouvé le courage nécessaire pour faire face à ses maladresses. Les explications de l'adolescente semblaient douloureuses à articuler et, avec chaque mot, la culpabilité se faisait plus forte. Dorcas pinça les lèvres, sans pour autant pouvoir repousser ce sentiment désagréable. Une pointe de colère fit son apparition, plus amère que vive, face au silence de la mère de la jeune fille. La femme d'Oengus. Le concept lui semblait tout à fait étrange, tant parce qu'il n'en parlait jamais lui non plus que parce qu'elle l'imaginait difficilement avec femme et enfant, à vivre un quotidien bien ordonné. Elle n'avait pas osé poser plus de questions, le soir où il avait décidé de s'épancher, s'était contentée d'écouter en le relançant de temps à autre. Il avait eu besoin de parler et elle avait été présente à ce moment-là. Elle ou une autre paire d'oreilles, Dorcas n'était pas certaine que cela avait eu de l'importance. Jusqu'à aujourd'hui, évidemment. « Il n'est pas du genre bavard, quand il s'agit de son passé » commenta-t-elle, sombre. Mais après tout, qui l'était vraiment ? Elle-même se plaisait à garder ses souvenirs sous clé, dans un coin de sa tête, et fuyait toute évocation de son adolescence, de ses premières années au ministère, de Theodore, de ses parents. Elle se prétendait tourner vers l'avenir mais il s'agissait plutôt d'une fuite en avant, plus que d'un réel désir de se projeter.

Le silence s'installa, assourdissant. C'était une erreur, une grande, une monstrueuse erreur que d'être venue ici. Dorcas n'avait rien à apporter à cette môme, si ce n'était plus de questions et de confusion. Une partie d'elle avait envie d'en faire plus, pourtant, malgré le désastre qu'elle avait provoqué avec ses histoires de gants perdus. Emporter la gamine avec elle et l'emmener jusqu'à son père, mettre ce grand imbécile devant le fait accompli. Lui forcer la main, à lui aussi. Elle avait conscience que sa propre histoire, ses ressentis n'étaient pas universels mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était profondément stupide de ne pas faire partie de la vie l'un de l'autre tant que c'était encore possible. Elle-même avait perdu sa mère, puis son père et regrettait un peu plus chaque jour de ne pas être restée un peu plus à leurs côtés, d'avoir préféré se concentrer sur ses examens, puis sur sa formation et, enfin, sur sa carrière plutôt que de passer quelques jours dans le cottage familial. Oengus avait encore la chance de pouvoir faire ça avec sa fille, comment osait-il l'ignorer ? And now she was mad. Well, shit. Crispée, elle avala le reste de sa bière, un peu trop vite sans doute et, secouée par une brève quinte de toux, faillit ne pas entendre la timide question de Moreen.

Le voir. Bien sûr qu'elle avait le droit de le voir. Dorcas n'allait pas prétendre le contraire, sûrement pas. Mais ce n'était pas à elle de décider, right ? Elle soupira, tout en se pinçant l'arête du nez. Elle s'était mise toute seule dans cette histoire, il était temps d'assumer maintenant. « Ecoute, je ne veux pas te donner de faux espoirs. C'est un chic type mais il peut être terriblement têtu quand il s'y met et j'imagine qu'il a- qu'il s'est éloigné pour une bonne raison. » Du moins l'espérait-elle. Apprendre qu'il était un salaud sans cœur serait un sérieux problème. « Mais d'un autre côté, le hasard fait parfois bien les choses, quand il sait où il va. Et je suis tout à fait disposée à lui servir de guide, si il faut » lâcha-t-elle très vite, comme s'il y avait un risque qu'elle garde cette proposition pour elle si jamais elle ne la formulait pas assez rapidement. Dorcas avait conscience de s'enfoncer un peu plus dans un problème qui ne la concernait pas le moins du monde. Mais Oengus était son ami, après tout, et elle faisait ça pour lui. Ou en tout cas, elle pouvait s'en convaincre, à force de se le répéter.


