here we go again + Jily

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Lily Evans
MessageSujet: here we go again + Jily    Dim 7 Jan - 17:33

« Told ya already Lily, I don’t care about your stories ».

Lily claque la porte de sa chambre d’un geste agacé. Depuis qu’elle est rentrée, le 22 décembre, par le Poudlard Express, c’est tous les jours la même chanson. Elle essaie désespérément de faire un geste vers sa sœur qui, de manière systématique, lui oppose un refus pur et dur d’une phrase lâchée avec froideur. Mme Evans ne sait plus quoi faire pour tenter de réconcilier ses filles, et Lily a presque envie de lui dire qu’il faut cesser d’essayer. Petunia n’en n’a que pour Vernon, auquel elle a annoncé, d’ailleurs, que sa sœur était une Sorcière. Elle a imposé la présence grossière de son futur mari au dîner de Noël, le gros jeune homme n’ayant de cesse de la toiser comme si elle allait soudainement se lever, sortir sa baguette de sa poche et lui jeter un sort. Parfois, Lily en a presque envie. Mais la magie ne sert qu’aux enchantements, ici, elle s’en est fait la promesse. Maintenant qu’elle a le droit de l’utiliser en dehors de Poudlard, Lils ne s’en sert que pour seconder sa mère ou alléger les tâches de son père. Elle fait de la magie précise, jolie, agréable, qui soulage le quotidien. C’est important pour elle.

On est le 29 décembre. Dans quelques heures, juste après le déjeuner, Lils sortira de chez elle pour transplaner à Pré-au-Lard où elle rejoindra James pour une après-midi volée au milieu des vacances de Noël. Elle a imaginé, naïvement, quelques instants, que Petunia pourrait arrêter de faire la tête et l’aider à choisir une tenue – en réalité, Lils sait exactement ce qu’elle veut mettre mais elle s’était dit qu’elle pourrait initier un moment entre sœurs pour réparer ce qui devait l’être – mais naturellement, la voilà seule dans sa chambre à nouveau. Au fond, Petunia, qui pourtant le déteste, est un peu comme Severus. A la juger pour ce qu’elle est. A la différence près que Petunia est profondément jalouse des capacités de sa sœur alors que Severus est juste embrigadé. Enfin, bref. Il ne faut plus y penser. Lily espère juste que Petunia sera heureuse, et vu le niveau d’intérêt de Vernon Dursley, elle en doute. Après tout, ça ne la regarde pas – qui sait, peut être que Petunia détesterait James si elle était amenée à le rencontrer, aussi. Pour autant, Lily ne le quitterait pas. Plus maintenant.

Elle croise les bras et ouvre son armoire d’un geste souple de sa baguette. Elle ne le dira pas, mais utiliser la magie en dehors de Poudlard est quand même extrêmement satisfaisant, un peu comme la récompense de toutes ces années passées à étudier et à travailler d’arrache-pied. Elle se sent adulte maintenant, et l’idée lui fait peur autant qu’elle la ravit, pour être tout à fait honnête. Le fait est que Lily ne sait toujours pas vraiment ce qu’elle fera de sa vie en juillet prochain, même si pour le coup, il semblerait que Dumbledore ait des projets pour ses recrues les plus aguerries.

Lily enfile un chemisier blanc sur son jean et s’enferme dans un manteau gris. Elle pique des gants dans le tiroir de sa mère, qu’elle descend ensuite pour l’embrasser et la prévenir de ce qu’elle sort, et qu’elle ne sait pas quand elle sera de retour – mais oui, elle sera prudente, c’est promis. Et elle préviendra si toutefois elle décide de ne pas rentrer cette nuit. « Mais ça n’arrivera pas », précise-t-elle pour être claire auprès de sa mère dont un sourire angélique déforme les traits d’un air entendu. Lily lève les yeux au ciel comme elle sait si bien le faire et quitte la maison pour rejoindre la petite cabane à outils de son père dans le fond du jardin. De là, elle sera tranquille pour transplaner.

Pré-au-Lard est magnifique, surtout l’hiver. Lils adore quand la neige recouvre les allées. Voilà qui lui remonterait presque le moral, de voir toute cette beauté – ça, et la perspective de l’après-midi qui est tout de même assez alléchante. Elle a attendu ce moment avec impatience depuis le 22 décembre, quand ils sont descendus du train à King’s Cross. Les adieux ont été assez sommaires, parce que les Evans attendaient leur fille et qu’elle n’est pas du genre à se donner en spectacle. Pourtant, depuis quelques jours avant la fin des classes, Lils était assez angoissée à l’idée d’être séparée de James pour au moins une semaine – et au pire, quinze jours. Sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi – il ne risquait pas de changer d’avis, ni de changer d’école ou de maison, elle le retrouverait donc assez rapidement. Interrogée sur les sentiments cognants dans le fond du cœur de Lily, Marlene décréta que c’était tout à fait normal, et qu’au début, tous les couples étaient inséparables. Alors Lily avait mis cette information dans un coin de son esprit et s’était fait une raison, patientant tant bien que mal jusqu’à ce jour du milieu des vacances qui les réunirait loin de Poudlard, loin de leurs parents, loin de Petunia et de leurs amis respectifs – ou communs, d’ailleurs.

Elle se plante devant les Trois Balais, un peu en avance, un peu morose, tâchant de s’armer plutôt de l’impatience de le retrouver que de la nostalgie de sa relation gaspillée avec sa sœur, et fourre ses mains dans les poches. Quand elle le voit arriver d’un peu plus loin, tout de même, plus grand que la foule qui peuple les allées du petit village, son cœur rate un battement. Elle n’arrive toujours pas à croire que c’est elle la copine de James Potter. Elle lui fait signe de loin et ne peut vraiment s’empêcher de sourire, la nostalgie balayée quelques secondes. Quand il est suffisamment proche, elle attrape le col de son manteau et se hisse un peu sur la pointe des pieds. « Bonjour Potter », elle murmure, en plantant son regard dans le sien, laissant ses lèvres rejoindre furtivement les siennes pour lui dire bonjour.

Il lui a manqué, cet idiot, et soudainement, ce sentiment, qui bataille avec le soulagement des retrouvailles, vient éclipser le reste.



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James Potter
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Dim 7 Jan - 22:56

« Et tu rentres bien ce soir, même avec elle, pourquoi pas, je préfère vous savoir ici que dans n’importe quel hôtel sordide… » James serre les dents pour s’empêcher de sourire et lève les yeux au ciel. Il n’a pas assez d’une mère pour le regarder avec affection, il faut que son meilleur ami s’y mette aussi, avec une voix de fausset et des grossièretés à chaque coin de phrase. Merlin merci, pour le moment Sirius s’en tient aux moments où ils sont seuls pour faire ses sous-entendus graveleux, mais James craint le moment où il va commencer à tester ses limites devant les Potter. Pour l’heure, heureusement, à peine la porte ouverte sur les escaliers, Sirius cesse de faire le pitre. Il a trop d’affection et de respect pour Euphemia pour être pris à la singer, même si cette affection est mille fois prouvée et rendue.
Mais cette fois, quand la mère de James le voit descendre les escaliers, bien habillé, ses cheveux domestiqués à grande peine grâce à la lotion capillaire de son père, elle n’a d’yeux que pour lui. Pire, elle affiche le même sourire câlin qu’elle a à chaque fois que le « sujet Lily » débarque sur le tapis. Ce qui arrive assez souvent depuis le début des vacances, depuis qu’elle sait que James est amoureux et mieux, en couple.

Fleamont est un peu plus discret que sa femme, mais la façon dont il serre l’épaule de James à son passage est toute aussi révélatrice. Le brun est conscient et ravi de l’amour de ses parents, mais il trouve, dans ce contexte, qu’ils exagèrent. Même lui n’est pas aussi euphorique qu’eux – à croire qu’ils commençaient à s’inquiéter de le voir toujours célibataire, uniquement flanqué de ses copains. Ridicule, mais c’est dire combien ils ont été contents de voir le voir embrasser, même furtivement, une jeune fille à la descente du train. Ils ont fait comme si de rien n’était, mais James a été honnête dès leur arrivée dans le salon. Il leur a dit pour Lily, les a laissés s’extasier deux minutes, et promis qu’ils la rencontreraient bientôt. Ils n’ont plus reparlé de sa copine – sa copine, Lily Evans est sa copine – jusqu’à ce qu’il leur annonce qu’il ne serait pas avec eux le lendemain après-midi, qu’il avait rendez-vous avec elle. Aussitôt, Sirius avait demandé s’il pouvait venir, Fleamont avait proposé qu’il aille plutôt dégnomer le jardin et Euphemia offert de préparer un goûter pour leur retour. « On a rien de prévu pour la fin d’après-midi, alors pourquoi pas ? Je lui proposerais, je suis sûr qu’elle ne refusera pas, après m’avoir entendu parler de tes crumbles pendant sept ans ! » Fin de la discussion, mais pas fin des regards de connivence entre les parents, qui font marrer Sirius et exaspèrent James au plus haut point.

« Soyez prudents, fils. » lance Fleamont en voyant James se diriger vers la porte. Les nouvelles sont relativement calmes depuis quelques temps, mais les Potter, comme les autres, ne se laissent pas berner. James est majeur et bon duelliste, ses parents ont conscience qu’ils ne peuvent rien lui interdire, ce qui n’empêche pas l’inquiétude de leur serrer le cœur à chaque fois que leur fils échappe à leur surveillance. Un fils qui ne laissera pas quelques attentats l’empêcher de sortir, de voir sa copine – sa copine, Lily Evans est sa copine, bref, de faire tout ce que les jeunes gens de son âge font quotidiennement. Ou ne font pas d’ailleurs, genre sortir illégalement de l’école une fois par mois pour traîner avec un loup-garou, se rendre au Ministère pour représenter sa famille à une soirée pleine de salopards reconnus, planifier une énorme bêtise, la plus mémorable, pour fêter la fin de sa scolarité, planifier de rejoindre la Résistance dans quelques mois à peine histoire de lutter contre l’ombre qui s’avance… Mais pour l’heure, le plus important c’est son rendez-vous avec Lily et, fidèle à lui même, il est presque en retard.

