Lucius ⨂ Happiness is expensive

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Lucius Malfoy
MessageSujet: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 14:41

Lucius Malfoy

ϟ Âge : 24 ans
ϟ Nationalité : Anglais
ϟ Métier : Langue-de-Plomb
ϟ Ancienne maison : Slytherin
ϟ Sang : … really ?

ϟ Avatar : Boyd Holdbrook

Affiliation : La question ne s’est jamais vraiment posée. Pour lui ou pour quiconque. C’est tout simplement la nature des choses que de le voir rejoindre les rangs du Lord, Narcissa à ses côtés. Celui-ci est là pour sauver leur espèce en péril, assurer la pérennité d’un héritage millénaire. Il représente une stabilité, une promesse, un but autant qu'un moyen. Il est le système logique dans lequel Lucius peut préserver à la fois sa personne et ses ambitions. Dans lequel sa famille peut trouver les avantages sociaux qui lui est due.  

Baguette : Aubépine tourmentée, 30 ambitieux centimètres, flexibilité à toute épreuve, doucereuse fleur de mandragore séchée. Désastreuse pour la métamorphose. A été décolorée à force de servir à mélanger des potions.

Miroir du Riséd : Elle. Lui. Couronnés. Terriblement beaux. Les enfants aussi. Souvent quatre. Parfois deux. Jusqu’à dix. Tous évidemment bénis par le Seigneur. Ils courent, ils sourient, pressés contre ses jambes. Purs. Blonds. Il n’y a plus de raison de regarder derrière son épaule, plus de raison de parler à voix basses. De modérer leur royale nature. Ils s’aiment à juste mesure. Autant que le peuple qui geint sa joie aux fenêtres d’un château autrefois moldu. Les aberrations de la nature ont disparu. Les sangs-de-bourbe ne sont qu’un vieux mythe, fait pour effraye les gamins. Tout a retrouvé sa place. Le monde est à nouveau parfait. Il leur appartient, légitimement.

Épouvantard : La noirceur est humide. L’échos est enroué. Il l’appelle. Depuis des heures. Depuis des siècles. Cissy. Il attend sa réponse. Sa voix, son visage, sa main. Cissy. Le manoir au-dessus craque, abandonné. Les cris sont étouffés. L'odeur de morts s'attarde sur les pierres humides. Il n’y a plus que lui. Qui attend. Cissy ? Non. Un courant d'air. Rien de plus. Ca ne sera jamais rien de plus.

Amortentia : Note de tête. L’odeur de terre humide. Le terreau, la mousse, l'humus. Un parfum vieux comme lui, qui le ramène à des temps qui lui semblent aujourd'hui plus heureux qu'ils ne l'étaient vraiment. Note de cœur. L’odeur de la naissance des cheveux de Narcissa. Il a toujours été un peu plus grand qu’elle. Juste assez pour que ça leur convienne à tous les deux. Quand ils dansent, quand ils s’aiment. Elle monte, elle vient, elle est là. Note de fond. L’odeur du verni fraîchement déposé sur un objet restauré. Pas de coulure, pas d'erreur. Une couche fine, minutieuse, parfaitement déposée.

