here we go again + Jily

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Lily Evans
MessageSujet: here we go again + Jily    Dim 7 Jan - 17:33

« Told ya already Lily, I don’t care about your stories ».

Lily claque la porte de sa chambre d’un geste agacé. Depuis qu’elle est rentrée, le 22 décembre, par le Poudlard Express, c’est tous les jours la même chanson. Elle essaie désespérément de faire un geste vers sa sœur qui, de manière systématique, lui oppose un refus pur et dur d’une phrase lâchée avec froideur. Mme Evans ne sait plus quoi faire pour tenter de réconcilier ses filles, et Lily a presque envie de lui dire qu’il faut cesser d’essayer. Petunia n’en n’a que pour Vernon, auquel elle a annoncé, d’ailleurs, que sa sœur était une Sorcière. Elle a imposé la présence grossière de son futur mari au dîner de Noël, le gros jeune homme n’ayant de cesse de la toiser comme si elle allait soudainement se lever, sortir sa baguette de sa poche et lui jeter un sort. Parfois, Lily en a presque envie. Mais la magie ne sert qu’aux enchantements, ici, elle s’en est fait la promesse. Maintenant qu’elle a le droit de l’utiliser en dehors de Poudlard, Lils ne s’en sert que pour seconder sa mère ou alléger les tâches de son père. Elle fait de la magie précise, jolie, agréable, qui soulage le quotidien. C’est important pour elle.

On est le 29 décembre. Dans quelques heures, juste après le déjeuner, Lils sortira de chez elle pour transplaner à Pré-au-Lard où elle rejoindra James pour une après-midi volée au milieu des vacances de Noël. Elle a imaginé, naïvement, quelques instants, que Petunia pourrait arrêter de faire la tête et l’aider à choisir une tenue – en réalité, Lils sait exactement ce qu’elle veut mettre mais elle s’était dit qu’elle pourrait initier un moment entre sœurs pour réparer ce qui devait l’être – mais naturellement, la voilà seule dans sa chambre à nouveau. Au fond, Petunia, qui pourtant le déteste, est un peu comme Severus. A la juger pour ce qu’elle est. A la différence près que Petunia est profondément jalouse des capacités de sa sœur alors que Severus est juste embrigadé. Enfin, bref. Il ne faut plus y penser. Lily espère juste que Petunia sera heureuse, et vu le niveau d’intérêt de Vernon Dursley, elle en doute. Après tout, ça ne la regarde pas – qui sait, peut être que Petunia détesterait James si elle était amenée à le rencontrer, aussi. Pour autant, Lily ne le quitterait pas. Plus maintenant.

Elle croise les bras et ouvre son armoire d’un geste souple de sa baguette. Elle ne le dira pas, mais utiliser la magie en dehors de Poudlard est quand même extrêmement satisfaisant, un peu comme la récompense de toutes ces années passées à étudier et à travailler d’arrache-pied. Elle se sent adulte maintenant, et l’idée lui fait peur autant qu’elle la ravit, pour être tout à fait honnête. Le fait est que Lily ne sait toujours pas vraiment ce qu’elle fera de sa vie en juillet prochain, même si pour le coup, il semblerait que Dumbledore ait des projets pour ses recrues les plus aguerries.

Lily enfile un chemisier blanc sur son jean et s’enferme dans un manteau gris. Elle pique des gants dans le tiroir de sa mère, qu’elle descend ensuite pour l’embrasser et la prévenir de ce qu’elle sort, et qu’elle ne sait pas quand elle sera de retour – mais oui, elle sera prudente, c’est promis. Et elle préviendra si toutefois elle décide de ne pas rentrer cette nuit. « Mais ça n’arrivera pas », précise-t-elle pour être claire auprès de sa mère dont un sourire angélique déforme les traits d’un air entendu. Lily lève les yeux au ciel comme elle sait si bien le faire et quitte la maison pour rejoindre la petite cabane à outils de son père dans le fond du jardin. De là, elle sera tranquille pour transplaner.

Pré-au-Lard est magnifique, surtout l’hiver. Lils adore quand la neige recouvre les allées. Voilà qui lui remonterait presque le moral, de voir toute cette beauté – ça, et la perspective de l’après-midi qui est tout de même assez alléchante. Elle a attendu ce moment avec impatience depuis le 22 décembre, quand ils sont descendus du train à King’s Cross. Les adieux ont été assez sommaires, parce que les Evans attendaient leur fille et qu’elle n’est pas du genre à se donner en spectacle. Pourtant, depuis quelques jours avant la fin des classes, Lils était assez angoissée à l’idée d’être séparée de James pour au moins une semaine – et au pire, quinze jours. Sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi – il ne risquait pas de changer d’avis, ni de changer d’école ou de maison, elle le retrouverait donc assez rapidement. Interrogée sur les sentiments cognants dans le fond du cœur de Lily, Marlene décréta que c’était tout à fait normal, et qu’au début, tous les couples étaient inséparables. Alors Lily avait mis cette information dans un coin de son esprit et s’était fait une raison, patientant tant bien que mal jusqu’à ce jour du milieu des vacances qui les réunirait loin de Poudlard, loin de leurs parents, loin de Petunia et de leurs amis respectifs – ou communs, d’ailleurs.

Elle se plante devant les Trois Balais, un peu en avance, un peu morose, tâchant de s’armer plutôt de l’impatience de le retrouver que de la nostalgie de sa relation gaspillée avec sa sœur, et fourre ses mains dans les poches. Quand elle le voit arriver d’un peu plus loin, tout de même, plus grand que la foule qui peuple les allées du petit village, son cœur rate un battement. Elle n’arrive toujours pas à croire que c’est elle la copine de James Potter. Elle lui fait signe de loin et ne peut vraiment s’empêcher de sourire, la nostalgie balayée quelques secondes. Quand il est suffisamment proche, elle attrape le col de son manteau et se hisse un peu sur la pointe des pieds. « Bonjour Potter », elle murmure, en plantant son regard dans le sien, laissant ses lèvres rejoindre furtivement les siennes pour lui dire bonjour.

Il lui a manqué, cet idiot, et soudainement, ce sentiment, qui bataille avec le soulagement des retrouvailles, vient éclipser le reste.