« C’est une évidence, Père. À ce soir, tout le monde. Et à ce soir, Sirius. »

Sur un sourire – il salue toujours Sirius de façon personnelle – il ouvre la porte et sort. Le froid lui mord le nez, et il transplane immédiatement, souriant à l’idée de la jeune fille qui l’attend à l’arrivée. Une seconde plus tard, il se matérialise, les deux pieds dans une congère. Trop distrait, évidemment, et maintenant il a de la neige jusqu’à dans ses chaussures. « Chiure de goule ! », lâche-t-il avant de se faire incendier du regard par une mère de famille. Et de s’excuser d’un sourire charmant avant de s’extraire de la neige et de sécher son pantalon d’un sort rapide. Lily doit déjà l’attendre, et il prend le chemin des Trois Balais, le cœur léger. Ils ont un peu échangé depuis leur séparation à Kings Cross, mais quelques lettres n’ont rien de comparable aux soirées qu’elle a passées lovée contre lui, aux rondes qu’ils ont faites ensemble juste pour profiter de la compagnie de l’autre, à la sensation de ses lèvres sur les siennes, à sa simple présence, finalement. Lily lui manque beaucoup, et physiquement, et il a fait de son mieux, pendant les fêtes, pour ne pas parler d’elle en permanence. Il est assez fier de lui, mais le résultat, pour lui, est le même. Il n’a qu’une envie, la voir, qui se décline en des milliers d’autres, la toucher, l’embrasser, passer la main dans sa nuque, enlacer ses épaules, entendre son rire, entendre même ses reproches parce qu’il n’a pas commencé les devoirs de vacances, se moquer de son nez rouge, embrasser ce même nez rouge… La liste est infinie, et tandis qu’il marche, les yeux de James scannent la foule, jusqu’à entrevoir la crinière rousse.

Il la voie en même temps qu’elle le voit, et il répond à son sourire et à son signe de la main avec enthousiasme. Les inquiétudes de son père et la candeur de sa mère s’effacent en un instant. Le feu dans sa poitrine brûle un peu plus haut. James passe la main dans ses cheveux, déjà en train de s’emmêler, mais il a fait l’effort. Il la rejoint en quelques enjambées, attrape les hanches de Lily Evans et la laisse parcourir les derniers centimètres pour se laisser embrasser. Lui qui déteste tant déléguer adore lui laisser prendre les devants. « Salut Evans », il répond sur le même ton après le rapide baiser. « C’est un peu rapide en revanche, comme bonjour. Je te signale que tu me fais revenir à Poudlard, ou c’est tout comme, alors qu’on est techniquement en vacances. Je peux avoir un autre bisou, pour le préjudice moral ? »
Il veut son sourire mignon pour la convaincre de lui donner ce qu’il veut. « Un bisou et on rentre au chaud ? »



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Lily Evans
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Ven 12 Jan - 23:17

Le froid l'englobe toute entière, et pendant qu'elle patiente, Lils ne prend même pas conscience des gens autour d'elle, qui vont et qui viennent dans une valse de promeneurs déséquilibrée. Le village respire la joie de vivre pendant les fêtes, et habituellement, Lily est très attentive à ceux qui l'entourent. Elle aime beaucoup cette période de l'année, qu'elle trouve chaleureuse et propice aux réunions de famille et à la chaleur humaine. Ce n'est pas que cette année, les fêtes ne lui plaisent pas, mais ses relations avec sa sœur entachent le tout, d'autant que Lils pense sincèrement que c'est le dernier Noël qu'elles étaient amenées à passer vraiment ensemble, en famille, toutes les deux. Petunia a insisté lourdement pour que Vernon puisse assister au dessert, au grand dam des parents Evans qui semblent tout aussi sceptique à l'idée du mariage de leur fille que leur aînée. Ils n'ont rien dit, cependant. Les Evans sont des gens prévenants, attentifs. Mais la présence de Vernon à la fin de la journée a terni le bonheur de Lily, et elle a l'impression d'avoir manqué quelque chose. Ca, couplé au fait que Petunia refuse de lui adresser la parole, refuse de l'écouter, de partager avec elle ce que toutes sœurs devraient partager, Lily se sent bien démunie et l'idée lui occupe l'esprit. Tant et si bien qu'elle n'a même pas eu l'occasion de parler tant que ça de Potter.

Elle s'est confiée à sa mère, cela dit, dès son retour de Poudlard. Parce qu'il était difficile, voire impossible, pour Lily, de dissimuler à sa mère adorée une information aussi importante sur un évènement aussi inattendu qu'agréable de sa vie. Elle a laissé passer le dîner, et puis sa sœur est sortie, et Lils a encore patienté pour que son père aille s’affaler dans le canapé. Elle a rejoint sa mère dans la petite véranda chauffée qui donne sur le jardin, derrière, où sa mère aime tant s’installer pour lire le soir, en buvant une infusion qui lui brûle les lèvres. Evans s’est installée à côté d’elle, les yeux rivés vers les étoiles, pour faire cette confession dont elle n’avait elle même pas vraiment pris toute la mesure. Tu sais, Maman, je crois que je suis amoureuse. Non, en fait, j’en suis sûre. Je suis sûre que je suis amoureuse. Je crois qu’en fait, ça fait déjà quelques mois que je suis amoureuse, mais je ne le savais pas, avant. Et là, j’ai compris, et c’est tellement terrifiant. Et tellement agréable, aussi. Mrs Evans s’est penchée sur sa fille pour lui caresser les cheveux, un sourire aux lèvres, et Lily a continué de parler jusqu’à ce que la nuit s’enfonce, les englobe.

Lily est certaine que sa mère appréciera James plus qu’elle n’apprécie Vernon, quand la question se posera de les faire se rencontrer. James est grand, beau, intelligent et charismatique – et elle ne dit pas ça que parce qu’il est son petit-ami désormais. C’est un point de vue tout à fait objectif sur la situation. Enfin, elle n’a aucun mal à penser que James fera meilleur figure que Vernon dans leur salon, en tout cas. L’idée la fait sourire, un peu naïvement, sans doute, et elle s’enfonce encore un peu plus dans son écharpe pour se réchauffer. Elle se demande – comme ça, insidieusement – si elle se mariera un jour. Et si elle se marie, elle se demande si elle épousera James Potter. L’idée lui semble tout aussi séduisante qu’effrayante et saugrenue, à dire vrai. Il y a un an, si quelqu’un avait dit à Lily Evans qu’elle finirait au bras de Potter, à se plaindre de son absence pendant les vacances, le cœur cognant à l’idée de le retrouver enfin – après seulement quelques jours de séparation – elle l’aurait traité de fou furieux. Jamais, oh grand jamais, Evans n’aurait pu songer une seule seconde qu’elle finirait dans cette situation. Longtemps, Lily est restée persuadée que le seul sentiment qu’elle ressentait pour Potter était un dédain franc, lié notamment à sa détestable habitude de torturer son meilleur ami.

Et puis, l’idée avait fait son chemin. Elle ne comprenait toujours pas ce qu’il avait bien pu faire pour que la situation change à ce point. Peut être était-ce le fait qu’il prenne si loyalement sa défense. Peut être le fait qu’il persévère dans ses blagues. Peut être même le coup de foudre avait-il opéré ce soir là, dans les couloirs de Poudlard, sans être prévu ni prévisible – quoi qu’en réalité, si Evans était tout à fait franche, elle devait reconnaître que ses sentiments ont changé dès le début de l’année scolaire.

Elle a confié toutes ces informations à sa mère, et Mrs Evans a écouté patiemment, caressant les cheveux de sa fille, riant de temps en temps, s’inquiétant parfois. Elle n’en tire qu’une seule conclusion, finalement.

Tu as l’air heureuse, Lils.

Lily est heureuse. Elle est heureuse d’être avec James. Elle est heureuse de le voir arriver au loin, heureuse d’entendre sa voix moqueuse, heureuse de l’avoir contre elle. Sa mère a raison, elle le sait – les problèmes s’effacent un peu quand il apparaît là, en face d’elle, pour laisser place à une agitation anormale dans sa cage thoracique, à une chaleur étrange au creux de ses reins. Oui, elle est heureuse. Pas pour tout, pas pour sa sœur, mais pour lui, elle l’est. Et elle rit, d’ailleurs, quand elle attrape son col, quand elle embrasse ses lèvres, quand elle entend sa voix.

Elle lève les yeux au ciel en étudiant sa demande. Elle se déteste de fondre aussi facilement – elle peut entendre d’ici la voix sarcastique de Marlene qui se moque d’elle et de ses sentiments agités ; on dirait une gamine devant un magasin de jouets. « Je te fais revenir à Poudlard, hm ? » elle demande, un sourcil haussé, attentive. « Tu n’étais pas obligé de te donner cette peine si ça te coute, Potter, » elle le nargue, moqueuse. Elle sait très bien qu’il est content de la voir, il ne peut pas vraiment prétendre le contraire maintenant qu’elle sait qu’il la courtise sérieusement depuis presque deux ans.

Et puis, il y a ce sourire, là. Celui auquel elle ne peut pas résister – qui le pourrait ? Elle se mord la lèvre inférieure, elle penche la tête, s’agrippe à son cou, se hisse un peu pour prendre de la hauteur, pour être à la sienne, et ses lèvres rencontrent les siennes à nouveau, avec plus de patience, plus de lenteur cette fois ; elle approfondit le baiser en glissant une main sur sa nuque, dans ses cheveux, ferme les yeux, mêle leurs langues, et la voilà partie jusqu’à ce qu’elle manque d’air et que sa respiration haletante la contraigne à s’écarter un peu – et la réaction de son cœur la fait rire, il cogne tellement fort dans sa poitrine qu’elle est presque certaine que James peut l’entendre. Et soudainement, le froid n’existe plus. « T’es réchauffé ? » elle demande, dans un murmure, ses lèvres à courte distance des siennes. Un sourire l’habite à nouveau, et elle inspire encore un peu, retrouve ses esprits, revient sur la terre ferme avant de s’écarter un peu plus cette fois, se laissant retomber sur ses talons, dans la neige, et volant sa main au passage pour l’entrainer à l’intérieur. Ils ne sont venus ensemble que quelques fois – dont le premier rendez-vous qu’ils se sont donnés, d’ailleurs – mais déjà, le tenancier les installe à une table qu’il leur a décrété être habituelle. « Tu m’as manqué », elle lance, sans réfléchir à si elle a envie de le dire ou non. Elle n’a pas envie de réfléchir, aujourd’hui, elle a besoin de lui pour oublier le reste – ou pour y penser, peut être. « Sirius n’était pas trop contrarié que tu l’abandonnes ? » elle demande, amusée. « Je me suis demandée si vous n’alliez pas apparaître tous les deux », elle taquine encore. Et puis elle retire ses gants, glisse une main dans ses cheveux roux qu’elle démêle.