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Moreen O'Cahan
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Jeu 15 Mar - 17:01

Finalement, peut-être qu’il aurait mieux fallu qu’elle reste avec ses questions, ses interrogations et ses doutes toute sa vie. Peut-être que ça aurait été plus simple pour Moreen qui avait déjà tant de mal à s’occuper de sa vie, à se faire des amis, à profiter comme les autres adolescents de son âge. Pourtant, elle avait la certitude – comme une voix dans sa tête – qui lui disait que la clé à ses problèmes c’était ce départ imprévu et cette absence complète de ce père tant aimé, adulé, idéalisé. Oh les années d’éloignements y étaient sans doute pour quelque chose, et l’adolescente avait bien conscience que c’était injuste d’en vouloir autant à sa mère qui elle était restée. Femme seule dans les années soixante, qui se retrouvait sans travail et avec une fille de cinq ans sur les bras. Qu’elle avait eu trop jeune, qui avait un pouvoir qui l’effrayait. Mais, c’était tellement plus simple de déverser sa colère sur une personne présente, de tout lui reprocher, plutôt que de détester une ombre.

Elle accepta la photo après un moment d’hésitation « Merci. », les mains toujours un peu tremblantes, la voix pas tout à fait sereine. Moreen observa cet homme une nouvelle fois avant de la ranger, cet homme qui n’était pas son père, et pas non plus un étranger. Ce grand gaillard au sourire avenant, au mains gigantesques et à la barbe touffue. Pour cela, il n’avait pas changé, puisqu’elle se rappelait encore de ses doigts menues qui tiraient dessus et de ces baisers sur ces joues piquantes et douces à la fois.  Elle n’en voulait pas réellement de cette photo, qui lui brûlait la peau maintenant qu’elle l’avait mise en sécurité sous sa cape, mais elle n’avait pas osé dire non et se séparer du seul petit lien avec son père. De la seule image qu’elle avait de lui en dehors de ces souvenirs flous qui affluaient et repartaient, la laissant toujours vide au bord d’un gouffre. Elle aurait préféré l’avoir près d’elle plutôt qu’une simple image mouvante, mais la Poufsouffle pouvait se contenter de miettes, telle une désespérée. Car malgré la déception, la colère, la tristesse, tout ce méli-mélo qu’elle n’avait plus la force de démêler, il y avait l’amour immuable de cette fillette pour son père. Les excuses de Dorcas glissèrent sur elle comme de l’eau, elle les entendit à peine, trop perdue dans ses pensées, dans ses souvenirs, dans ce futur qui lui semblait si flou. Et elle réalisait bien l’égoïsme de tout cela, face aux morts de certains sorciers, face au monde qui s’assombrissait pour des raisons bien plus glauque qu’un père abandonnant sa famille, sans un mot, sans une explication. Mais elle pouvait bien se montrer égoïste par moment, elle qui ne pensait qu’aux autres, en dépit de sa froideur affichée et de son manque de tact et de son incapacité à se comporter correctement. Elle haussa une épaule, « Je ne sais pas non plus comment m’y prendre avec les gens. Ils sont trop compliqués... » A demi-mots, dans un soupir.

Ce qui vint ensuite lui fit plus de mal que tout le reste, et Moreen aurait pu en vouloir à la brune d'avoir prononcé ces mots, s'ils ne sonnaient pas autant comme une vérité dérangeante. « Passé », elle était le passé de son géniteur, alors qu’elle aurait dû être son présent et son avenir. Sauf qu'elle n’était pas une erreur, en tout cas n’avait jamais pensé l’être, jusqu’à grandir sans ce père et avec une mère qui ne savait clairement pas s’y prendre. Et c’était ce qui était le plus douloureux dans l’histoire, plus que vivre sans lui, plus que l’absence de sa voix et de ses bras. La pensée qu’on ne voulait pas d’elle et qu’elle aurait mieux fait ne pas exister. Car au final, à part un faux espoir et une photo inutile, cette femme ne lui avait apporté rien de concret, et Moreen ne pouvait rien lui donner. Elles devaient avoir l’air malignes toutes les deux avec leurs attentes qu’elles ne pouvaient combler, les réponses qu’elle ne savaient donner. Ses doigts se fermèrent un peu plus sur le verre de jus qu’elle avait à peine bu. Son masque se brisait à mesure que le temps passait dans ce bar trop bondé avec cette femme inconnue. Elle était à court de mots, à court de tout. C’était dans un dernier acte de désespoir que Moreen lui avait demandé de le rencontrer. Elle savait la réponse, elle s’attendait à un non sans équivoque, un non qui la briserait, mais qui la ramènerait sur Terre, dans la réalité. La mâchoire crispée, tant de dissimuler son trouble, sa tristesse, cette colère qui ne la quittait jamais vraiment, elle attendait une réponse négative à cette question naïve.