Compétences magiques

Duels : 8/10 Excellent duelliste révélé à Poudlard, il n'a pourtant pour ainsi dire jamais été un "naturel" comme dans le domaine des potions. Lucius a compensé une lacune de talent inné par un travail acharné sur ses réflexes et son débit de sortilège. Il s'agit ici d'utilité plus que de prédilection. Sa chère belle-sœur n’a étonnamment jamais souhaité participer à l’entraîner.
Potions : 9/10 Véritable amoureux des chaudrons fumants et autres bocaux sordides, il a fait les beaux jours des cachots de Poudlard. Habile, précautionneux, attentif, ses prédispositions à cette discipline se sont révélées plus que productives. S'il avait été moins poseur et un peu plus ingénieux, il serait probablement un grand chercheur potioniste à l'heure qu'il est. Il n'a cependant jamais considéré les potions comme autre chose qu'un hobby utile. Premièrement parce qu'un sang pur ne finit pas chercheur, du moins pas le genre de sang que les Malfoy partagent. Ensuite parce que pour lui, les potions sont un art dans le sens le plus noble du terme. Il peut passer des heures dans les allées étroites d'une boutique d'apothicaire à inspecter une à une les pattes de tarentule nécessaires à une de ses préparations. A surveiller les changements subtils des nuances d'un philtre à feu doux. A contempler la décantation de tissus autrefois vivants, à présent piégés dans le formol. Il y a une beauté chère à son coeur dans les liquides, un raffinement  dont il se délecte pour son pur plaisir bien avant son usage.
Métamorphose : 7/10 Complexe et précis, le domaine l’intéresse sans le passionner. La métamorphose garde cette part d’intangible, d’inexpliqué, que les potions perdent quand on s'y intéresse un peu. Il n'y a pas de recettes, pas de moment de pauses dans la métamorphose. C'est une compétence presque trop instinctive, trop viscérale, pour qu'il puisse l'exercer pleinement. Il a acquis un niveau correct mais ne se risque que très rarement à des démonstrations publiques.
Sortilèges : 8/10 Enseignement sorcier par excellence, quoiqu'il lui ait toujours trouvé une forme de primitivité assez répugnante, il ne lui aura pas été permis de sortir vivant de Poudlard sans maîtriser le bagage attendu d'un personnage de son rang.  
Légilimancie : 0/10 Bien trop centré sur lui-même, Lucius n’est pas particulièrement réputé pour son empathie. Ses compétences sociales restent aristocratiques, autant dire plus que superficielles, et lui offrirait-on la possibilité de s'intéresser à d'autres esprits qu'au sien qu'il ne serait pas certain d'accepter. Narcissa est peut-être la seule personne qu’il est à même de comprendre, ou du moins essayer, probablement parce qu’ils sont approximativement devenus l’extension l’un de l’autre. C’est un privilège qui restera réservé à son épouse.
Occlumancie : 5/10 Lucius vit sa vie en séduisant les autres, en gagnant une confiance qui est, pour sa part, absolument factice. Des rapports unilatéraux qui souffriraient fortement d'une intrusion dans ses petites vérités muettes. S’il ne s’est jamais particulièrement intéressé à ce genre de domaine, la prudence qui le caractérise et les méandres relativement friables de son esprit participent à une protection sommaire mais efficace de ses secrets. Le concernant, il s'agit probablement plus d'une pathologie que d'un réel pouvoir. Ses émotions sont imperceptibles à l'abord mais il reste vulnérable aux agressions volontaires et dirigées de légilimance avec un minimum de pratique.
Quidditch : 1/10 Il fut un athlète, il ne l’est plus. Il n’a jamais touché au balai que par obligation sociale. C’est inconfortable, somme-toute lent et ça vous décoiffe, quel intérêt, on vous le demande. Oh, il saurait y remonter, pour sûr, mais pourquoi diable le voudrait-il ?
Divination : 2/10 Capable d’exécuter les petits tours de charlatan de base, s’il a toujours trouvé la discipline particulièrement amusante, confinant parfois au fascinant, mais ne l'a jamais assez sérieusement travaillée pour développer une vraie capacité. L'esthétique l'attire plus que la crédibilité.

ϟ Pseudo/prénom : Simon ϟ Âge : 21 urgh ϟ Fréquence de connexion : we’ll see ϟ Ce personnage est : un post vacant, i mean  :russe:  ϟ Où nous avez-vous connu : ma chère et tendre  :y:  ϟ Le mot de la fin : « What’s the use of being a disgrace to the name of wizard if they don’t even pay you well for it ? »


Dernière édition par Lucius Malfoy le Mer 31 Jan - 17:29, édité 1 fois
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Lucius Malfoy
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 14:42