Elle ne sait pas par où commencer, il y a tellement de choses qu’elle voudrait dire.


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James Potter
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Dim 28 Jan - 14:30

Plus encore que la magie, ce que James a appris à Poudlard, c’est à compartimenter sa vie de la façon la plus harmonieuse possible. Entre ses devoirs de préfet et de maraudeur, de bouffon et d’excellent élève, de fils modèle et de futur résistant, d’adolescent et d’animagus, et maintenant de meilleur ami et de petit ami, il passe son temps à jongler – pour le moment avec succès.
À l’école, il n’a jamais eu l’impression de délaisser les Maraudeurs au profit de Lily, et inversement. Il répond sagement à chacune des lettres de ses parents sans jamais leur mentir mais sans jamais leur dire à quel point la violence se propage dans les couloirs du château, introduite par les fils et filles de Mangemorts et reproduite par leurs opposants, James compris il faut l’avouer. Ses notes restent optimales, et les professeurs semblent avoir lâché l’affaire en ce qui concerne les retenues quand il se permet de petits écarts au règlement. Au grand plaisir de tous les adultes qui l’entourent, et sans qu’il ne s’en rende vraiment compte lui-même, James est en train de devenir comme eux, mature.

À croire que tout ce qui lui manquait, la pièce maîtresse, c’était Lily. Que c’est elle qui lui a apporté l’équilibre qu’il cherchait depuis si longtemps, comme un équilibriste sans point d’appui.
James ne sait pas vraiment à qui s’ouvrir à ce sujet, ou s’il en a véritablement envie, de fait. Il ne doute pas qu’elle s’est déjà confiée à Marlene ou à ses autres copines – il a eu le droit à des sourires complices depuis quelques temps de leur part – et même peut-être à sa famille. Sa mère, sans doute, les filles ça parle à leur mère, non ? Sa sœur, aussi, peut-être, mais vue la façon dont elle parle d’elle à demi-mots, sans doute pas, finalement. James a bien un frère, mais il ne pourrait pas s’épancher sur l’état de son cœur pendant plus d’une minute sans se voir couper la parole par une vanne, à laquelle il répondrait évidemment, emmenant la discussion loin du sujet initial. Et ça vient aussi de lui : sa relation avec Sirius n’a jamais été sur ce mode là, ce qui n’est, en soit, pas une mauvaise chose. James serait également incapable d’aborder le sujet Lily avec sa mère ou son père. Remus et Peter ? N’en parlons pas, il n’a besoin ni d’un conseiller amoureux ni d’un supporter. Finalement, pour parler de Lily, il ne lui reste que Lily. Mais peut-il lui faire une déclaration à chaque fois qu’ils se voient ? Eh bien, il avisera s’il se rend compte qu’elle se lasse. De toute façon, il a assez de choses de choses à lui dire pour occuper huit mille rendez-vous et une vie de réveils à ses côtés… Si jamais il était nécessaire de le préciser.

Oh, oui, ses parents l’ont deviné, ça, c’est même ce qui se cache derrière le sourire attendri qu’ils échangent quand leur grand garçon passe la porte pour aller transplaner à l’extérieur. Pour eux, c’est la bonne. Il n’y a qu’à voir l’espèce de réticence que James avait à quitter Kings Cross en la laissant derrière, aussi content soit-il de rentrer chez lui pour deux semaines. Il n’y a qu’à voir son enthousiasme à sortir de chez lui pour aller passer l’après-midi avec elle. Il n’y a qu’à le voir essayer de se faire encore un peu plus grand qu’il ne l’est déjà, dans la foule festive pour l’apercevoir en premier. Il n’y a qu’à voir comment le monde s’efface quand il capte son regard, et le sourire qui prend possession de ses lèvres. Il ne va pas jusqu’à tomber dans le ridicule en se jetant sur elle comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des mois, mais quand il l’enlace, son corps et son esprit en équilibre trouvent leur point d’appui. Compartimenter, quand elle est là, avec lui, devient de plus en plus difficile, parce qu’il voudrait qu’elle fasse partie de chacun des aspects de sa vie. Qu’elle soit à ses côtés en classe, mais aussi au combat, quand il rit avec les Maraudeurs ou quand il patrouille, légalement ou illégalement, dans les couloirs, quand il rentre chez lui ou d’une nuit dans la Cabane Hurlante.
Chaque chose qu’il ne partage pas directement avec elle, il voudrait la changer, l’adapter à la présence de Lily. Et il a beau savoir que ça ne serait pas pour le mieux, qu’il est préférable de garder aussi des moments privilégiés avec ses meilleurs amis, ou de ne pas exposer Lily au danger d’un loup-garou, une partie de James peine à se laisser convaincre. Surtout quand elle est là, dans ses bras, qu’elle se mord la lèvre et qu’elle sourit.

« J’ai pas dit que tout était à jeter, dans Poudlard, » convient-il avant que sa petite amie ne reprenne possession de ses lèvres. Si toutes les retrouvailles se passent ainsi, il va peut-être se faire aux départs et aux adieux, finalement.
Avec elle, tout est nouveau. Oui, James a eu quelques amourettes auparavant, toujours agréables, toujours terminées proprement, en faisant attention à ce qu’aucune des filles n’ait l’impression que telle action ou remarque de Lily Evans était à l’origine de ce changement de cœur. Mais même quand il se sentait amoureux, préférer une bêtise à sa copine, la quitter pour deux semaines de vacances, cacher d’importantes parties de sa vie, rien ne portait à conséquence pour James. Ça n’était qu’une soirée, que deux semaines, ou trop secret. Comment pouvait-il se retrouver aujourd’hui à combattre l’idée de raconter à Lily qu’il était un animagus non déclaré, qu’il avait toujours rêvé d’avoir une petite sœur, qu’il espérait ne jamais avoir à retomber amoureux ?
Il pourrait tout avouer sans trop de difficulté, pour peu qu’elle lui demande, qu’elle passe la main dans ses cheveux à l’arrière de sa tête, qu’elle mordille sa lèvre quand ils s’embrassent. Petit à petit, faire taire son ventre qui en voudrait plus devient compliqué. Heureusement qu’ils sont au milieu du village, en public, que la situation ne s’y prête pas. Mais c’est une conversation qu’il faudra avoir, à un moment. Il a besoin de savoir où elle en est, et comment il doit se comporter. Il la relâche, le souffle court, l’impression que soudain l’atmosphère s’est réchauffée de cinquante degrés, voire plus. Il faudra en discuter avant le retour à Poudlard, pour sûr.
« Je me sens beaucoup mieux, j’en oublierais presque que ça fait six jours que je n’ai pas été aussi près de notre bon vieux Dumbledore. » Un pause. « J’adore Poudlard si c’est avec toi, tu le sais, hein ? »

Elle sourit et l’entraîne vers l’intérieur du bar, où James a tout de suite trop chaud. Il retire son écharpe, passe la main dans ses cheveux en espérant en faire tomber un peu la neige avant qu’elle ne commence à dégouliner sur son front. Ça fera rire Lily, mais il existe d’autres manières de faire bien plus agréables pour lui. L’endroit, malgré l’affluence à l’extérieur, n’est pas plein, et une table qu’ils ont déjà occupée auparavant les attend. Les souvenirs du premier rendez-vous sont gravés dans le bois, et James est presque sûr qu’en cherchant un peu, il trouvera la marque qu’y ont fait les ongles d’une Lily anxieuse. Lui-même n’était pas complètement à l’aise, mais au moins ne craignait-il pas qu’on les « surprenne » ensemble. Il secoue la tête pour chasser les souvenirs, et s’installe en face de son amie, bien plus tranquille que quelques mois auparavant.
Il aurait voulu être le premier à se lancer, encore une fois, il a été incapable de partager à qui que ce soit d’autre tout ce qu’il a dans le cœur, mais elle le prend de vitesse. Il ne peut que répondre qu’elle lui a manqué aussi. « J’ai bien cru qu’il allait prendre la Cape et me suivre, d’ailleurs… » La fin de la phrase s’étrangle dans la gorge de James. Qu’est-ce qui lui prend ? Révéler tous ses secrets à Lily n’était qu’une hypothèse, qu’un rêve loin d’être applicable, et voilà qu’il balance l’existence de la Cape ? Mais quel Troll ! Merlin merci, c’est rattrapable : « Qu’il allait prendre sa cape, quoi, et m’accompagner sans me demander mon avis. Mais, de toute évidence, il a compris que je ne plaisantais pas quand tu entrais en compte. »
Rattrapé, il conclue d’un sourire. « Et plus sérieusement, il est plus fin qu’il le laisse penser. Il connaît parfaitement les limites. » Un temps. « Après… Je suis ravi de parler de Sirius, mais si tu veux de ses nouvelles je t’en donnerai quand tu m’auras parlé de toi, plutôt. »

Il la regarde mettre un peu de volume dans ses cheveux, et tend la main au dessus de la table pour repousser une mèche de devant ses yeux. « Comment ça se passe avec tes parents ? »
L’inquiétude de son père refait surface, il voudrait être sûr que la famille moldue de Lily ne court aucun danger. « Ah, et en parlant de parents, les miens seraient ravis de te rencontrer plus tard. Je leur ai dit qu’on rentrerait pour le thé. Ils doivent déjà être en train de préparer la maison pour te recevoir. » Au fond, James est au moins aussi heureux que ses parents de voir arriver cette rencontre, et il attrape la main de Lily pour la serrer avec affection. Finalement, peut-être qu’il ne sera pas si compliqué de la faire entrer dans tous les pans de sa vie.