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James Potter
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Dim 7 Jan - 22:56

« Et tu rentres bien ce soir, même avec elle, pourquoi pas, je préfère vous savoir ici que dans n’importe quel hôtel sordide… » James serre les dents pour s’empêcher de sourire et lève les yeux au ciel. Il n’a pas assez d’une mère pour le regarder avec affection, il faut que son meilleur ami s’y mette aussi, avec une voix de fausset et des grossièretés à chaque coin de phrase. Merlin merci, pour le moment Sirius s’en tient aux moments où ils sont seuls pour faire ses sous-entendus graveleux, mais James craint le moment où il va commencer à tester ses limites devant les Potter. Pour l’heure, heureusement, à peine la porte ouverte sur les escaliers, Sirius cesse de faire le pitre. Il a trop d’affection et de respect pour Euphemia pour être pris à la singer, même si cette affection est mille fois prouvée et rendue.
Mais cette fois, quand la mère de James le voit descendre les escaliers, bien habillé, ses cheveux domestiqués à grande peine grâce à la lotion capillaire de son père, elle n’a d’yeux que pour lui. Pire, elle affiche le même sourire câlin qu’elle a à chaque fois que le « sujet Lily » débarque sur le tapis. Ce qui arrive assez souvent depuis le début des vacances, depuis qu’elle sait que James est amoureux et mieux, en couple.

Fleamont est un peu plus discret que sa femme, mais la façon dont il serre l’épaule de James à son passage est toute aussi révélatrice. Le brun est conscient et ravi de l’amour de ses parents, mais il trouve, dans ce contexte, qu’ils exagèrent. Même lui n’est pas aussi euphorique qu’eux – à croire qu’ils commençaient à s’inquiéter de le voir toujours célibataire, uniquement flanqué de ses copains. Ridicule, mais c’est dire combien ils ont été contents de voir le voir embrasser, même furtivement, une jeune fille à la descente du train. Ils ont fait comme si de rien n’était, mais James a été honnête dès leur arrivée dans le salon. Il leur a dit pour Lily, les a laissés s’extasier deux minutes, et promis qu’ils la rencontreraient bientôt. Ils n’ont plus reparlé de sa copine – sa copine, Lily Evans est sa copine – jusqu’à ce qu’il leur annonce qu’il ne serait pas avec eux le lendemain après-midi, qu’il avait rendez-vous avec elle. Aussitôt, Sirius avait demandé s’il pouvait venir, Fleamont avait proposé qu’il aille plutôt dégnomer le jardin et Euphemia offert de préparer un goûter pour leur retour. « On a rien de prévu pour la fin d’après-midi, alors pourquoi pas ? Je lui proposerais, je suis sûr qu’elle ne refusera pas, après m’avoir entendu parler de tes crumbles pendant sept ans ! » Fin de la discussion, mais pas fin des regards de connivence entre les parents, qui font marrer Sirius et exaspèrent James au plus haut point.

« Soyez prudents, fils. » lance Fleamont en voyant James se diriger vers la porte. Les nouvelles sont relativement calmes depuis quelques temps, mais les Potter, comme les autres, ne se laissent pas berner. James est majeur et bon duelliste, ses parents ont conscience qu’ils ne peuvent rien lui interdire, ce qui n’empêche pas l’inquiétude de leur serrer le cœur à chaque fois que leur fils échappe à leur surveillance. Un fils qui ne laissera pas quelques attentats l’empêcher de sortir, de voir sa copine – sa copine, Lily Evans est sa copine, bref, de faire tout ce que les jeunes gens de son âge font quotidiennement. Ou ne font pas d’ailleurs, genre sortir illégalement de l’école une fois par mois pour traîner avec un loup-garou, se rendre au Ministère pour représenter sa famille à une soirée pleine de salopards reconnus, planifier une énorme bêtise, la plus mémorable, pour fêter la fin de sa scolarité, planifier de rejoindre la Résistance dans quelques mois à peine histoire de lutter contre l’ombre qui s’avance… Mais pour l’heure, le plus important c’est son rendez-vous avec Lily et, fidèle à lui même, il est presque en retard.

« C’est une évidence, Père. À ce soir, tout le monde. Et à ce soir, Sirius. »

Sur un sourire – il salue toujours Sirius de façon personnelle – il ouvre la porte et sort. Le froid lui mord le nez, et il transplane immédiatement, souriant à l’idée de la jeune fille qui l’attend à l’arrivée. Une seconde plus tard, il se matérialise, les deux pieds dans une congère. Trop distrait, évidemment, et maintenant il a de la neige jusqu’à dans ses chaussures. « Chiure de goule ! », lâche-t-il avant de se faire incendier du regard par une mère de famille. Et de s’excuser d’un sourire charmant avant de s’extraire de la neige et de sécher son pantalon d’un sort rapide. Lily doit déjà l’attendre, et il prend le chemin des Trois Balais, le cœur léger. Ils ont un peu échangé depuis leur séparation à Kings Cross, mais quelques lettres n’ont rien de comparable aux soirées qu’elle a passées lovée contre lui, aux rondes qu’ils ont faites ensemble juste pour profiter de la compagnie de l’autre, à la sensation de ses lèvres sur les siennes, à sa simple présence, finalement. Lily lui manque beaucoup, et physiquement, et il a fait de son mieux, pendant les fêtes, pour ne pas parler d’elle en permanence. Il est assez fier de lui, mais le résultat, pour lui, est le même. Il n’a qu’une envie, la voir, qui se décline en des milliers d’autres, la toucher, l’embrasser, passer la main dans sa nuque, enlacer ses épaules, entendre son rire, entendre même ses reproches parce qu’il n’a pas commencé les devoirs de vacances, se moquer de son nez rouge, embrasser ce même nez rouge… La liste est infinie, et tandis qu’il marche, les yeux de James scannent la foule, jusqu’à entrevoir la crinière rousse.