Elle est penchée sur sa feuille, pensive et silencieuse. Pelotée dans un coin du canapé au velours vétuste qu’il a acheminé pour elle dans le bureau que son statut de préfet-en-chef lui a alloué. Le grattement nerveux de sa plume écorche le silence tendre. Le rideau blond de ses cheveux effleure le parchemin collé contre ses genoux à chaque soupir. Qui se présentent de plus en plus nombreux et profonds à mesure qu’elle avance dans la rédaction. Ses paupières sont rosies par la fatigue. Ses lèvres un peu gonflées. Le bleu tranquille de ses yeux à l’air plus vif. Comme si son corps ne pouvait se résoudre à s’enlaidir, malgré l’adrénaline qui y palpite à l’approche des examens. Il se penche vers elle lentement. Elle reste concentrée, enfermée dans une tournure de phrase qui ne semble pas vouloir se clôturer. Un petit jappement sort de ses lèvres quand le pouce de Lucius s’écrase juste au-dessus de la tête de son sourcil gauche. D’un mouvement lent, il essaye de balayer la ride que le déplaisir y creuse. Elle est un peu perdue, tente de reprendre ses esprits éparpillés. Il dépose un baiser sur son front, remonte les manches de sa chemise blanche, défait le premier bouton. Bientôt il est assis sur le large accoudoir de fauteuil. Son menton se glisse contre sa nuque, dans son cou. Leurs corps se frôlent et s’agencent dans un confort parfait. Sans un mot tous deux se coulent dans une position confortable, ils n’avaient pas besoin d’y réfléchir pour savoir que faire, comment être. Ils existaient l’un par rapport à l’autre, leurs mouvements indépendants mais coordonnés, tour à tour planète et satellite dans les orbites de leur couple.


Il s’étire. Baille un peu.


Promène son œil torve sur le parchemin.


- T’avances pas beaucoup, il me semble.


Le regard qu’elle lui jette a la délicieuse température d’un lac gelé.
En Antarctique.
Elle se détourne du sourire éclatant qu’il affiche, préférant se pencher pour récupérer une petite flasque argentée gisant sur la fourrure qui servait de tapis. Ses yeux se ferment alors qu’elle déglutit de longues gorgées. Aiguise-Méninges. Il lui en amenait une par soirée de révision. Prendre la direction du club de potion n’avait évidemment pas été une opération de charité. S’il s’agissait d’une aide indiscutable quant à son image de marque auprès du corps professoral, c’était surtout un accès bien assez large aux laboratoires et aux stocks d’ingrédients qui les accompagnaient pour pouvoir en faire un usage productif. Elle grimace, rejette à sa place initiale la préparation acide au possible. De la pulpe du pouce, il joue pensivement avec le lobe de son oreille. Elle lève vers lui des prunelles capitulantes.


- Pourquoi j’ai choisi ça ?
- Parce que je t’ai dit que la lecture des feuilles de thé est un sujet de dissertation complètement ridicule et que les profils astrologiques, eux, peuvent t’aider au quotidien…


Et nul n’ignorait que le hibou décharné qui servait d’enseignante dans une branche aussi subjective avait une dent contre les Serpentards. Lucius n’était certainement pas prêt à faire encaisser à Narcissa les conséquences d’être la promise du préfet des lieux. Si ils devaient en venir à contester la note qu’elle obtiendrait, les calculs d’une carte du ciel étaient bien plus facilement démontrables que des résidus de chlorophylle.


- Mais c’est si dur !
- Je t’accorde que c’est un peu…


Son regard se perd sur les colonnes de chiffres bien trop nombreuses, logées entre des cercles à demi-tracés où se battaient des astres obscurs qui ressemblaient plus à des taches d’encre qu’à de majestueux corps célestes.


- Abstrait. Au premier abord.


Cissy lève un sourcil blond.


- Et au deuxième. Et au centième.


Il lève les yeux au ciel.


- Il suffit d’être méthodique.


Il a déjà levé sa baguette. Fait un tour de poignet. Elle glisse sa paume comme toujours un peu froide contre son cou brûlant, contemple les cartes que ses sorts ont suspendus en lévitation devant eux. Un petit mouvement du bout des phalanges les réorganisent, les index de date symétriquement alignés à droite, les orbites et aspects à gauche. Au centre, un parchemin vierge, au bord duquel la plume échappée de ses mains vibre déjà.