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Lily Evans
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Mar 30 Jan - 23:29

Tu feras attention, Lils. C'est Mr Evans qui a pris la parole en la voyant partir. Lily revoit son visage à chaque instant de son périple jusqu'à Pré-au-Lard. Elle entend sa voix qui résonne en elle. Elle décrypte l'intonation inquiète de sa voix. Lily déplore réellement que ses parents ne connaissent du Monde magique, de son monde à elle, que les instants difficiles et la guerre qui se profile. Elle a tenté de ne pas les inquiéter, bien entendu. Mais la jeune femme, aussi intelligente et mature soit-elle, ne peut pas porter sur ses seules épaules le poids de la menace qui pèse sur elle chaque jour parce que ses parents sont moldus. Alors elle s’est confiée, et elle le regrette maintenant. Il aurait suffi qu’elle garde le silence, qu’elle attente que James arrive dans sa vie et qu’elle lui dise à lui. En réalité, la confession est partie d’une dispute, une autre, avec Petunia. Parfois, de guerre lasse, Lily lui crache la vérité à la figure. Exactement comme elle s’apprête à le faire pour James – mais ça, elle ne le sait pas encore. Elle crache la vérité à la figure de sa sœur, donc. Elle lui hurle la détresse qui l’étreint parfois quand elle est dans le fond de son lit et qu’elle se remémore un épisode d’un cours de potions. Elle crie pour évacuer l’angoisse qui agite ses entrailles à l’idée que peut être il vaudrait mieux renoncer à la magie pour être en sécurité à la fin de Poudlard. Que peut être tout cela est une malédiction plus qu’un don. Elle dit tout ça à sa sœur, qui la dévisage comme une échappée de l’asile, et elle se mord les lèvres pour arrêter de crier, et pour ne pas pleurer. Forcément, ses parents ont pris conscience de ce qu’il se passe. De l’angoisse de leur fille, des dangers de ce monde où mourir est plus facile que partout ailleurs. Il suffira d’un sort, une fois à l’extérieur, d’une mauvaise rencontre. Et il n’est plus question de ne pas prendre parti dans la guerre qui fait rage. Elle se battra. Elle aurait préféré trouver un travail et vivre une vie tranquille, mais le choix ne lui appartient pas.

Lily est aussi angoissée quand elle pense à la famille qu’elle laisse derrière elle. Elle aurait préféré qu’ils ne soient pas impliqués, pas au courant. Qu’ils ne se sentent pas responsables, quelque part, ce qui est le cas aujourd’hui – mais il n’y peut plus grand chose.

Lily se laisse absorber dans l’instant des retrouvailles pour oublier tout ce qui lui passe par la tête et qui n’est pas James Potter. Elle retrouvera les problèmes bien assez tôt. Pour l’heure, elle est là, contre lui, dans le froid hivernal, et pourtant, elle a chaud. Elle sent son odeur, fourre son nez contre son cou, respire le même air que lui et pour quelques secondes, cela suffit à la faire se sentir mieux. Elle oublie le danger, elle oublie la crainte dans la voix de son père et l’accusation dans celle de Petunia.

Contre lui, comme ça, Lily ne le confessera jamais mais c’est l’avenir qu’elle entrevoit. Et mine de rien, l’avenir est nettement moins angoissant maintenant qu’il prend en partie les traits de James. Lils ne s’est jamais laissée approcher de cette façon avant. Il y avait Severus, bien sûr, autrefois, son ami fidèle. Elle a d’autres amis. Mais rien n’est comparable avec ce qu’elle partage actuellement avec James. Elle a l’impression que leur histoire durera toujours – et elle ignore si c’est parce qu’elle est idiote et amoureuse pour la première fois, ou si c’est parce que c’est tout simplement ce qu’elle ressent. « Je sais que tu es content de me voir, Potter. Et c'est pareil pour moi », elle finit par murmurer en réponse à ses digressions sur Poudlard. Elle ne doute pas une seule seconde que Poudlard manquera à Potter autant qu’il lui manquera à elle, d’ailleurs, une fois qu’il ne sera plus en âge d’y être.

Ils entrent au chaud et Lily retire son manteau et son écharpe avant de se laisser tomber sur la chaise qui fait face à la table. Parler de Sirius la fait sourire – ça pourrait l’agacer, mais ce n’est pas le cas. D’abord, parce qu’elle a beaucoup d’affection pour le Don Juan de Poudlard, objectivement, qu’elle le trouve courageux et qu’elle l’admire pour avoir pris ses distances avec sa propre famille – même si elle ne lui dira jamais. Et puis, l’amitié qui les unit tous la touche. Mais surtout, si Lily sourit, c’est parce qu’elle flaire, sous les explications un peu hasardeuses de James, une entourloupe qu’elle n’est pas si loin de découvrir. D’abord, parce qu’il lui semble que les garçons passent beaucoup de temps à errer dans les couloirs. Ensuite, parce qu’ils sont tous obsédés par les Animagi, obsession qui a été d’autant plus mise en évidence que MacGonagall a consacré le début du semestre à leur étude. Et surtout, parce que Lily sait le mal qui ronge Remus, et que tous ces éléments mis bout à bout – avec cette histoire étrange de cape, aussi – la laissent dubitative. « Une cape, hm ? » elle demande en haussant un sourcil intrigué. « C’est étrange, je l’imagine difficilement enfiler une cape pour venir ici alors que c’est les vacances ». Juste pour l’embêter un peu, elle fait remonter légèrement son pied contre la jambe de James en même temps qu’elle le provoque, et lui offre un sourire radieux. « Assez parlé de Sirius, oui », elle lance en posant sa main sur la sienne. Elle apprécie le jeune homme, oui. Mais tout de même – ils ont un tas d’autres choses à aborder.

Cela dit et observé, Lily retire sa main et recule légèrement, jusqu’à ce que son dos heurte le fond de sa chaise, lorsque James parle de ses parents à elle – puis des siens, comme ça. Elle réalise en même temps qu’il le dit qu’il a organisé un après-midi avec ses parents, loin d’ici, sans lui demander son avis. Et Lily ne sait pas pourquoi elle le prend aussi mal, pourquoi ça provoque chez elle cette réaction qu’elle souhaiterait retenir mais qu’elle ne parvient pas à contrôler. Elle ignore sincèrement pourquoi elle prend ses mots pour une agression, alors même qu’ils reflètent, sans doute, toute la tendresse qu’il lui porte, toute l’importance qu’il lui donne. Sans doute parce que sa propre famille est divisée et menacée, que ses parents se sentent en danger, que son père s’inquiète et que sa mère aussi. Sans doute parce qu’il y a mille choses qui lui passent par la tête en ce moment.

Et sans doute parce que, malgré elle, Lily ne peut pas s’empêcher de se demander ce qu’il se passera pour elle si les parents de James Potter ne l’apprécient pas, ou trouvent qu’elle n’est pas assez bien pour leur fils. Elle, elle connaît sa valeur – elle sait qu’ils se sont bien trouvés, même si nombre de personnes doivent sans doute penser le contraire.

« Pardon ? » elle demande, abasourdie. Oh, au fond d’elle, elle aimerait se retenir. Se mordre la lèvre suffisamment fort pour ne rien ajouter. Pour se contenter d’hocher la tête et de mourir d’angoisse à l’idée de rencontrer la mère de Potter. Mais elle n’y arrive pas. « Tu as dit à tes parents qu’on irait chez eux ? Aujourd’hui ? » elle demande en haussant les sourcils. « Tu crois pas que t’aurais pu me demander mon avis ? » elle souffle, le cœur battant soudainement la chamade dans sa cage thoracique, et dans ses tempes, aussi. Elle s’intime à elle même l’ordre de se taire, mais elle est lancée, c’est trop tard. « Je ne peux pas faire ça, c’est… C’est beaucoup trop tôt. Et puis puisque tu le demandes, sache que non, tout ne va pas bien chez moi, et j’ai d’autres préoccupations en tête que l’heure du thé… » Elle grimace, la phrase ne quittant pas ses lèvres comme elle l’aurait souhaité. Elle secoue la tête, et lutte contre l’humidité qui, soudainement, emplit ses yeux. Elle se trouve idiote de s’agacer, elle s’en veut déjà d’être si froide. « Ma sœur me déteste, mon père pense que je vais mourir dès que la septième année sera terminée et ma mère regrette sans doute le temps où elle pensait que je n’étais qu’une enfant comme Petunia parce qu’ils savent ce qu’il se passe autour de nous », elle continue, incapable de s’interrompre ou de s’arrêter, même pour respirer, sa voix qui s’étrangle entre les mots. Si elle réfléchissait, elle se tairait, elle s’excuserait. Mais pour une fois, elle ne réfléchit pas. « Alors non, ne compte pas sur moi pour faire comme si tout allait bien autour d’un thé chez tes parents, je… C’est beaucoup trop rapide. »


Et cette crise qu’elle lui fait, et ces mots qu’elle lui lance, et les larmes dans ses yeux, c’est sans doute la plus belle preuve d’amour qu’elle pouvait lui donner – Lily Evans n’a jamais fait suffisamment confiance à personne pour craquer comme ça.


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James Potter
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Jeu 8 Fév - 20:03

C’est une fois au chaud à l’intérieur du pub, et la première émotion des retrouvailles passée, que James prend conscience de l’ambiance dans laquelle ils ont plongé. Alors que les rues sont pleines et joyeuses – ou alors, peut-être pas tant que ça – les voix restent basses et les mots, couverts. À mesure que, la main dans celle de Lily, James avance vers leur table, ses yeux scannent à toute vitesse les gens assis, les baguettes à portée de main, en même temps que ses pensées retournent quelques minutes plus tôt, sur la mère de famille qui l’a dévisagé à l’arrivée de son transplanage. Sur la façon dont elle agrippait les épaules du bambin à côté d’elle, comme elle s’est presque portée devant lui pour faire écran de son corps. Sur ses cernes et son regard moins noir que paniqué, et surtout courroucé. Il n’y a pas que ses parents qui sont inquiets, qui voient chaque sortie comme une mise en danger inutile. James ne fait pas partie de ceux-là, et il n’en sera jamais. Il affrontera les périls sans même savoir qu’ils en sont, simplement parce que ça n’est pas drôle de vivre quand la peur s’accroche à vos pieds comme une ombre. Certains parlent de courage, d’autres d’inconscience, en fonction de leur degré d’amitié pour le jeune homme.