Il la voie en même temps qu’elle le voit, et il répond à son sourire et à son signe de la main avec enthousiasme. Les inquiétudes de son père et la candeur de sa mère s’effacent en un instant. Le feu dans sa poitrine brûle un peu plus haut. James passe la main dans ses cheveux, déjà en train de s’emmêler, mais il a fait l’effort. Il la rejoint en quelques enjambées, attrape les hanches de Lily Evans et la laisse parcourir les derniers centimètres pour se laisser embrasser. Lui qui déteste tant déléguer adore lui laisser prendre les devants. « Salut Evans », il répond sur le même ton après le rapide baiser. « C’est un peu rapide en revanche, comme bonjour. Je te signale que tu me fais revenir à Poudlard, ou c’est tout comme, alors qu’on est techniquement en vacances. Je peux avoir un autre bisou, pour le préjudice moral ? »
Il veut son sourire mignon pour la convaincre de lui donner ce qu’il veut. « Un bisou et on rentre au chaud ? »



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Lily Evans
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Ven 12 Jan - 23:17

Le froid l'englobe toute entière, et pendant qu'elle patiente, Lils ne prend même pas conscience des gens autour d'elle, qui vont et qui viennent dans une valse de promeneurs déséquilibrée. Le village respire la joie de vivre pendant les fêtes, et habituellement, Lily est très attentive à ceux qui l'entourent. Elle aime beaucoup cette période de l'année, qu'elle trouve chaleureuse et propice aux réunions de famille et à la chaleur humaine. Ce n'est pas que cette année, les fêtes ne lui plaisent pas, mais ses relations avec sa sœur entachent le tout, d'autant que Lils pense sincèrement que c'est le dernier Noël qu'elles étaient amenées à passer vraiment ensemble, en famille, toutes les deux. Petunia a insisté lourdement pour que Vernon puisse assister au dessert, au grand dam des parents Evans qui semblent tout aussi sceptique à l'idée du mariage de leur fille que leur aînée. Ils n'ont rien dit, cependant. Les Evans sont des gens prévenants, attentifs. Mais la présence de Vernon à la fin de la journée a terni le bonheur de Lily, et elle a l'impression d'avoir manqué quelque chose. Ca, couplé au fait que Petunia refuse de lui adresser la parole, refuse de l'écouter, de partager avec elle ce que toutes sœurs devraient partager, Lily se sent bien démunie et l'idée lui occupe l'esprit. Tant et si bien qu'elle n'a même pas eu l'occasion de parler tant que ça de Potter.

Elle s'est confiée à sa mère, cela dit, dès son retour de Poudlard. Parce qu'il était difficile, voire impossible, pour Lily, de dissimuler à sa mère adorée une information aussi importante sur un évènement aussi inattendu qu'agréable de sa vie. Elle a laissé passer le dîner, et puis sa sœur est sortie, et Lils a encore patienté pour que son père aille s’affaler dans le canapé. Elle a rejoint sa mère dans la petite véranda chauffée qui donne sur le jardin, derrière, où sa mère aime tant s’installer pour lire le soir, en buvant une infusion qui lui brûle les lèvres. Evans s’est installée à côté d’elle, les yeux rivés vers les étoiles, pour faire cette confession dont elle n’avait elle même pas vraiment pris toute la mesure. Tu sais, Maman, je crois que je suis amoureuse. Non, en fait, j’en suis sûre. Je suis sûre que je suis amoureuse. Je crois qu’en fait, ça fait déjà quelques mois que je suis amoureuse, mais je ne le savais pas, avant. Et là, j’ai compris, et c’est tellement terrifiant. Et tellement agréable, aussi. Mrs Evans s’est penchée sur sa fille pour lui caresser les cheveux, un sourire aux lèvres, et Lily a continué de parler jusqu’à ce que la nuit s’enfonce, les englobe.

Lily est certaine que sa mère appréciera James plus qu’elle n’apprécie Vernon, quand la question se posera de les faire se rencontrer. James est grand, beau, intelligent et charismatique – et elle ne dit pas ça que parce qu’il est son petit-ami désormais. C’est un point de vue tout à fait objectif sur la situation. Enfin, elle n’a aucun mal à penser que James fera meilleur figure que Vernon dans leur salon, en tout cas. L’idée la fait sourire, un peu naïvement, sans doute, et elle s’enfonce encore un peu plus dans son écharpe pour se réchauffer. Elle se demande – comme ça, insidieusement – si elle se mariera un jour. Et si elle se marie, elle se demande si elle épousera James Potter. L’idée lui semble tout aussi séduisante qu’effrayante et saugrenue, à dire vrai. Il y a un an, si quelqu’un avait dit à Lily Evans qu’elle finirait au bras de Potter, à se plaindre de son absence pendant les vacances, le cœur cognant à l’idée de le retrouver enfin – après seulement quelques jours de séparation – elle l’aurait traité de fou furieux. Jamais, oh grand jamais, Evans n’aurait pu songer une seule seconde qu’elle finirait dans cette situation. Longtemps, Lily est restée persuadée que le seul sentiment qu’elle ressentait pour Potter était un dédain franc, lié notamment à sa détestable habitude de torturer son meilleur ami.

Et puis, l’idée avait fait son chemin. Elle ne comprenait toujours pas ce qu’il avait bien pu faire pour que la situation change à ce point. Peut être était-ce le fait qu’il prenne si loyalement sa défense. Peut être le fait qu’il persévère dans ses blagues. Peut être même le coup de foudre avait-il opéré ce soir là, dans les couloirs de Poudlard, sans être prévu ni prévisible – quoi qu’en réalité, si Evans était tout à fait franche, elle devait reconnaître que ses sentiments ont changé dès le début de l’année scolaire.

Elle a confié toutes ces informations à sa mère, et Mrs Evans a écouté patiemment, caressant les cheveux de sa fille, riant de temps en temps, s’inquiétant parfois. Elle n’en tire qu’une seule conclusion, finalement.

Tu as l’air heureuse, Lils.

Lily est heureuse. Elle est heureuse d’être avec James. Elle est heureuse de le voir arriver au loin, heureuse d’entendre sa voix moqueuse, heureuse de l’avoir contre elle. Sa mère a raison, elle le sait – les problèmes s’effacent un peu quand il apparaît là, en face d’elle, pour laisser place à une agitation anormale dans sa cage thoracique, à une chaleur étrange au creux de ses reins. Oui, elle est heureuse. Pas pour tout, pas pour sa sœur, mais pour lui, elle l’est. Et elle rit, d’ailleurs, quand elle attrape son col, quand elle embrasse ses lèvres, quand elle entend sa voix.