- Okay. Tu as choisi quelle date à analyser ?


Elle semble se mordiller l’intérieur des joues.


- Tu ne sais…
- Si.
- Hé bien ?


Le silence se prolonge. Il s’apprête à ajouter une nouvelle exclamation surprise quand une phrase débitée à toute vitesse se forme soudain à ses oreilles.


- Le quatre juin mille neuf cent cinquante-trois. A huit heures quarante-cinq. Du matin.
- Très bien et à quel endroit est né ton…


Lucius se fige.
Les lèvres entre-ouvertes, le regard dirigé vers les chiffres que la plume retranscrit fiévreusement dans un coin.


- Oh.


Il ne dit rien. Ne la regarde pas.
Mais un vaste sourire déforme sa bouche.


Lui.


- Londres, donc.


Leurs doigts se glissent les uns dans les autres.
Il serre. Fort.
L’égo. La gratitude.
L’amour, quelque part entre les deux.


- Okay.


Sur les pages, des nombres scintillent. Son index long désigne impérieusement trois colonnes.


- On commence par les trois signes fondamentaux. Solaire, lunaire…
- Et ascendant. Ou première maison.


Ils hochent la tête d’un même mouvement.


La plume trace à l’encre noire un cercle sur le parchemin, puis un deuxième, plus petit mais partageant le même centre. Bientôt de traits dorés les séparent en section. Douze signes. Douze maisons. Des degrés ponctuent bientôt les graduations du cercle central. Les symboles des planètes fleurissent un par un. Lucius plisse les paupières, passent une main presque machinale dans les cheveux de Narcissa.


- Rappelle-toi. On n’analyse jamais le soleil sans la lune. Ils sont l’échos l’un de l’autre. Le soleil montre le chemin, la lune le tempère.
- Le soleil est ce qu’on sait de soi, ce qu’on montre, la lune ce qu’on ignore, ce qu’on cache.
- Aux autres et à nous-même.


Ses épaules semblent se détendre. Lucius repose son menton sur le sommet de sa tête. Respire l’odeur de son cuir chevelu.


- Donc ici ? Gémeaux, lune en Poissons.
- … je… d’après le manuel de…
- Oublie le manuel.


Il la sent trembler étrangement. L’entendre dire une phrase pareille n’était en effet pas quelque chose auquel quiconque connaissait un peu Lucius pouvait s’attendre.


- Tu as déjà mémorisé tout ça. Elle ne veut pas une interprétation de référence. Elle veut ta lecture. A quoi ça te fait penser ?


Un silence étonné se développe.


- Improvise.


Elle cherche ses mots. Inspire.


- Distinction. Elégance. L’art, aussi. La précision.


Un sourire hésite entre leurs deux bouches. Il pose son front contre sa nuque.


- Bien. Mais n’oublie pas les négatives.


Elle penche la tête vers la gauche, laisse encore quelques secondes passer.


- La dualité. L’hypocrisie. La recherche de la gratification.



Claque, craque, se déchire. Son corps. Les limites. Les muscles tendus, les nerfs crépitants. Les notes éclatent contre le mur. L’air geint entre les mouvements. Le menton relevé, la colonne arquée, les reins solides. La sueur roule en perles luisantes sur son front. Les muscles du torse, des épaules, du dos. Tordus, gonflés, noués, se frottent à la musique, tremblent avec le violoncelle. S’envolent et retombent, sans un bruit au milieu du fracas des cuivres. Les chevilles, les cuisses, le coup de pied. S’étendent, se prolongent, s’étirent jusqu’à la douleur exquise. Jusqu’à la beauté. Les chaussons laissent des traces sur le parquet brut. Ankylosent ses orteils contractés. Tourne, tourne, tourne. Plus vite. Saute, saute, saute. Plus haut. A travers les fenêtres hautes, les rayons passent, rongent sa peau presque bleuâtre. Bordent d’or son corps épuisé. Il a mal. Si mal qu’il ne ressent plus grand-chose. Qu’il n’est plus grand-chose. Il s’est peut-être endormi à un moment. Il ne s’est peut-être jamais réveillé. Comment pourrait-il le savoir ? Fondu dans la chorégraphie, il n’est plus qu’un instrument pour la perfection. Il serre les molaires derrière le sourire. Il fait, il recommence, il continue. La perfection.
C’est tout.