Même Lily a l’air fatiguée, sous son sourire sincèrement heureux. Ses traits sont un peu plus tirés que lorsqu’ils se sont quittés, comme si elle avait mal dormi depuis qu’elle n’est plus à Poudlard. Étrange quand on sait à quel point elle aime sa famille… La pensée de James s’arrête nette. Il lui semble que Lily aime sa famille, étant donnée la façon dont elle a évoqué sa mère, son père, mais à y repenser, quelque chose l’empêche d’être tout à fait sûr que Lily est véritablement heureuse d’être rentrée chez les Evans. C’est encore sur-interpréter de trouver qu’elle s’est accrochée à lui avec plus de force qu’il ne l’aurait pensé ? Ou bien c’est simplement qu’il a eu le temps de lui manquer depuis quelques jours ? Le stress dans lequel baigne la société sorcière n’aide pas à avoir les idées claires, James passe la main dans ses cheveux – humides – pour chasser les pensées parasites. Ils sont amoureux, ils sont profondément heureux de se revoir, de voler une après-midi à leurs retrouvailles familiales pour ne profiter que l’un de l’autre. Mais ça n’est pas parce qu’il se laisse porter par l’amour, à des kilomètres du sol, qu’il ne peut pas se prendre les pieds dans le tapis de la plus belle des manières. Un autre point dans la liste des « contre » des tapis volants face aux balais.

L’une des innombrables raisons pour lesquelles il est tombé amoureux d’Evans c’est qu’elle est phénoménalement intelligente, et malgré ses efforts pour faire passer son lapsus pour quelque chose de tout à fait normal, James voit bien qu’elle ne se laisse pas avoir. Il voudrait bien s’y connaître un peu en légilimancie, oui, juste un peu, pour pouvoir jeter un coup d’œil à ses pensées en ce moment-même. Il a l’impression que chaque minute qu’elle passe en sa présence, en celle des Maraudeurs, lui permet de relier des points dans sa tête. Des points qui finissent par dessiner un schéma de plus en plus clair de la situation, des points qui, reliés, vont finir par faire un filet si serré qu’il va se prendre les pieds dedans. Et quelle serait la réponse de ses meilleurs amis si sa petite amie venait à découvrir la totalité de leurs secrets juste parce qu’il n’est pas assez méfiant quand il est avec elle ? James est à peu près certain que ces secrets seraient en sécurité avec la jeune femme, autant qu’avec Sirius, Peter ou Remus, mais c’est une discussion qu’ils doivent d’abord avoir entre eux et il ne peut pas, de son propre chef, décider de tout dévoiler. « Oui, une cape, » il élude, « comme on en a des dizaines à la maison. Tu sais que tu le comptes parmi tes fans, et que parfois il ferait n’importe quoi pour me chercher des Grinchebourdons ! M’accompagner à un rendez-vous, par exemple, ça lui ressemblerait… Non ? » Le dernier mot s’étrangle dans sa gorge quand il sent le pied de Lily se balader contre sa jambe. La surprise passée, il en sourit. Visiblement, il lui a manqué.

Pour autant, malgré son pied, malgré sa main sur la sienne, il ne peut pas se défaire de cette impression qu’elle est fatiguée, potentiellement même un peu triste. Et il y aurait dix mille autres façons, plus fines, plus discrètes, plus efficaces même, de lui poser la question, mais James n’est pas connu pour son tact. Il est même assez connu pour attaquer de front, quitte à s’en mordre les doigts par la suite. Il pose la question sans faux détours, et voit le visage de Lily changer en l’espace de quelques instants. Comme si son ton direct avait été un problème, elle recule dans sa chaise, sa main quittant celle de James. Comprenant qu’il y a potentiellement été trop brusquement, le brun tente de rediriger la conversation sur un terrain plus stable, moins personnel pour elle. Au moins, il a la confirmation que quelque chose ne va pas.
Sauf que sa tentative pour s’en sortir n’est visiblement pas au point. En pensant à la fois s’éloigner du danger et faire plaisir à Lily, le visage de cette dernière se ferme un peu plus à chaque mot qu’il prononce. Il ne se démonte pas pour autant, elle doit être en train de penser à quelque chose de complètement différent. Il redouble d’enthousiasme, essaye de rattraper la main qui lui a échappé, sans vouloir comprendre à quel point le trouble de Lily est profond.

Encore une fois, il faudrait qu’il soit directement dans sa tête pour avoir une idée de ce qu’il se passe. Ça paraît normal pour lui, de l’inviter à rencontrer sa famille, il l’aime autant qu’il les aime eux et… La voix de Lily interrompt ses pensées. Beaucoup plus froide qu’elle ne l’a jamais été depuis quelques temps – Jamais aurait presque l’impression d’être revenu en cinquième année, quand elle le méprisait ouvertement. Sa mâchoire est serrée, et sa façon de se mordre les lèvres n’a rien de léger ou de joli. C’est de la colère qu’elle tente de maîtriser. Il prend chaque mot de plein fouet, jusqu’au moment où il comprend clairement qu’elle est en train de refuser sans hésitation son invitation, pour des raisons qui n’ont rien de justifiable. C’est trop tôt ? Elle a d’autres préoccupations que l’heure du thé ? Il ne lui a pas demandé son avis ?
L’impression d’être trahi ne tarde pas faire son apparition dans le cœur de James. Et les larmes que Lily retient à grande peine ne parviennent même pas à calmer ce sentiment d’injustice. Elle ne le laisse même pas placer un mot, de sorte que James finit par ne plus écouter ce qu’elle dit. Si elle avait des problèmes, pourquoi ne pas lui en parler, de vive voix ou dans une lettre ? Cette impression qu’elle se défie de lui, qu’elle ne lui fait finalement pas confiance, lui lacère le ventre.
Il ne pense qu’aux raisons les plus idiotes pour lesquelles elle pourrait refuser de rencontrer ses parents. Parce qu’elle ne le considère pas assez sérieux – peut-être qu’elle pense déjà à la fin de leur histoire. Parce qu’elle a honte de sortir avec lui. Parce qu’elle est déjà persuadée qu’elle n’aimera pas ses parents. L’incompréhension grandit et la colère avec. Or, le James frustré n’a rien d’un enfant de cœur.

« Alors là, Evans, je savais que tu n’étais pas au point niveau humour, mais là tu touches le fond. Tu te fous de moi ? » Il n’a même pas commencé à voix basse, comme elle, mais directement à voix haute et claire – même pas étouffée. « Eh bien excuse-moi d’avoir pensé que notre relation marchait assez bien pour qu’on envisage d’aller un peu plus loin, oh, juste un peu. » Il se fiche complètement que sa réaction empire l’état de Lily, alors que les larmes menacent déjà presque de déborder. « Il m’a semblé qu’on allait bien à ton rythme jusque-là, à garder le secret jusqu’à ce que tu te sentes prête à me tenir la main en public, quitte à me lâcher quand on a croisé quelqu’un, à ne jamais te pousser pour obtenir quoique ce soit de plus que ce que tu voulais bien me donner, goutte à goutte… » Il sait qu’il dépasse les bornes, puisque ses mots dépassent déjà sa pensée. Jamais il n’a songé que les choses allaient trop lentement, qu’il aurait voulu les accélérer. Il essaye juste de rendre à Lily ce qu’elle vient de lui envoyer et qui lui noue l’estomac, le cœur, la gorge. « Une proposition, Lily, UNE, et c’est comme si je venais de te forcer au pire ? Comment veux-tu que je sache que les choses ne vont pas bien si tu ne me le dis pas ? » Une idée atroce en chasse une autre. Qui savait ? Ses copines ? Pire. Snivelus ? James serre les dents. Il ne fera pas intervenir le ver de terre dans cette discussion. « On est en couple, Lily, en couple, tu comprends ? Peut-être que tu ne sais pas ce que c’est, mais par Merlin, devine au moins ! Soit tu me dis les choses quand tu les vis, soit ça ne sert à rien de s’accrocher. » Il est tellement à bout qu’il en oublie de parler pendant quelques instant, complètement soumis à la tempête sous son crâne. « C’est la merde partout, mais je ne te savais pas aussi égoïste. Rentre à tes parents et à ta Pétunia, puisque tu les préfères si manifestement. » Il pourrait s’arrêter là. Songer aux horreurs qu’il vient de balancer sans y réfléchir. S’excuser platement et se confondre en pardons – peut-être qu’il n’est pas trop tard. Mais il a encore un peu de fiel à cracher. « Tu me feras signe quand tu seras prête, je devrais encore être par là. »

Son cœur bat la chamade. Les derniers mots qu’il vient de cracher, tels quels, sont si monstrueux qu’il voudrait les ravaler dans l’instant – ou au moins ajouter quelques mots qui restent pourtant dans sa gorge. Oui, il devrait être encore là. Bien sûr qu’il le sera toujours, parce que Merlin sait à quel point il est amoureux, même-là, alors que sa colère brûle le plus vivement. Mais ces mots-là, il les garde. Malgré le risque que cela représente. Si elle se lève et sort, il ne sait pas ce qu’il fera.