Elle lève les yeux au ciel en étudiant sa demande. Elle se déteste de fondre aussi facilement – elle peut entendre d’ici la voix sarcastique de Marlene qui se moque d’elle et de ses sentiments agités ; on dirait une gamine devant un magasin de jouets. « Je te fais revenir à Poudlard, hm ? » elle demande, un sourcil haussé, attentive. « Tu n’étais pas obligé de te donner cette peine si ça te coute, Potter, » elle le nargue, moqueuse. Elle sait très bien qu’il est content de la voir, il ne peut pas vraiment prétendre le contraire maintenant qu’elle sait qu’il la courtise sérieusement depuis presque deux ans.

Et puis, il y a ce sourire, là. Celui auquel elle ne peut pas résister – qui le pourrait ? Elle se mord la lèvre inférieure, elle penche la tête, s’agrippe à son cou, se hisse un peu pour prendre de la hauteur, pour être à la sienne, et ses lèvres rencontrent les siennes à nouveau, avec plus de patience, plus de lenteur cette fois ; elle approfondit le baiser en glissant une main sur sa nuque, dans ses cheveux, ferme les yeux, mêle leurs langues, et la voilà partie jusqu’à ce qu’elle manque d’air et que sa respiration haletante la contraigne à s’écarter un peu – et la réaction de son cœur la fait rire, il cogne tellement fort dans sa poitrine qu’elle est presque certaine que James peut l’entendre. Et soudainement, le froid n’existe plus. « T’es réchauffé ? » elle demande, dans un murmure, ses lèvres à courte distance des siennes. Un sourire l’habite à nouveau, et elle inspire encore un peu, retrouve ses esprits, revient sur la terre ferme avant de s’écarter un peu plus cette fois, se laissant retomber sur ses talons, dans la neige, et volant sa main au passage pour l’entrainer à l’intérieur. Ils ne sont venus ensemble que quelques fois – dont le premier rendez-vous qu’ils se sont donnés, d’ailleurs – mais déjà, le tenancier les installe à une table qu’il leur a décrété être habituelle. « Tu m’as manqué », elle lance, sans réfléchir à si elle a envie de le dire ou non. Elle n’a pas envie de réfléchir, aujourd’hui, elle a besoin de lui pour oublier le reste – ou pour y penser, peut être. « Sirius n’était pas trop contrarié que tu l’abandonnes ? » elle demande, amusée. « Je me suis demandée si vous n’alliez pas apparaître tous les deux », elle taquine encore. Et puis elle retire ses gants, glisse une main dans ses cheveux roux qu’elle démêle.

Elle ne sait pas par où commencer, il y a tellement de choses qu’elle voudrait dire.


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James Potter
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Dim 28 Jan - 14:30

Plus encore que la magie, ce que James a appris à Poudlard, c’est à compartimenter sa vie de la façon la plus harmonieuse possible. Entre ses devoirs de préfet et de maraudeur, de bouffon et d’excellent élève, de fils modèle et de futur résistant, d’adolescent et d’animagus, et maintenant de meilleur ami et de petit ami, il passe son temps à jongler – pour le moment avec succès.
À l’école, il n’a jamais eu l’impression de délaisser les Maraudeurs au profit de Lily, et inversement. Il répond sagement à chacune des lettres de ses parents sans jamais leur mentir mais sans jamais leur dire à quel point la violence se propage dans les couloirs du château, introduite par les fils et filles de Mangemorts et reproduite par leurs opposants, James compris il faut l’avouer. Ses notes restent optimales, et les professeurs semblent avoir lâché l’affaire en ce qui concerne les retenues quand il se permet de petits écarts au règlement. Au grand plaisir de tous les adultes qui l’entourent, et sans qu’il ne s’en rende vraiment compte lui-même, James est en train de devenir comme eux, mature.

À croire que tout ce qui lui manquait, la pièce maîtresse, c’était Lily. Que c’est elle qui lui a apporté l’équilibre qu’il cherchait depuis si longtemps, comme un équilibriste sans point d’appui.
James ne sait pas vraiment à qui s’ouvrir à ce sujet, ou s’il en a véritablement envie, de fait. Il ne doute pas qu’elle s’est déjà confiée à Marlene ou à ses autres copines – il a eu le droit à des sourires complices depuis quelques temps de leur part – et même peut-être à sa famille. Sa mère, sans doute, les filles ça parle à leur mère, non ? Sa sœur, aussi, peut-être, mais vue la façon dont elle parle d’elle à demi-mots, sans doute pas, finalement. James a bien un frère, mais il ne pourrait pas s’épancher sur l’état de son cœur pendant plus d’une minute sans se voir couper la parole par une vanne, à laquelle il répondrait évidemment, emmenant la discussion loin du sujet initial. Et ça vient aussi de lui : sa relation avec Sirius n’a jamais été sur ce mode là, ce qui n’est, en soit, pas une mauvaise chose. James serait également incapable d’aborder le sujet Lily avec sa mère ou son père. Remus et Peter ? N’en parlons pas, il n’a besoin ni d’un conseiller amoureux ni d’un supporter. Finalement, pour parler de Lily, il ne lui reste que Lily. Mais peut-il lui faire une déclaration à chaque fois qu’ils se voient ? Eh bien, il avisera s’il se rend compte qu’elle se lasse. De toute façon, il a assez de choses de choses à lui dire pour occuper huit mille rendez-vous et une vie de réveils à ses côtés… Si jamais il était nécessaire de le préciser.

Oh, oui, ses parents l’ont deviné, ça, c’est même ce qui se cache derrière le sourire attendri qu’ils échangent quand leur grand garçon passe la porte pour aller transplaner à l’extérieur. Pour eux, c’est la bonne. Il n’y a qu’à voir l’espèce de réticence que James avait à quitter Kings Cross en la laissant derrière, aussi content soit-il de rentrer chez lui pour deux semaines. Il n’y a qu’à voir son enthousiasme à sortir de chez lui pour aller passer l’après-midi avec elle. Il n’y a qu’à le voir essayer de se faire encore un peu plus grand qu’il ne l’est déjà, dans la foule festive pour l’apercevoir en premier. Il n’y a qu’à voir comment le monde s’efface quand il capte son regard, et le sourire qui prend possession de ses lèvres. Il ne va pas jusqu’à tomber dans le ridicule en se jetant sur elle comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des mois, mais quand il l’enlace, son corps et son esprit en équilibre trouvent leur point d’appui. Compartimenter, quand elle est là, avec lui, devient de plus en plus difficile, parce qu’il voudrait qu’elle fasse partie de chacun des aspects de sa vie. Qu’elle soit à ses côtés en classe, mais aussi au combat, quand il rit avec les Maraudeurs ou quand il patrouille, légalement ou illégalement, dans les couloirs, quand il rentre chez lui ou d’une nuit dans la Cabane Hurlante.
Chaque chose qu’il ne partage pas directement avec elle, il voudrait la changer, l’adapter à la présence de Lily. Et il a beau savoir que ça ne serait pas pour le mieux, qu’il est préférable de garder aussi des moments privilégiés avec ses meilleurs amis, ou de ne pas exposer Lily au danger d’un loup-garou, une partie de James peine à se laisser convaincre. Surtout quand elle est là, dans ses bras, qu’elle se mord la lèvre et qu’elle sourit.