Pourtant, celle-ci ne vint jamais, La femme en face d’elle prenait des pincettes, elle le sentait bien en la fixant de son regard d’acier qui devait paraître ridicule dans les yeux de cette petite fille frêle face à cette puissante Auror. Dorcas entrouvrit une porte, avec précaution et moult « peut-être », pour ne pas rajouter aux attentes que Moreen avait, sans doute.  « Au moins, je tiens ça de lui. Moi aussi je peux être têtue. Et… et il me doit des réponses. C'est plus qu'une envie. J'ai besoin de savoir qui est cet homme que j'ai un jour appelé papa. J'ai besoin de savoir pourquoi il est parti et n'est jamais revenu. Je ne sais pas si vous comprenez ça, mais je me dis que soit vous êtes là pour me tuer, soit vous êtes là pour m'aider. et comme ne rien savoir me tue déjà. Je n'ai pas grand chose à perdre dans l'histoire » Elle ne fléchissait pas dans son regard, dans sa posture droite comme un balais. Ses mots étaient sortis plus vite que sa pensée, et bien sûr que non elle ne voulait pas mourir, et bien sûr que oui elle avait beaucoup à perdre. C’était stupide, c’était folie, et il y avait bien sûr la peur et le doute. Mais ses espoirs brûlaient en elle, la poussant vers une situation qui la laisserait peut-être encore plus blessée, sans doute un peu meurtrie, mais plus complète aussi ? Elle se montrait plus courageuse qu'elle ne l'était, plus téméraire qu'elle le voulait. « Je veux le rencontrer, ou juste le voir. Ou. Je sais pas. Mais je mérite des réponses. Et puisque ma mère refuse de me les donner et que vous ne les connaissez pas … Je ne dis pas non à un coup de pouce du destin. » Elle tremblait presque de tout son corps, elle n’était pas courageuse, elle n’avait pas le cœur vaillant, mais Moreen savait une chose, il fallait qu’elle comprenne d’où elle venait pour savoir où aller. Ne fléchis pas, pas maintenant.
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Dorcas Meadowes
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Mar 24 Avr - 13:28

Difficile d'imaginer ce qui se passait dans la tête de cette môme, tandis qu'elle rangeait la photographie que venait de lui offrir maladroitement Dorcas. Celle-ci avait eu la chance de grandir avec ses parents, dans un foyer animé et aimant. Certes, la guerre et, surtout, les mangemorts avaient mis un terme au bonheur familial qui avait été le sien durant des années mais elle s'était construite sous le regard tendre de sa mère, écoutant les conseils avisés de son père. Cette Moreen n'avait pas eu cette chance et Dorcas avait toujours du mal à comprendre comment, pourquoi Oengus l'en avait privé. Il était difficile d'associer son partenaire à l'image du monstre d'égoïsme qui prenait forme peu à peu dans son esprit et elle était bien décidée à découvrir le fin mot de cette histoire.