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Lily Evans
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Lun 19 Fév - 18:00

Les retrouvailles déclenchent en elle un sentiment difficilement explicable. Comme un sentiment d’appartenance. Pas qu’Evans appartienne à Potter d’une quelconque façon, non, ce n’est pas l’objet de sa pensée ou de son propos, vraiment pas. Etre en couple ne fait pas d’elle une idiote qui ne ferait rien pour déplaire à celui qui occupe son cœur. Lily a conservé son caractère, mais s’il s’est nettement adouci ces derniers temps, sans doute parce que le bonheur la rend plus sereine. C’est peut être aussi ce qui expliquera ce qui va suivre. Parce que plongée dans le bonheur de sa nouvelle relation, plongée dans l’euphorie des débuts d’une relation tendre, qui lui apporte un réconfort et un repère dans les temps difficiles qu’il traverse tous, Lily a en oublié qu’elle avait des problèmes, dehors. Elle en a oublié les ressentiments de sa sœur, les conflits que cela pouvait entrainer, la difficile relation de Petunia avec ses parents, et tout le reste. Lily avait imaginé que son bonheur irradierait jusqu’à ensoleiller la petite maison de son enfance. Elle avait imaginé que, maintenant son cœur comblé, sa sœur lui pardonnerait tout. Qu’elle concèderait que son dégoût est vain, et non mérité. Mais c’était sans compter sur le fait que le confident de Petunia ne soit autre que Vernon Dursley, ce type qui ne lui trouverait, à elle, d’excuses pour rien au monde tant son esprit est étriqué et rationnel. Lily déteste ce type, mais elle ne le déteste que parce qu’elle le connait. Elle l’a vu, supporté, à ces dîners de famille et autres occasions où elle a été obligée de sourire pour être agréable et bien élevée. Polie. Petunia, elle, a pris le parti de détester James aussi. Et ça aurait été son droit si elle avait rencontré le jeune homme – mais elle ne l’a même jamais vu. Non, comme ces mangemorts qui détestent les nés-moldus parce qu’ils sont mal nés, Petunia déteste Potter parce qu’il est comme Lily, un Sorcier. Petunia ne parvient pas à avaler la pilule.

Et tout ça réveille les pires sentiments d’injustice d’Evans. Ces vacances de Noël ont suffi à rappeler à son bon souvenir plein de choses désagréables. Le dédain inexplicable de sa sœur lui rappelle l’injustice dont elle est constamment entourée, quel que soit le lieu où elle se trouve ; sauf là, en fait. Pour l’instant, en tout cas, avant que la dispute n’éclate. Avant que Potter ne renforce son sentiment. Mais pour l’heure, en compagnie de celui qu’elle s’est autorisée à aimer après de longues années de lutte, Lily se sent bien pour la première fois depuis le début des vacances. Elle se sent plus sereine, comme en sécurité – pas physiquement parlant, plutôt émotionnellement parlant, en somme. Alors elle s’autorise à rire, remettant à plus tard la conversation existentielle où elle videra son sac, pour écouter ces piques tournées vers le fils Black pour lequel elle est habitée d’une admiration teintée de respect. Chose qu’elle n’avouera jamais, d’ailleurs. Elle fronce suspicieusement les sourcils à l’évocation de la fameuse cape – oh, l’esprit vif de la jeune gryffondor commence à entrevoir des choses étranges côté maraudeurs, des choses pour lesquelles elle pourrait avoir un début d’explication. Mais Potter n’a visiblement pas envie de s’expliquer, et elle respecte son choix. Lily aussi, possède des secrets qui sont des secrets d’amitié, qu’elle ne révèlerait pas. Pas tout de suite, en tout cas, pas sans en avoir discuté avant avec les principales concernées. L’amitié est une valeur assez représentative d’un comportement cohérent chez une personne, et Evans est persuadé qu’une personne qui ne serait pas loyale envers ses amis ne pourrait l’être envers qui que ce soit d’autre. Alors, ce trait de caractère de Potter achève un portrait qui n’en finit plus de lui plaire. Parce qu’elle l’aime. Que cette vérité n’est pas encore admissible, mais elle existe pourtant. Evans aime Potter.

Et puis, forcément, pour troubler le ciel qui s’était éclairci jusque là, il faut qu’une dispute éclate. Parce qu’elle réagit au quart de tour, parce qu’elle a peur. Qu’elle n’est pas prête. Parce qu’elle se sent vulnérable, et que la seule solution qu’elle a pour se protéger, c’est d’attaquer. Elle s’en veut immédiatement, au moment même où les mots passent ses lèvres, trop brusques, trop irrationnels, peu réfléchis. Elle aurait pu les exprimer de mille autres manières, plus douce, plus sensée. Elle aurait pu mettre des mots sur ces ressentis qui lui torturent le cœur. Elle aurait pu prendre sa main, le rassurer, lui demander du temps ; mais elle ne fait rien de tout cas. La seule chose qui sort, ce sont des mots colériques enchainés sans réfléchir, sans penser à la douleur qu’ils peuvent procureur. Elle crache, vénéneuse sans doute, alors qu’elle voudrait juste lui dire combien elle a mal et combien elle se sent perdue dans l’ouragan de sa vie actuelle. Elle voudrait lui expliquer qu’elle se sent fatiguée, lasse, salie par les réflexions répétées de sa sœur et le rappel à l’ordre de la guerre. Que ce n’est très certainement pas dans ce contexte qu’elle réussira à charmer ses parents. Qu’ils la détesteront sans doute d’être la fille qui met leur fils en danger. Qu’ils la trouveront idiote, parce que quand elle sera confrontée au portrait de la famille de James, ses parents consciencieux et accueillants, elle ne pourra pas s’empêcher de songer à l’accueil que lui aura dans sa famille. Pas du fait de ses parents à elle – ça, non. Mais du fait de Petunia, certainement. Evans aurait pu tenter de dire tout ça, mais les mots sont sortis tout seul.

Et la réaction de James n’arrange rien, au contraire.

Bientôt, tout ce que Lily distingue dans l’obscurité de ses doutes, c’est sa propre colère. Vive, destructrice. Qui la pousse à parler alors qu’elle devrait se taire, se raviser, s’excuser même.

Il y a une larme qui roule sur sa joue, et qu’elle balaye d’un revers de la manche. Elle ne veut pas pleurer, elle ne veut pas lui donner cette victoire, la satisfaction de la voir trop bouleversée pour mener cette dispute à son terme. « Pardon ? » elle réplique, tellement agacée que ses mains tremblent sur le bois de la table. « Je touche le fond ? Je me FOUS de toi ? » elle demande, haussant d’un ton malgré elle. Elle tape du poing sur la table et le laisse cracher son venin avant d’enchainer. « C’est moi qui suis égoïste, hein ? Ca fait trois minutes qu’on est installés et tu m’apprends que ta mère nous attend, mais ça ne t’est pas venu à l’esprit que peut-être il fallait me demander mon avis avant ? Parce que si tu l’avais fait, Potter, tu sais quoi ? Je t’aurais répondu que ça n’allait pas et que je n’étais pas en condition pour aller charmer toute la famille Potter cet après-midi », elle crie presque, et les gens autour d’eux, les quelques personnes qui étaient jusqu’alors plongées dans leurs pensées, relèvent les yeux pour les dévisager d’un air étrange. « Mais tu t’en fiches, de toute façon, hein ? Tout le monde se fiche de ma famille moldue, de toute façon, ils ne seront même pas en mesure de faire partie de nos vies ! » Celle là est profondément injuste, elle le réalise en même qu’elle le crie. Du coup, Evans baisse naturellement d’un ton, essuyant à nouveau ses yeux.

« Je ne savais pas que cette relation était si difficile à vivre pour toi, mais tu sais quoi, si c’est le cas, peut être que tu devrais arrêter de te donner tout ce mal. Si je suis si désagréable, je peux effectivement rentrer chez moi et te laisser vivre ta vie avec toutes ces filles bien plus faciles à vivre que moi – et puis quoi, la liste des prétendantes est longue, nan ? Je rêve de voir Davies parader dans ton salon, je suis sûre qu’avec elle ce serait bien plus simple qu’avec moi, non ? Elle irait aussi vite que tu veux, et si facilement en plus… » Sur la dernière phrase de Potter, Lily se lève et attrape son manteau. « Fine, Potter. » Elle tourne les talons pour se diriger à la hâte vers la porte. Mais revient deux seconds après sur ses pas pour lui faire face à nouveau.

« Pourquoi, hein ? Pourquoi tu me quittes pas, si c’est si atroce de prendre son temps deux minutes ? Peut-être que ça t’a échappé, Potter, mais effectivement, je n’ai pas l’expérience des relations qui est la tienne. Je t’ai laissé entrer dans ma vie et je t’ai laissé voler mon cœur mais si c’est si difficile que ça, si je suis si difficile que ça, pourquoi tu prends pas la décision qui s’impose, hein ? » Elle lui fait face, doigt tendu devant elle. Son visage déformé par la colère reprend une forme moins dure quand elle sent les larmes qui lui échappent définitivement.

« Tu sais quoi, laisse tomber. C’est sans doute moi le problème. C’est toujours moi le problème. » Drama queen, lui souffle une petite voix dans le fin fond de sa tête. Elle n’a pas l’impression d’être toujours le problème.

En réalité, ce qui guide Lily en cet instant, c’est la frustration. La frustration de ne pas pouvoir se blottir contre lui pour pleurer, pour vider cette colère qui n’est pas dirigée contre lui, mais contre toute l’injustice qui lui barre le cœur.

La frustration de ne pas pouvoir être avec lui tout le temps, pour oublier sa sœur, pour oublier ses problèmes.

La peur de ne pas être assez bien, assez rapide, assez conciliante.

Parce que maintenant qu’elle a cédé à ses avances, maintenant qu’elle a confié son cœur, Lily est maladivement effrayée par l’idée que James pourrait vouloir le lui rendre définitivement.


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James Potter
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Lun 19 Fév - 23:44

James n’est pas un immense fan de l’introspection, et il a toujours préféré l’action à la réflexion. C’est plus facile d’embrasser directement la fille qui lui plaît plutôt que se demander pendant des semaines si ses sentiments sont partagés, comme il est plus facile d’enfiler la Cape et de s’introduire dans le bureau de Binns pour piquer les sujets du contrôle plutôt que de réviser pendant des heures. La même chose, la même chose exactement. Depuis leurs débuts, les Maraudeurs ont eu d’autres choses à faire que de parler sentiments, de dévoiler les secrets les plus intimes de chacun à apprendre à devenir des animaux,  d’ennuyer à outrance chacun de leur professeur à inscrire leur légende sur les murs de l’école – littéralement, à base d’encre enchantée et ineffaçable. À la veille de leur dernier jour d’école, il y a une chose dont ils sont sûrs, c’est que ce bon vieux Rusard n’a pas encore trouvé leur dédicace. Si ça avait été le cas, tout le monde l’aurait entendu – après tout, ils ne se sont pas limités à inscrire leur pseudonyme, oh, non.