« J’ai pas dit que tout était à jeter, dans Poudlard, » convient-il avant que sa petite amie ne reprenne possession de ses lèvres. Si toutes les retrouvailles se passent ainsi, il va peut-être se faire aux départs et aux adieux, finalement.
Avec elle, tout est nouveau. Oui, James a eu quelques amourettes auparavant, toujours agréables, toujours terminées proprement, en faisant attention à ce qu’aucune des filles n’ait l’impression que telle action ou remarque de Lily Evans était à l’origine de ce changement de cœur. Mais même quand il se sentait amoureux, préférer une bêtise à sa copine, la quitter pour deux semaines de vacances, cacher d’importantes parties de sa vie, rien ne portait à conséquence pour James. Ça n’était qu’une soirée, que deux semaines, ou trop secret. Comment pouvait-il se retrouver aujourd’hui à combattre l’idée de raconter à Lily qu’il était un animagus non déclaré, qu’il avait toujours rêvé d’avoir une petite sœur, qu’il espérait ne jamais avoir à retomber amoureux ?
Il pourrait tout avouer sans trop de difficulté, pour peu qu’elle lui demande, qu’elle passe la main dans ses cheveux à l’arrière de sa tête, qu’elle mordille sa lèvre quand ils s’embrassent. Petit à petit, faire taire son ventre qui en voudrait plus devient compliqué. Heureusement qu’ils sont au milieu du village, en public, que la situation ne s’y prête pas. Mais c’est une conversation qu’il faudra avoir, à un moment. Il a besoin de savoir où elle en est, et comment il doit se comporter. Il la relâche, le souffle court, l’impression que soudain l’atmosphère s’est réchauffée de cinquante degrés, voire plus. Il faudra en discuter avant le retour à Poudlard, pour sûr.
« Je me sens beaucoup mieux, j’en oublierais presque que ça fait six jours que je n’ai pas été aussi près de notre bon vieux Dumbledore. » Un pause. « J’adore Poudlard si c’est avec toi, tu le sais, hein ? »

Elle sourit et l’entraîne vers l’intérieur du bar, où James a tout de suite trop chaud. Il retire son écharpe, passe la main dans ses cheveux en espérant en faire tomber un peu la neige avant qu’elle ne commence à dégouliner sur son front. Ça fera rire Lily, mais il existe d’autres manières de faire bien plus agréables pour lui. L’endroit, malgré l’affluence à l’extérieur, n’est pas plein, et une table qu’ils ont déjà occupée auparavant les attend. Les souvenirs du premier rendez-vous sont gravés dans le bois, et James est presque sûr qu’en cherchant un peu, il trouvera la marque qu’y ont fait les ongles d’une Lily anxieuse. Lui-même n’était pas complètement à l’aise, mais au moins ne craignait-il pas qu’on les « surprenne » ensemble. Il secoue la tête pour chasser les souvenirs, et s’installe en face de son amie, bien plus tranquille que quelques mois auparavant.
Il aurait voulu être le premier à se lancer, encore une fois, il a été incapable de partager à qui que ce soit d’autre tout ce qu’il a dans le cœur, mais elle le prend de vitesse. Il ne peut que répondre qu’elle lui a manqué aussi. « J’ai bien cru qu’il allait prendre la Cape et me suivre, d’ailleurs… » La fin de la phrase s’étrangle dans la gorge de James. Qu’est-ce qui lui prend ? Révéler tous ses secrets à Lily n’était qu’une hypothèse, qu’un rêve loin d’être applicable, et voilà qu’il balance l’existence de la Cape ? Mais quel Troll ! Merlin merci, c’est rattrapable : « Qu’il allait prendre sa cape, quoi, et m’accompagner sans me demander mon avis. Mais, de toute évidence, il a compris que je ne plaisantais pas quand tu entrais en compte. »
Rattrapé, il conclue d’un sourire. « Et plus sérieusement, il est plus fin qu’il le laisse penser. Il connaît parfaitement les limites. » Un temps. « Après… Je suis ravi de parler de Sirius, mais si tu veux de ses nouvelles je t’en donnerai quand tu m’auras parlé de toi, plutôt. »

Il la regarde mettre un peu de volume dans ses cheveux, et tend la main au dessus de la table pour repousser une mèche de devant ses yeux. « Comment ça se passe avec tes parents ? »
L’inquiétude de son père refait surface, il voudrait être sûr que la famille moldue de Lily ne court aucun danger. « Ah, et en parlant de parents, les miens seraient ravis de te rencontrer plus tard. Je leur ai dit qu’on rentrerait pour le thé. Ils doivent déjà être en train de préparer la maison pour te recevoir. » Au fond, James est au moins aussi heureux que ses parents de voir arriver cette rencontre, et il attrape la main de Lily pour la serrer avec affection. Finalement, peut-être qu’il ne sera pas si compliqué de la faire entrer dans tous les pans de sa vie.