Un peu fébrile, elle acquiesça pour toute réponse à ce merci qu'elle ne méritait sans doute pas. Venir ainsi bouleverser le quotidien de cette adolescente n'était pas vraiment le plan initial. Non, elle avait voulu comprendre, avait voulu savoir mais elle n'était guère plus avancée qu'avant cette petite visite à Pré-Au-Lard. Vraiment, elle aurait dû s'en douter, aurait dû réfléchir un peu plus avant de se lancer tête baissée dans cette histoire. Cela ne lui ressemblait pas mais, après tout, cette guerre l'avait quelque peu changée. Le manque de résultat, surtout, et cette désagréable sensation d'impuissance la conduisaient à moins de réflexion, plus de paranoïa, plus de décisions prises à la hâte. Elle pouvait presque entendre Moody la sermonner sur son manque de vigilance et ce n'était même pas à un mangemort qu'elle avait affaire. Juste une gamine de quatorze ans qui, d'une certaine manière, lui rappelait un peu la môme paumée qu'elle avait été durant sa scolarité. Dorcas esquissa un sourire. « Compliqués, c'est peu de le dire, oui, souffla-t-elle en haussant les épaules, mais ne t'en fais pas, ça ne t'empêchera pas de vivre ta vie, tu n'as pas besoin de ces gens trop compliqués, juste de tomber sur, eh bien, les bonnes personnes j'imagine » Nouveau haussement d'épaules, synonyme d'incertitude cette fois. C'était certainement plus facile à dire qu'à faire pour Moreen, à son âge et, surtout, avec son histoire familiale. L'adolescence n'avait rien d'un voyage facile et, sans très bien savoir pourquoi, Dorcas ne pouvait s'empêcher d'en vouloir un peu à Oengus de compliquer la tâche à sa fille, consciemment ou non. Elle aussi avait eu quatorze ans, des questions plein la tête et cette période avait été déjà suffisamment difficile sans devoir gérer en plus la souffrance causée par l'absence de son père. Merlin, elle avait vraiment besoin d'entendre sa version des faits avant de laisser toutes ces interrogations et zones d'ombres ruiner leur relation. Il le fallait, absolument, au moins avant qu'elle ne réussisse à le mettre sur le chemin de sa fille. Cette dernière semblait tout à fait déterminée à le retrouver, si déterminée que Dorcas en était vaguement effrayée. Elle haussa un sourcil, mi-moqueuse, mi-admirative devant l'exposé que Moreen lui faisait de ses hypothèses. La tuer, vraiment. Peut-être que cette môme avait une chance de survivre dans ce drôle d'univers dans lequel elles vivaient. Le reste la calma instantanément et elle soupira, mal à l'aise. Ne rien savoir me tue déjà. What kind of fourteen years olds say shit like that? Dorcas fronça les sourcils, luttant contre le sournois et soudain besoin de se lever pour aller remettre les idées d'Oengus en place. Ou d'aller toucher deux mots à la mère de cette gamine. Ou les deux, probablement. Oui, les deux options étaient séduisantes et l'une pouvait difficilement aller sans l'autre sans qu'elle semble, elle, totale étrangère à cette famille dysfonctionnelle, prendre parti. Et ce n'était pas l'idée, pas vraiment. Peut-être qu'elle était naturellement plus encline à pencher pour Oengus, parce qu'ils se connaissaient, parce qu'elle lui faisait pleinement confiance – jusqu'à présent, en tout cas – mais toute cette malheureuse histoire était loin d'être simple. Merlin ce qu'elle détestait les nuances de gris. Voir l'existence en noir et blanc lui convenait parfaitement. C'était plus facile de naviguer entre les salauds et les saints que d'accepter qu'il pouvait y avoir des explications plus compliquées.

Dorcas finit par croiser les bras, tant pour se donner un semblant de contenance que pour éviter de tendre une main à la jeune fille, clairement fébrile, tremblante même. Elle s'était déjà suffisamment investie, elle n'allait pas en plus s'attacher. « Je- je peux essayer, d'accord ? Evidemment, je ne peux rien te promettre tout de suite mais- je vais essayer. Je ne sais pas, de lui parler ou de voir si- » Si quelque chose ne traînait pas au Ministère, dans l'un ou l'autre des tiroirs du bureau de son co-équipier. Elle préféra cependant garder ce plan-là pour elle, esquissant un bref sourire. « Je vais essayer, d'accord ? Et je peux te tenir au courant, éventuellement. Tu portes le nom de ta mère j'imagine ? » s'enquit-elle, faussement désinvolte. En cet instant précis, elle était infiniment reconnaissante envers ses parents de l'avoir élevée dans une harmonie, certes, fragile mais ô combien bénéfique.


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Moreen O'Cahan
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MessageSujet: Re: moreen | we gotta talk, kiddo   Mer 16 Mai - 16:59

Comment Moreen s’était retrouvée devant une complète inconnue, pourquoi elle avait accepté de la suivre alors qu’elle avait toujours été méfiante ? La réponse était simple : Oengus. Un homme dont l’image était maintenant trouble dans sa mémoire, dont la voix grave et teintée de tendresse s’était éteinte avec le temps. Dont les rares souvenirs étaient ceux d’un père aimant, fort et parfait, polis par des années d’absence, idéalisés par des années de silence. La colère s’était mêlée à la tristesse et la jeune adolescente aurait été bien incapable de les distinguer. Elles étaient maintenant comme deux lianes entremêlées autour de son cœur fermé aux autres. Qu’elle tentait de maintenir fermé plutôt, qu’elle avait peur d’ouvrir sauf aux quelques rares êtres qui avaient su lui instiller de la confiance et assez d’amour pour détendre ces réflexes de sauvegardes.