- Ascendant Lion. La personnalité sociale, ce que les autres perçoivent.
- Force. Pouvoir. Contrôle. Charisme. Patience.


Elle hésite une fraction de seconde mais il hoche la tête, encourageant.


- Arrogance. Orgueil. Individualisme. Impose sa vision.


Le marbre contre le marbre. L’acier contre le bois. Les feuilles séchées crissent. Les racines gigotent. Pilon et mortier s’agitent. Le couteau tranche avec précision. La baguette tourne. La mélasse bouillonne. Il ferme les yeux, un sourire sur ses lèvres minces, écoute avec aise le bourdonnement familier de l’infusion. Il y avait toujours un réconfort particulier au cachot exigu qui accueillait le cours de potion. Jamais la lumière n’était trop vive, comme si on lui laissait toute la place pour briller. Il adorait ça. Le deuxième rang, au milieu. Ainsi tout le monde pouvait le voir, dussent-ils se retourner pour fiévreusement le contempler en action. L’envie. L’inquiétude. L’adoration. Lucius ne comprenait sincèrement pas leur difficulté. C’était au-delà du mépris qu’il avait appris à afficher. C’était une incapacité absolue à appréhender qu’on ne puisse pas adorer les préparations. Il y avait quelque chose de merveilleusement apaisant dans les potions. Le fait de suivre la recette, probablement. Que chaque chose soit étiquetée, soigneusement rangée, que tout ait un ordre, un temps, une place. Il suffisait de les aligner, scrupuleusement, d’enchaîner les étapes minutieuses comme on brode un drap de perles. Tout était cohérent. Tout était logique. Et même s’il devait improviser, cela avait un sens. Une explication rationnelle. Une expérience précédente. C’était une chorégraphie pour ses mains. Pour son âme. Et c’était sur ces partitions qu’il s’exerçait le mieux. C’était sur ces symphonies que les applaudissements étaient les plus forts. Il pouvait écraser avec délicatesse, infliger un affront avec un sourire cordial. Il pouvait être le meilleur, se distinguer, sans n’avoir à faire rien de plus que les autres. L’excellence reposante.



Elle pointe un doigt troublé vers la ligne rouge qui s’étend sur tout le diamètre du plus grand des cercles.


- Il est en opposition avec la lune alors j’imagine que ça vient mettre une distance avec les émotions du Poissons ?
- Excellent.