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Lily Evans
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Mar 30 Jan - 23:29

Tu feras attention, Lils. C'est Mr Evans qui a pris la parole en la voyant partir. Lily revoit son visage à chaque instant de son périple jusqu'à Pré-au-Lard. Elle entend sa voix qui résonne en elle. Elle décrypte l'intonation inquiète de sa voix. Lily déplore réellement que ses parents ne connaissent du Monde magique, de son monde à elle, que les instants difficiles et la guerre qui se profile. Elle a tenté de ne pas les inquiéter, bien entendu. Mais la jeune femme, aussi intelligente et mature soit-elle, ne peut pas porter sur ses seules épaules le poids de la menace qui pèse sur elle chaque jour parce que ses parents sont moldus. Alors elle s’est confiée, et elle le regrette maintenant. Il aurait suffi qu’elle garde le silence, qu’elle attente que James arrive dans sa vie et qu’elle lui dise à lui. En réalité, la confession est partie d’une dispute, une autre, avec Petunia. Parfois, de guerre lasse, Lily lui crache la vérité à la figure. Exactement comme elle s’apprête à le faire pour James – mais ça, elle ne le sait pas encore. Elle crache la vérité à la figure de sa sœur, donc. Elle lui hurle la détresse qui l’étreint parfois quand elle est dans le fond de son lit et qu’elle se remémore un épisode d’un cours de potions. Elle crie pour évacuer l’angoisse qui agite ses entrailles à l’idée que peut être il vaudrait mieux renoncer à la magie pour être en sécurité à la fin de Poudlard. Que peut être tout cela est une malédiction plus qu’un don. Elle dit tout ça à sa sœur, qui la dévisage comme une échappée de l’asile, et elle se mord les lèvres pour arrêter de crier, et pour ne pas pleurer. Forcément, ses parents ont pris conscience de ce qu’il se passe. De l’angoisse de leur fille, des dangers de ce monde où mourir est plus facile que partout ailleurs. Il suffira d’un sort, une fois à l’extérieur, d’une mauvaise rencontre. Et il n’est plus question de ne pas prendre parti dans la guerre qui fait rage. Elle se battra. Elle aurait préféré trouver un travail et vivre une vie tranquille, mais le choix ne lui appartient pas.

Lily est aussi angoissée quand elle pense à la famille qu’elle laisse derrière elle. Elle aurait préféré qu’ils ne soient pas impliqués, pas au courant. Qu’ils ne se sentent pas responsables, quelque part, ce qui est le cas aujourd’hui – mais il n’y peut plus grand chose.

Lily se laisse absorber dans l’instant des retrouvailles pour oublier tout ce qui lui passe par la tête et qui n’est pas James Potter. Elle retrouvera les problèmes bien assez tôt. Pour l’heure, elle est là, contre lui, dans le froid hivernal, et pourtant, elle a chaud. Elle sent son odeur, fourre son nez contre son cou, respire le même air que lui et pour quelques secondes, cela suffit à la faire se sentir mieux. Elle oublie le danger, elle oublie la crainte dans la voix de son père et l’accusation dans celle de Petunia.

Contre lui, comme ça, Lily ne le confessera jamais mais c’est l’avenir qu’elle entrevoit. Et mine de rien, l’avenir est nettement moins angoissant maintenant qu’il prend en partie les traits de James. Lils ne s’est jamais laissée approcher de cette façon avant. Il y avait Severus, bien sûr, autrefois, son ami fidèle. Elle a d’autres amis. Mais rien n’est comparable avec ce qu’elle partage actuellement avec James. Elle a l’impression que leur histoire durera toujours – et elle ignore si c’est parce qu’elle est idiote et amoureuse pour la première fois, ou si c’est parce que c’est tout simplement ce qu’elle ressent. « Je sais que tu es content de me voir, Potter. Et c'est pareil pour moi », elle finit par murmurer en réponse à ses digressions sur Poudlard. Elle ne doute pas une seule seconde que Poudlard manquera à Potter autant qu’il lui manquera à elle, d’ailleurs, une fois qu’il ne sera plus en âge d’y être.

Ils entrent au chaud et Lily retire son manteau et son écharpe avant de se laisser tomber sur la chaise qui fait face à la table. Parler de Sirius la fait sourire – ça pourrait l’agacer, mais ce n’est pas le cas. D’abord, parce qu’elle a beaucoup d’affection pour le Don Juan de Poudlard, objectivement, qu’elle le trouve courageux et qu’elle l’admire pour avoir pris ses distances avec sa propre famille – même si elle ne lui dira jamais. Et puis, l’amitié qui les unit tous la touche. Mais surtout, si Lily sourit, c’est parce qu’elle flaire, sous les explications un peu hasardeuses de James, une entourloupe qu’elle n’est pas si loin de découvrir. D’abord, parce qu’il lui semble que les garçons passent beaucoup de temps à errer dans les couloirs. Ensuite, parce qu’ils sont tous obsédés par les Animagi, obsession qui a été d’autant plus mise en évidence que MacGonagall a consacré le début du semestre à leur étude. Et surtout, parce que Lily sait le mal qui ronge Remus, et que tous ces éléments mis bout à bout – avec cette histoire étrange de cape, aussi – la laissent dubitative. « Une cape, hm ? » elle demande en haussant un sourcil intrigué. « C’est étrange, je l’imagine difficilement enfiler une cape pour venir ici alors que c’est les vacances ». Juste pour l’embêter un peu, elle fait remonter légèrement son pied contre la jambe de James en même temps qu’elle le provoque, et lui offre un sourire radieux. « Assez parlé de Sirius, oui », elle lance en posant sa main sur la sienne. Elle apprécie le jeune homme, oui. Mais tout de même – ils ont un tas d’autres choses à aborder.

Cela dit et observé, Lily retire sa main et recule légèrement, jusqu’à ce que son dos heurte le fond de sa chaise, lorsque James parle de ses parents à elle – puis des siens, comme ça. Elle réalise en même temps qu’il le dit qu’il a organisé un après-midi avec ses parents, loin d’ici, sans lui demander son avis. Et Lily ne sait pas pourquoi elle le prend aussi mal, pourquoi ça provoque chez elle cette réaction qu’elle souhaiterait retenir mais qu’elle ne parvient pas à contrôler. Elle ignore sincèrement pourquoi elle prend ses mots pour une agression, alors même qu’ils reflètent, sans doute, toute la tendresse qu’il lui porte, toute l’importance qu’il lui donne. Sans doute parce que sa propre famille est divisée et menacée, que ses parents se sentent en danger, que son père s’inquiète et que sa mère aussi. Sans doute parce qu’il y a mille choses qui lui passent par la tête en ce moment.

Et sans doute parce que, malgré elle, Lily ne peut pas s’empêcher de se demander ce qu’il se passera pour elle si les parents de James Potter ne l’apprécient pas, ou trouvent qu’elle n’est pas assez bien pour leur fils. Elle, elle connaît sa valeur – elle sait qu’ils se sont bien trouvés, même si nombre de personnes doivent sans doute penser le contraire.