Maintenant, de toute évidence, les choses ont changé. À vrai dire, il serait bien capable de ne rien faire pendant au moins une heure, pour peu que Lily lui donne une bonne raison. Une lettre, par exemple. Les premières, James y a répondu tout de suite, notamment parce qu’ils étaient à l’école, dans leur secret, et que c’était le meilleur moyen pour s’échanger des mots doux – Lily aurait sans doute refusé de discuter par papier interposé pendant les cours et James n’a même pas proposé – puisqu’ils ne pouvaient pas roucouler en public. Alors, dès que Percival, son Grand-duc déposait une enveloppe anonyme dans ses œufs, le regard chargé de dédain face à cette ruse bien en dessous de l’inventivité habituelle, James attrapait une plume pour répondre au plus vite. Mais pour celles qui sont arrivées depuis leur séparation au début des vacances, le jeune homme a au moins laissé filer une heure ou deux avant de commencer la rédaction de sa réponse. Le temps de profiter tranquillement des mots, de réfléchir à l’avance à ceux qu’il va renvoyer. Oh, Sirius s’est moqué, Remus aussi, moins fort, mais rien n’y fait. Même leurs imitations surjouées ne parviennent à effacer ce sourire idiot des lèvres de James. Ils verront bien, se dit-il, quand ça leur arrivera. Sans doute à Moony avant Padfoot, mais quand ça va tomber sur le premier, si ça arrive, ça sera grandiose.

Peut-être que c’est simplement que James aime penser à Lily. Que, lorsqu’il pense à elle, toutes les horreurs du monde disparaissent, et tout paraît plus évident. Quand tout se délite, s’assombrit, on le leur répète assez, son simple sourire est comme le rayon de soleil qu’on attendait plus. C’est sûr, tout le bar a les yeux tournés vers elle et sa lumière, il ne peut en être autrement. Une seule photo a d’ailleurs suffit à sa mère pour le remarquer, la photo que Sirius a piqué dans son portefeuille sans une once de remord, pour la ressortir pile au moment du dîner. « Au fait, on parle on parle, mais vous ne l’avez jamais vue, Evelyn ! », et de plonger la main dans sa poche pour récupérer le bien d’un James outré. C’est que Lily elle même n’est sans doute pas au courant qu’il possède ce cliché d’elle, qui date de l’hiver précédent, et plus précédemment, de la première neige de l’hiver précédent. C’est Marlene qui l’a discrètement fait parvenir à son « Potty », surnom ridicule par lequel elle s’obstine à l’appeler depuis leur première dispute… quand ils avaient cinq ans. C’est la blonde qui a pris la photo, l’a faite développer avant de se débrouiller pour la déposer sur son oreiller, dans une boîte si parfumée que James a pensé un instant que c’était de nouveau des chocolats ensorcelés. Mais c’était encore pire, finalement, juste le plus joli cliché de la plus jolie fille du château, son crush depuis toujours. Bien joué, Marlene.

Et cette photo, un peu froissée, a fini sur la table de la salle à manger des Potter, sous les yeux curieux des parents. « Evelyn ? Mais je croyais qu’elle s’appelait Lil… Ah, un sobriquet, bien sûr, je vois ! », et à James d’expliquer, au dessus des aboiements de rire du quatrième, que non, non, Lily n’était pas du tout le surnom d’Evelyn. « En tout cas, elle est adorable, n’est-ce pas, Fleamont ? », « Elle a un sourire absolument charmant. », « Oh, mais, Jamesie, il ne faut pas rougir comme ça ! », « Je suis ravie pour toi, mon poussin. », and so on. Quand James a remis la main sur son bien, avant que sa mère ne se décide tout de suite à l’encadrer près des photos de famille au dessus de la cheminée, Sirius était radieux, très fier de son coup. Et devant l’air enchanté de ses parents, James n’a même pas eu le cœur de lui faire la gueule. C’est pour ça qu’il n’a pas hésité à répondre par l’affirmative à la proposition de sa mère, parce qu’il sait que tout le monde adore déjà la jeune fille, chez lui. C’est une telle évidence, puisqu’elle a de toute façon convaincu Sirius, Sirius qui de toute façon sait aussi bien que ses parents ce qui est bon pour lui. Or, Sirius adore Lily – et ça vaut toutes les approbations du monde, pour tous les Potter. Qu’elle doute, ce qu’elle est visiblement en train de faire, c’est pire qu’un couteau dans le cœur.

Il sait qu’il est en tort, et il n’a pas de mal à reconnaître cette même culpabilité qu’il ressent sur le visage de Lily. Ça avait si bien commencé, ça n’aurait pas pu mal commencer, mais comment la situation a-t-elle pu se renverser si rapidement ? Ce sourire, il n’a eu que quelques minutes pour en profiter, et maintenant elle pleure… Maintenant, il l’a fait pleurer, James voit distinctement la larme glisser le long de sa joue, et se perdre dans son cou, dans lequel il avait son nez un instant plus tôt, à essayer de s’enivrer de son parfum. Mais ce manque de confiance qu’elle a en elle, que quelqu’un a implanté en elle sans doute avec violence, le torture lui aussi. Dans sa colère qui explose, James comprend que Lily lui cache des choses, des choses importantes, peut-être graves. Des choses qui la touchent au cœur, qui la font souffrir, et qu’elle se refuse à partager avec lui. Alors oui, certes, il sait qu’il supporte mal qu’on lui dise non. Mais le fait est qu’il aurait tout supporté d’elle, le fait est qu’il supporte et supportera tout d’elle s’il sait pourquoi. L’inconnu, pour une fois, l’inconnu, s’il la concerne elle, lui devient insupportable. Et il se rend bien compte que ses mots à elle, comme les siens, dépassent sa pensée. Mais justement, ils la dépassent de tellement que c’est trop tard. C’était trop tard à la première larme étouffée, à la première craquelure dans la voix. Et c’est définitivement trop tard quand l’incompréhension fait place à la colère, la vraie.

La table prend à la place de James, de toute évidence, mais ça n’est pas forcément mieux. Si elle avait essayé de le gifler, de frapper son épaule avec ses petits points, il aurait pu arrêter son mouvement, et l’absurdité de la situation leur serait apparue. Ils seraient tombé dans les bras l’un de l’autre, se confondant en excuses. Mais non, ses mains restent sur la table, alors James n’a aucune raison d’empêcher sa propre incompréhension de devenir colère. L’écho de ses premières horreurs n’a pas eu le temps de disparaître que Lily reprend la parole, attirant définitivement l’attention  de tout le bar sur eux, et ça n’est pas que James ait quelque problème à se trouver au centre de l’attention, l’étalage de sa vie privée au milieu de la Bièraubeurre renversée ne le réjouit pas. Il laisse Lily répondre à chacune des phrases horribles qu’il lui a lancées, la laisse même tenter un pas vers la porte, mais quand elle change d’avis pour continuer à lui lacérer le cœur, c’est lui qui prend l’initiative de se lever. Cette fois, il serre les dents, pendant qu’il la surplombe, alors qu’elle parle toujours  attrape son portefeuille et jette un Gallion sur la table. « Gardez la monnaie, » lance-t-il d’une voix blanche. Ah, elle fait dans le drame ? Elle semble avoir oublié à qui elle a affaire. « Oui, Lily, tu te fous de moi. Tout ça, tout ça, ça n’a rien à voir avec mes parents, ça a à voir avec la confiance que tu as en moi. Que tu n’as pas en moi. Et c’est d’une hypocrisie sans nom de ne pas le reconnaître. »

Avec un pas sur le côté, il se retrouve derrière elle, en direction de la porte. « Si tu veux continuer à te donner en spectacle, y a pas de problème. Je propose qu’on sorte. » Et sans un mot de plus, il avance vers la porte. Oh, il n’a pas fini de crier, lui non plus. Mais il sort comme un prince du pub, pour retrouver un temps à l’image de son état intérieur. Le vent s’est levé, et la neige qui continue de tomber d’un ciel gris sombre pique son visage. « MOI, MOI j’ai confiance en toi ! Ta famille, je m’en fous, oui, parce que pour le moment tu es tout ce qui compte, par Merlin ! Mais j’accepterais de les rencontrer un milliard de fois à ta première insinuation. Mais celles que tu fais, que tu as faite là dedans je suis… » Le souvenir du mépris avec lequel elle a lancé le fond de sa pensée le pique encore plus fort que la neige. Comme s’il était comme ces monstres, à faire attention au sang, à s’imaginer plus important que les Moldus. Il ne se souvient pas exactement de ce qui a suivi… Ah, si. Valpuri. Lui qui s’était empêché de parler de Servilus. Il n’a même pas envie de répondre à ça, tellement c’était bas. « Tu vois, tout est là. Alors oui, c’est ma faute, peut-être, avant que tu ne me le reproches aussi, j’ai été un salaud pour une grande partie de notre adolescence… Pardon, c’était peut-être la troisième sous partie de ton plan ? Je me permets de prendre les devant pour une fois alors. Je ne t’ai pas donné assez pour croire en moi ? Tu parles de Valpuri, tu te moques parce qu’elle est simple ? Mais Lily, si ça n’est pas simple au début, à quoi ça sert d’être… » C’est à sa voix de se briser. « Mais tu entends ce que tu me fais dire ? Ça me rend fou, mais complètement dingue ! Tu préfères que ça se termine, c’est ça, et tu espères que je prenne les devants ? C’est à moi de décider de ça ? » Un flocon de neige chaud le surprend tellement qu’il fait une pause. Par Merlin, il pleure. Il pleure ? C’est le froid, c’est forcément le froid. James ne pleure pas. « T’as raison, tu es atrocement compliquée, Evans. Mais peut-être que c’est d’abord de régler ça avec toi, ou avec la personne à cause de qui tu ressens ça. Pas à moi. »

Par Merlin il ne peut pas s’arrêter là. Elle va croire qu’il la largue, qu’il fait ce qu’elle lui demande de faire parce qu’elle n’a pas le courage, elle même. Mais non, il ne va pas se laisser faire. Elle a les cheveux trempés, le visage rouge de froid, et les yeux gonflés de larmes qui n’ont pas coulé. Elle est plus belle qu’elle ne l’a jamais été, et la colère de James le dispute à son envie de l’embrasser passionnément. Elle ne le laissera pas faire s’il se jette à son cou. Nouveau flocon chaud, la grande rue est vide. « Je… Je te laisse aller régler ça, Lily. Je voudrais te proposer mon aide, mais je ne suis pas sûr de pouvoir faire quoi que ce soit, là, maintenant. Je ne veux pas rompre, je ne veux pas une pause. Mais je ne veux pas… ça. Hors de question. » Sa voix est dure, mais c’est pour l’empêcher de se déliter complètement. Il veut aussi qu’elle sache qu’il est fâché. Blessé qu’elle refuse de lui faire confiance. Et, s’il le pouvait, il changerait tout des dernières vingt minutes, à part leur premier baiser. Mais il ne le peut pas, et ça participe à sa colère.