Les feuilles de bananier effleurent ses joues. Ses bottes laissent des traces de boue sur la mosaïque du sol. La moiteur ambiante se colle à sa peau. Une fine pellicule, luisante, fauve. Dans un coin, entre deux fougères disproportionnées, un piano blanc joue seul. Les notes pleuvent une à une, effritent dans l’air tiède un rythme délicat. Des lianes s’agitent paresseusement. Des tiges se courbent pour lui laisser le passage. Arbres et fleurs se meuvent avec la même lenteur, une grâce étrange, hypnotique. Son balai, presque trop grand posé sur l’épaule, érafle quelques écorces. Les plantes frémissent mais, bien dressées, rétractent leurs épines. L’orage s’écrase avec une cadence morne contre les vitraux anciens qui servent de plafond au jardin d’hiver. Plic. Plic. Plic. Entre les vitres piquées de vert, le lierre s’enroule avec minutie, resserre sa prise sur le cuivre vieilli. Il avance jusqu’au buste qui occupe le centre du cercle que dessine les bosquets de la serre. Brutus Malfoy lui adresse un regard appréciateur. Il répond avec le traditionnel hochement de tête et claquement de talons, probablement bien trop solennel pour saluer une statue. Son regard dérive. Sa mère est là. Son large chapeau penché entre les rosiers blancs. Sa robe lavande tâchée de terre. Ses mains gantées de peau de dragon allant des racines qu’elle remue à la cigarette qui se consume tranquillement entre ses lèvres maquillées avec soin. A côté d’elle, l’elfe de maison se tient bien droite, un plateau argenté cache astucieusement sa petite face repoussante, présentant à la sorcière un verre de martini visiblement bien frais. Elle lui adresse un regard à travers la brume de tabac qu’elle vient de recracher. Un sourire se forme, mince. Chez eux, c’est l’équivalent d’un baiser sur le front, en quelque sorte. Comme toujours, elle ressemble un peu à une actrice. L’odeur de la terre perpétuellement assez humide mais pas trop, les ronces qui ne piquent pas, les rosiers qui repoussent peu importe à quel point elle les taillait mal. C’est comme un jeu pour elle, un déguisement qu’elle enfile de temps en temps. Une façon de se persuader qu’elle a autre à faire de ses journées que d’attendre son père. Parmi tant d’autres. Ses gants sont déjà au sol. Un sort a dissous les taches sur ses vêtements. Son collier de perle sort de sa poche et sinue comme serpent jusqu’à son cou pour s’y lover. Quelques pas et ils sont là, elle et son parfum envahissant. Elle lui demande comment était l’entraînement. Replace distraitement les mèches blondes que l’altitude a mises en bataille. La mondaine réapparaît. Son rôle préféré. Celle qui demande et n’écoute pas. Celle qui aime modérément, sourit excessivement, oublie rapidement. La légère, la plaisante, la coquille. Bientôt, elle lui demandera de lui citer quelques plantes de la serre, elle le reprendra sur sa prononciation latine qui est pourtant parfaite, elle le félicitera pour ses leçons, lui demandant alors, alors, as-tu fais de la magie ? Parfois il se disait qu’elle espérait qu’il dise non. Que ça ne vienne jamais. Que ça s’arrête. Une rupture nette et fatale dans leur quotidien. Que le plic, plic, plic devienne crac, boom, pow. Que ça crie, que ça craque, que ça n’aille pas. Pour que ça aille enfin. Elle espérait, et ça ne viendrait pas. Elle le regardera et il la regardera. Il verra dans ces yeux tout ce qu’elle aurait pu être et qu’elle s’efforce de ne pas regretter. Tout ce que l’amour peine à diluer. Elle partirait précipitamment sans doute, vers une nouvelle activité, vers un nouveau mensonge. Le laissant seul avec le piano et les roses. Elle fera semblant d’être heureuse. Il fera semblant de ne pas le voir. La solitude s’éternisera jusqu’à ce qu’il hausse les épaules et se dise qu’il est bien content d’être né homme. Qu’il se dise qu’ils s’aiment et que oui, bien sûr que oui, ça suffit.



- Ensuite ?
- Je vois qu’en maison trois…
- Non.
- Mais…
- Non. Reste concentrée. Planètes puis Maisons.
- Je commence à voir ce qu’ils entendaient par ascendant lion…

Un sourire éclabousse sa bouche.


- Donc. Les planètes du rapport à l’autre. Mercure, Venus et Mars.
- Communication, Amour et Discorde.
- Ici nous avons donc…
- Gémeaux. Bélier. Gémeaux. Communication facile. Toujours le bon mot. Intellectuel. Spontanéité. Apprentissage rapide. Problèmes facilement résolus. Romantisme exprimé nettement. Pour le négatif c’est un peu…
- Synthétise.


Elle fronce les sourcils.


- Besoin de stimulation constante. Trahison. Possessivité. Déconnection à ses instincts.