« Pardon ? » elle demande, abasourdie. Oh, au fond d’elle, elle aimerait se retenir. Se mordre la lèvre suffisamment fort pour ne rien ajouter. Pour se contenter d’hocher la tête et de mourir d’angoisse à l’idée de rencontrer la mère de Potter. Mais elle n’y arrive pas. « Tu as dit à tes parents qu’on irait chez eux ? Aujourd’hui ? » elle demande en haussant les sourcils. « Tu crois pas que t’aurais pu me demander mon avis ? » elle souffle, le cœur battant soudainement la chamade dans sa cage thoracique, et dans ses tempes, aussi. Elle s’intime à elle même l’ordre de se taire, mais elle est lancée, c’est trop tard. « Je ne peux pas faire ça, c’est… C’est beaucoup trop tôt. Et puis puisque tu le demandes, sache que non, tout ne va pas bien chez moi, et j’ai d’autres préoccupations en tête que l’heure du thé… » Elle grimace, la phrase ne quittant pas ses lèvres comme elle l’aurait souhaité. Elle secoue la tête, et lutte contre l’humidité qui, soudainement, emplit ses yeux. Elle se trouve idiote de s’agacer, elle s’en veut déjà d’être si froide. « Ma sœur me déteste, mon père pense que je vais mourir dès que la septième année sera terminée et ma mère regrette sans doute le temps où elle pensait que je n’étais qu’une enfant comme Petunia parce qu’ils savent ce qu’il se passe autour de nous », elle continue, incapable de s’interrompre ou de s’arrêter, même pour respirer, sa voix qui s’étrangle entre les mots. Si elle réfléchissait, elle se tairait, elle s’excuserait. Mais pour une fois, elle ne réfléchit pas. « Alors non, ne compte pas sur moi pour faire comme si tout allait bien autour d’un thé chez tes parents, je… C’est beaucoup trop rapide. »


Et cette crise qu’elle lui fait, et ces mots qu’elle lui lance, et les larmes dans ses yeux, c’est sans doute la plus belle preuve d’amour qu’elle pouvait lui donner – Lily Evans n’a jamais fait suffisamment confiance à personne pour craquer comme ça.


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James Potter
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Jeu 8 Fév - 20:03

C’est une fois au chaud à l’intérieur du pub, et la première émotion des retrouvailles passée, que James prend conscience de l’ambiance dans laquelle ils ont plongé. Alors que les rues sont pleines et joyeuses – ou alors, peut-être pas tant que ça – les voix restent basses et les mots, couverts. À mesure que, la main dans celle de Lily, James avance vers leur table, ses yeux scannent à toute vitesse les gens assis, les baguettes à portée de main, en même temps que ses pensées retournent quelques minutes plus tôt, sur la mère de famille qui l’a dévisagé à l’arrivée de son transplanage. Sur la façon dont elle agrippait les épaules du bambin à côté d’elle, comme elle s’est presque portée devant lui pour faire écran de son corps. Sur ses cernes et son regard moins noir que paniqué, et surtout courroucé. Il n’y a pas que ses parents qui sont inquiets, qui voient chaque sortie comme une mise en danger inutile. James ne fait pas partie de ceux-là, et il n’en sera jamais. Il affrontera les périls sans même savoir qu’ils en sont, simplement parce que ça n’est pas drôle de vivre quand la peur s’accroche à vos pieds comme une ombre. Certains parlent de courage, d’autres d’inconscience, en fonction de leur degré d’amitié pour le jeune homme.

Même Lily a l’air fatiguée, sous son sourire sincèrement heureux. Ses traits sont un peu plus tirés que lorsqu’ils se sont quittés, comme si elle avait mal dormi depuis qu’elle n’est plus à Poudlard. Étrange quand on sait à quel point elle aime sa famille… La pensée de James s’arrête nette. Il lui semble que Lily aime sa famille, étant donnée la façon dont elle a évoqué sa mère, son père, mais à y repenser, quelque chose l’empêche d’être tout à fait sûr que Lily est véritablement heureuse d’être rentrée chez les Evans. C’est encore sur-interpréter de trouver qu’elle s’est accrochée à lui avec plus de force qu’il ne l’aurait pensé ? Ou bien c’est simplement qu’il a eu le temps de lui manquer depuis quelques jours ? Le stress dans lequel baigne la société sorcière n’aide pas à avoir les idées claires, James passe la main dans ses cheveux – humides – pour chasser les pensées parasites. Ils sont amoureux, ils sont profondément heureux de se revoir, de voler une après-midi à leurs retrouvailles familiales pour ne profiter que l’un de l’autre. Mais ça n’est pas parce qu’il se laisse porter par l’amour, à des kilomètres du sol, qu’il ne peut pas se prendre les pieds dans le tapis de la plus belle des manières. Un autre point dans la liste des « contre » des tapis volants face aux balais.

L’une des innombrables raisons pour lesquelles il est tombé amoureux d’Evans c’est qu’elle est phénoménalement intelligente, et malgré ses efforts pour faire passer son lapsus pour quelque chose de tout à fait normal, James voit bien qu’elle ne se laisse pas avoir. Il voudrait bien s’y connaître un peu en légilimancie, oui, juste un peu, pour pouvoir jeter un coup d’œil à ses pensées en ce moment-même. Il a l’impression que chaque minute qu’elle passe en sa présence, en celle des Maraudeurs, lui permet de relier des points dans sa tête. Des points qui finissent par dessiner un schéma de plus en plus clair de la situation, des points qui, reliés, vont finir par faire un filet si serré qu’il va se prendre les pieds dedans. Et quelle serait la réponse de ses meilleurs amis si sa petite amie venait à découvrir la totalité de leurs secrets juste parce qu’il n’est pas assez méfiant quand il est avec elle ? James est à peu près certain que ces secrets seraient en sécurité avec la jeune femme, autant qu’avec Sirius, Peter ou Remus, mais c’est une discussion qu’ils doivent d’abord avoir entre eux et il ne peut pas, de son propre chef, décider de tout dévoiler. « Oui, une cape, » il élude, « comme on en a des dizaines à la maison. Tu sais que tu le comptes parmi tes fans, et que parfois il ferait n’importe quoi pour me chercher des Grinchebourdons ! M’accompagner à un rendez-vous, par exemple, ça lui ressemblerait… Non ? » Le dernier mot s’étrangle dans sa gorge quand il sent le pied de Lily se balader contre sa jambe. La surprise passée, il en sourit. Visiblement, il lui a manqué.