Le silence se pose sur eux, se mêle à la neige. Et James a l’impression que cette même boue malsaine remplace peu à peu le sang dans ses veines.


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Lily Evans
MessageSujet: Re: here we go again + Jily    Jeu 1 Mar - 17:23

Elle sait qu'elle est en faute, elle sait qu'elle est excessive. Que ses paroles vont trop loin et qu'il y a bien longtemps qu'elle n'en pense plus un mot. Elle sait qu'elle devrait cesser de hurler, se rasseoir, laisser couler ses larmes quelques instants. Prendre une inspiration et s'excuser d'avoir crié. S'excuser d'attirer sur eux les regards sceptiques et les reproches murmurés. S'excuser d'être aussi injuste, de lui faire porter à lui le poids de la souffrance, des regrets, de l'angoisse. S'excuser de ce qu'il prend pour tous les autres gens qu'elle s'entête à épargner, à préserver. Lily voudrait de tout son cœur préserver James de cet ouragan insupportable qui la divise, qui hante son cœur, son esprit, et le reste. Elle voudrait se taire et ravaler ses mots mais elle n'y arrive pas, et voilà, quand la colère de James fait écho à sa propre colère, elle ne sait plus comment se raviser, elle ne sait plus quoi faire, quoi dire, quoi penser. Elle ne sait plus comment régler les choses. Elle voudrait se coller contre lui et fermer les yeux pour apaiser la douleur ; au lieu de ça, elle reste debout, droite comme le plus sévère des i, les poings sur la table et le visage secoué de spasmes douloureux comme elle retient les larmes. Et alors qu'elle s'était ravisée, alors qu'elle avait renoncé à partir quelques secondes plus tôt, le voilà qui se lève. Qui l'ignore presque pour balancer un gallion sur la table. Qu'il remet en cause la confiance qu'elle lui porte. Lily s'autorise un éclat de rire, ses remords balayés d'un coup par l'agressivité dont il fait preuve. Oh vraiment, il trouve qu'elle ne lui fait pas assez confiance ? Elle ricane et lui montre la porte quand il propose de poursuivre leur discussion dehors. Si c'est ce qu'il souhaite, elle s'en fiche, elle n'est plus à un spectacle près, elle n'est plus à un geste ridicule près. Elle voudrait le secouer mais elle se retient et lui emboîte le bas en enroulant son écharpe autour de son cou négligemment, oubliant les quelques instants de bonheur partagés plus tôt, le soulagement des retrouvailles, la quiétude des baisers qui effacent tout. Qui effaçaient tout - le croyait-elle encore. Elle s'en veut, Lily, d'être aussi naïve, d'être tombée aussi facilement dans le piège de la relation et de l'amour. Elle s'en veut d'avoir cédé après toutes ces années. Elle s'en veut d'être idiote. De lui avoir donné sa confiance qu'il prétend lâchement ne pas avoir aujourd'hui. Mais c'est trop facile, alors à nouveau, elle inspire, et le froid la frappe de plein fouet au dehors. Elle ne pense même pas à remettre son bonnet, et la neige se loge dans les mèches de cheveux qui tournoient autour d'elle.

« Attends, Potter, que je comprenne bien - je n'ai pas confiance en toi, c'est ça ? C'est ça que tu veux que j'admette ? Mais tu racontes absolument n'importe quoi, tu le sais ? C'est ridicule, complètement ridicule. Si je n'avais pas confiance en toi, tu crois que j'aurais accepté de m'embarquer là-dedans ? Dans cette histoire avec toi ? Jamais de la vie, parce que la confiance, c'est le socle de toute relation qui vaut le coup. C'est précisément parce que j'ai vu que je pouvais te faire confiance que j'ai cédé, malgré les années et les antécédents, malgré Severus, malgré toutes les Valpuri de cette école. Si tu n'as pas vu ça, c'est peut être parce que tu ne me connais pas si bien que ça, mais tu sais quoi ? Les quelques personnes qui ont perdu ma confiance ne font plus partie de ma vie aujourd'hui ». Elle inspire, tente de calmer sa voix, son ton, sa posture. Sa gorge lui fait mal à force de cris. Ce n'est pas une menace, simplement un constat. Elle ne veut pas qu'il la quitte, elle ne veut pas qu'il parte, et pourtant, sa présence l'oppresse. Ce qu'elle veut, c'est être seule, continuer de hurler, laisser couler sa peine, sa douleur aussi. La douleur d'être confrontée au fait que, pour elle, rien n'est simple. « T'as raison, James. Rien n'est simple, rien du tout. Cette histoire ne l'est pas, nos vies ne le sont pas non plus. A la fin de l'année, on quittera Poudlard pour affronter une guerre qui nous dépasse et tu sais quoi ? Tous ces gens qui se battent dehors n'auront à l'esprit que le fait que selon eux, je ne mérite pas d'avoir arpenté les couloirs de Poudlard. Peu importe ce qu'on veut faire de notre avenir, peu importe ce que tu veux faire du tien, d'ailleurs, peu importe tes rêves et tes grandes envies, ça ne sera jamais facile, ça ne sera jamais simple, parce qu'on est destinés à aller se battre et qu'il ne s'agit pas seulement de se battre contre les préjugés idiots de ma soeur et de son abruti de petit-ami. Si on est pas un minimum d'accord, qu'est-ce qu'on va aller faire dehors, hein ? T'y as réfléchi, à tout ça ? » Elle dérive, elle le sait. Il risque de ne pas comprendre ces soudaines références angoissées, et elle, elle ne peut pas les formaliser. Elle ne peut pas lui dire qu'à sept mois de la fin des cours, elle se sent déjà responsable de leur relation future. Elle ne peut pas lui dire qu'à sept mois de quitter la sécurité offerte par Poudlard, elle a l'impression qu'il mettra sa vie encore plus en danger parce qu'il a choisi d'être avec elle. Toutes ces choses, elle ne parvient pas à les faire sortir, pas comme ça, pas maintenant. Elle voudrait être seule pour mettre de l'ordre dans ses idées. Dans ses affaires. Dans toutes ces choses auxquelles elle va renoncer.

Quand il annonce qu'il part, elle recule un peu. Le choc la heurte en pleine poitrine, comme s'ils venaient de rompre sur la place publique, devant tout le monde, alors même qu'il se veut à moitié rassurant. Elle a le souffle coupé un instant, elle ne peut plus parler. Elle le dévisage, abattue, et secoue la tête. L'humidité, à nouveau, gagne ses yeux, et elle ne fait même pas l'effort de dissimuler ses larmes, cette fois. Il n'a pas intérêt à la prendre en pitié, ce n'est pas ce qu'elle demande non plus. « T'as raison, oui. Je suis trop compliquée - folle peut-être ? Je me demande vraiment dans quoi tu t'es embarqué. Je suis désolée de ne pas pouvoir être aussi simple que tu le souhaiterais, tu sais ? Il vaudrait mieux pour tout le monde que je le sois », elle finit par lâcher, crachant presque sa déception. Elle qui attendait tellement cette journée finit par n'avoir envie que de rentrer chez elle, retrouver les murs à moitié rassurants de sa chambre. « T'as pas intérêt à me quitter, Potter. Pas après toutes ces années. Mais si tu peux pas m'accepter comme je suis, si tu crois que tu t'es trompé de personne, alors faudra avoir le courage de le faire. Je ne suis pas une fille simple. Il y a beaucoup de choses qui m'occupent l'esprit et dont j'ai du mal à parler en t'envoyant une vulgaire lettre ou en coupant une soirée de la Salle Commune.
Avec moi, ça ne sera jamais simple, c'est comme ça, si tu n'es pas prêt à l'accepter, il faudra bien que tu te rendes à l'évidence
». Elle prononce ces mots sur un ton radouci, légèrement. Sa voix tremble, comme ses mains gelées par le froid. Elle remet enfin son bonnet et ferme son manteau, le dévisage une dernière fois en sachant très bien qu'elle va regretter sa sortie, qu'elle va s'en vouloir à mort aussitôt la solitude retrouvée, qu'elle va agoniser toute seule en priant chaque instant pour qu'il lui donne des nouvelles, pour qu'ils oublient tout. Elle voudrait l'embrasser, elle voudrait effleurer sa joue pour lui faire comprendre que, malgré tout, le plus important, c'est qu'elle l'aime.

Elle l'aime.

Mais elle secoue la tête, et le contourne en regardant ses pieds. Elle fait quelques pas, encore, et elle se refuse à se retourner pour l'apercevoir encore.

Elle l'aime, de tout son coeur, comme elle ne s'est jamais autorisée à aimer personne.

Mais elle transplane directement sur le parquet craquant de sa chambre, et ne retire même pas son manteau pour se laisser fondre sur son lit, toutes ses barrières finalement abaissées.


Ω I'LL BE MY OWN SAVIOR Ω
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