Et voilà maintenant qu’on lui offrait des réponses sur un plateau d’argent. Une complète étrangère, alors que sa propre mère était restée hermétique à ses supplications pendant si longtemps. La colère et la tristesse se bataillaient maintenant et Moreen ne savait pas qui remporterait la bataille. Alors, elle essayait tant bien que mal de se concentrer sur les espoirs de cette rencontre, sur le sourire de son père sur la photo qui maintenant lui appartenait. Et sur la connivence qui sembla s’installer entre les deux durant l’espace de quelques secondes. Elle se surprit à sourire timidement, lorsque Dorcas approuva ses propos sur la complexité des gens. La rouquine n’était donc pas la seule à se sentir souvent complètement perdue face aux réactions ou aux propos des gens ?

Ce fut ce moment de quasi-complicité entre deux étrangères qui rassura Moreen, qui la poussa à formuler son envie, son besoin, sa détermination la plus complète : retrouver son père. Et peut-être lui crier dessus pour les avoir abandonnées et ne jamais être revenu alors qu’il était resté en Angleterre. Ou bien pour lui tomber dans les bras en pleurant, les deux options étaient aussi possibles l’une que l’autre et imprévisibles surtout pour une personne qui avait passé sa vie – encore jeune certes – à contrôler la moindre émotion comme si elle était un parasite venu la dévorer. Pas assez stupide et naïve pour croire que cette rencontre suffirait à ouvrir les vannes, ou à lui permettre de mieux dormir, ou à contrôler ce pouvoir embêtant qui lui gâchait la vie. ; Moreen se prit à croire que peut-être, et elle insista sur ce mot dans sa tête, c’était le début de quelque chose. Mais de quoi ?

Les prochains mots de la brune pouvaient soit briser cette once d’espoir qui s’était insinuée dans son cœur, soit la renforcer. La respiration retenue, les mains crispées sur le verre de jus, la tension était palpable, tout du moins dans sa tête. Le soulagement qui l’envahit ensuite, aurait été perceptible si elle n’était passée maîtresse dans l’art de la poker face, technique très réputée qui constituait à rendre son visage aussi impassible qu’une feuille blanche. Ce n’était qu’une promesse, et même pas la promesse de réussir, mais c’était toujours mieux que les dix années précédentes et Moreen n’avait pas trop le choix de toute façon. « Oui c’est bien le nom de ma mère, enfin je crois. Moreen O’Cahan. » en fait, la poufsouffle ne s’était jamais posée la question, pour la simple et bonne raison que c’était ce qu’on lui avait toujours dit. « Ma mère s’appelle ainsi. Et, je… » Le doute, puis la réalisation brutale du mensonge qui vole en éclat. « Oh. » Sa main repassa dans ses cheveux puis se posa sur ses genoux pour calmer le pied qui tambourinait doucement sur le sol. « Si j’avais su, j’aurait peut-être pu le trouver par moi-même… Je me sens un peu bête. » La dernière partie murmurée, car même si elle n’était pas détective et que ce genre de roman ne l’avait jamais intéressé, il aurait été logique de ne pas croire un seul mot provenant de la bouche de sa mère. La mère anxieuse et terrifiée qui avait un pied en dehors et un pied en dedans. La cracmole au cœur trop tendre, aux nerfs trop fragiles pour ce monde brutal. La petite lui en voulut, mais elle restait sa mère et sa seule famille, alors elle mit cette émotion de côté, comme toutes les autres et reporta son attention sur l’instant présent. « Dites, je suis sûre que vous devez bientôt partir, et peut-être que je n’aurais plus jamais de nouvelles de vous. » Un regard vers la petite montre à son poignet. « Mais j’ai encore quelques minutes et je me demandais si vous pouviez me parler un tout petit peu plus longtemps de mon père ? Ce qu’il aime faire ? Si c’est un Auror doué ? » Moreen secoua la tête « Sauf si vous devez vraiment partir maintenant, accordez-moi ces quelques minutes s’il vous plait ? »

Il y avait encore plusieurs choses que Moreen aurait souhaité lui dire, peut-être la remercier pour cette rencontre surprenante, ou bien lui dire ses doutes et sa méfiance. Sauf qu’il ne lui restait qu’un temps limité, et que l’adolescente préférait le passer à entendre des histoires sur son paternel. Elle aurait tôt fait d’être rassurée ou de voir ses doutes confirmer par la suite. « Racontez moi un peu son histoire ? » Après tout, elle restait encore une enfant.

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