Pour autant, malgré son pied, malgré sa main sur la sienne, il ne peut pas se défaire de cette impression qu’elle est fatiguée, potentiellement même un peu triste. Et il y aurait dix mille autres façons, plus fines, plus discrètes, plus efficaces même, de lui poser la question, mais James n’est pas connu pour son tact. Il est même assez connu pour attaquer de front, quitte à s’en mordre les doigts par la suite. Il pose la question sans faux détours, et voit le visage de Lily changer en l’espace de quelques instants. Comme si son ton direct avait été un problème, elle recule dans sa chaise, sa main quittant celle de James. Comprenant qu’il y a potentiellement été trop brusquement, le brun tente de rediriger la conversation sur un terrain plus stable, moins personnel pour elle. Au moins, il a la confirmation que quelque chose ne va pas.
Sauf que sa tentative pour s’en sortir n’est visiblement pas au point. En pensant à la fois s’éloigner du danger et faire plaisir à Lily, le visage de cette dernière se ferme un peu plus à chaque mot qu’il prononce. Il ne se démonte pas pour autant, elle doit être en train de penser à quelque chose de complètement différent. Il redouble d’enthousiasme, essaye de rattraper la main qui lui a échappé, sans vouloir comprendre à quel point le trouble de Lily est profond.

Encore une fois, il faudrait qu’il soit directement dans sa tête pour avoir une idée de ce qu’il se passe. Ça paraît normal pour lui, de l’inviter à rencontrer sa famille, il l’aime autant qu’il les aime eux et… La voix de Lily interrompt ses pensées. Beaucoup plus froide qu’elle ne l’a jamais été depuis quelques temps – Jamais aurait presque l’impression d’être revenu en cinquième année, quand elle le méprisait ouvertement. Sa mâchoire est serrée, et sa façon de se mordre les lèvres n’a rien de léger ou de joli. C’est de la colère qu’elle tente de maîtriser. Il prend chaque mot de plein fouet, jusqu’au moment où il comprend clairement qu’elle est en train de refuser sans hésitation son invitation, pour des raisons qui n’ont rien de justifiable. C’est trop tôt ? Elle a d’autres préoccupations que l’heure du thé ? Il ne lui a pas demandé son avis ?
L’impression d’être trahi ne tarde pas faire son apparition dans le cœur de James. Et les larmes que Lily retient à grande peine ne parviennent même pas à calmer ce sentiment d’injustice. Elle ne le laisse même pas placer un mot, de sorte que James finit par ne plus écouter ce qu’elle dit. Si elle avait des problèmes, pourquoi ne pas lui en parler, de vive voix ou dans une lettre ? Cette impression qu’elle se défie de lui, qu’elle ne lui fait finalement pas confiance, lui lacère le ventre.
Il ne pense qu’aux raisons les plus idiotes pour lesquelles elle pourrait refuser de rencontrer ses parents. Parce qu’elle ne le considère pas assez sérieux – peut-être qu’elle pense déjà à la fin de leur histoire. Parce qu’elle a honte de sortir avec lui. Parce qu’elle est déjà persuadée qu’elle n’aimera pas ses parents. L’incompréhension grandit et la colère avec. Or, le James frustré n’a rien d’un enfant de cœur.

« Alors là, Evans, je savais que tu n’étais pas au point niveau humour, mais là tu touches le fond. Tu te fous de moi ? » Il n’a même pas commencé à voix basse, comme elle, mais directement à voix haute et claire – même pas étouffée. « Eh bien excuse-moi d’avoir pensé que notre relation marchait assez bien pour qu’on envisage d’aller un peu plus loin, oh, juste un peu. » Il se fiche complètement que sa réaction empire l’état de Lily, alors que les larmes menacent déjà presque de déborder. « Il m’a semblé qu’on allait bien à ton rythme jusque-là, à garder le secret jusqu’à ce que tu te sentes prête à me tenir la main en public, quitte à me lâcher quand on a croisé quelqu’un, à ne jamais te pousser pour obtenir quoique ce soit de plus que ce que tu voulais bien me donner, goutte à goutte… » Il sait qu’il dépasse les bornes, puisque ses mots dépassent déjà sa pensée. Jamais il n’a songé que les choses allaient trop lentement, qu’il aurait voulu les accélérer. Il essaye juste de rendre à Lily ce qu’elle vient de lui envoyer et qui lui noue l’estomac, le cœur, la gorge. « Une proposition, Lily, UNE, et c’est comme si je venais de te forcer au pire ? Comment veux-tu que je sache que les choses ne vont pas bien si tu ne me le dis pas ? » Une idée atroce en chasse une autre. Qui savait ? Ses copines ? Pire. Snivelus ? James serre les dents. Il ne fera pas intervenir le ver de terre dans cette discussion. « On est en couple, Lily, en couple, tu comprends ? Peut-être que tu ne sais pas ce que c’est, mais par Merlin, devine au moins ! Soit tu me dis les choses quand tu les vis, soit ça ne sert à rien de s’accrocher. » Il est tellement à bout qu’il en oublie de parler pendant quelques instant, complètement soumis à la tempête sous son crâne. « C’est la merde partout, mais je ne te savais pas aussi égoïste. Rentre à tes parents et à ta Pétunia, puisque tu les préfères si manifestement. » Il pourrait s’arrêter là. Songer aux horreurs qu’il vient de balancer sans y réfléchir. S’excuser platement et se confondre en pardons – peut-être qu’il n’est pas trop tard. Mais il a encore un peu de fiel à cracher. « Tu me feras signe quand tu seras prête, je devrais encore être par là. »

Son cœur bat la chamade. Les derniers mots qu’il vient de cracher, tels quels, sont si monstrueux qu’il voudrait les ravaler dans l’instant – ou au moins ajouter quelques mots qui restent pourtant dans sa gorge. Oui, il devrait être encore là. Bien sûr qu’il le sera toujours, parce que Merlin sait à quel point il est amoureux, même-là, alors que sa colère brûle le plus vivement. Mais ces mots-là, il les garde. Malgré le risque que cela représente. Si elle se lève et sort, il ne sait pas ce qu’il fera.



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