La porte se ferme doucement. Un sort embrase la petite lampe à huile posée sur le bureau massif. L’obscurité violacée palpite autour de la flamme. Les couleurs des plumes scrupuleusement alignées se mordorent. Les broderies argentées rougoient sur le velours sombre du col de sa cape de soirée. Le nœud papillon penche du même côté que son sourire. L’odeur du gin flotte autour de sa tête avec les bourdonnements des conversations. Il fait craquer doigts et cervicales un par un avant de s’installer cérémonieusement dans le fauteuil à dossier de cuir matelassé. Un mouvement codifié de l’index longe le bord de la table jusqu’à ce que sa main se retrouve parfaitement en vis-à-vis du petit carnet à la reliure de cuir noir. Une perpendiculaire brutale guide sa paume jusqu’au journal, qu’un arc de cercle millimétré l’amène à une distance égale de ses champs de vision. Index. Majeur. Annulaire. Chacun tapote à son tour sur la couverture avant que le pouce ne soit autorisé à rabattre lentement la couverture. Il laisse les pages bruisser tranquillement, chassées trois par trois de l’autre côté de la reliure. Il arrive à la page du jour. Index. Majeur. Annulaire. Il attrape une plume. Non. Peut-être. Sa respiration s’accélère. Hésite. Son cœur tape de plus en plus fort. Non. La repose. Index. Majeur. Annulaire. Il attrape une plume à la pointe affutée, encerclée de cuivre. La plume du soir. Celle qui convenait aux travaux non-académiques qui demandaient néanmoins une écriture soignée. Hoche la tête. Bien. Sa main droite effleure le papier crème. Il inspire. Index. Majeur. Annulaire. Il peut commencer. La pointe se gorge d’encre à la seconde où elle touche le parchemin. Bientôt le silence retrouve toute son ampleur, à peine irrité par le grattement régulier. Les mots jaillissent, cristallisent les souvenirs, en listes et en tableaux. - Deux heures quarante-cinq. - Un sourire satisfait s’établit quand, consultant les heures qu’il avait prévu dans son planning, il peut constater que ses prévisions « 2h45 – 3h00 » étaient bien évidemment respectées. Slughorn infligeait chaque semaine à son sens du détail une sérieuse leçon de laxité, puisque ses petites soirées, une fois l’alcool débouché et les lèvres entrouvertes, se révélaient imprévisibles à toutes organisations rationnelles. Cependant il ne pouvait pas exactement s’estimer déçu. Le Club était tout ce à quoi il avait aspiré à atteindre depuis des années. La reconnaissance de son statut de privilégié, d’homme envié, d’influence. De Malfoy, en somme. L’antichambre de l’extraordinaire. – Sept verres bus, deux d’eau, trois de vin rouge, un whisky, un… - Peut-être deux ? - … deux gins. Approximativement trente grammes de petits fours. – Il avait eu raison de demander, d’ordonner, aux elfes de lui amener une part de tourte avant qu’il n’y aille. La chose la plus consistante que ces assemblées devaient fournir était l’énorme olive qui trônait au fond des verres trop remplis de Slughorn. – Quatre nouveaux Sang-Purs rencontrés, deux russes, un anglais, un gallois. - Le gallois - langue-de-plomb- connaissait son père, ont parlé -d’un stage d’été possible-. Un des russes avait évoqué une - montre - aux propriétés très intéressantes sur laquelle ils ont pu négocier. L’anglais se dit un fidèle ami de Barjow, on - échangé contact -. Ses pensées dérivent d’une page à l’autre, la mémoire vivote. Il s’empresse de noter une découverte choquante : la préfète de Serdaigle est Mêlée et non Bourbe. Comme quoi, le conseil des préfets regagne subitement en qualité de fréquentation. - Une discussion avec le Préfet-en-Chef - qui semble l’apprécier, beaucoup l’apprécier même au vu des regard qu’il a cru apercevoir plus d’une fois au bas de son dos. - Méfiance - mais toujours appréciable d’avoir dans sa poche un supérieur hiérarchique. Il fronce les sourcils, se concentre sur la colonne dédiée aux affaires de la semaine. - Un sachet de pollen de mandragore distribuée à une troisième année. Deux potions transmises à des cinquièmes années. Paiements reçus.- Il retranscrit les sommes, satisfait. Lui restait à négocier par lettre pour la fameuse montre, discuter avec cet abruti de Poufsouffle qui pensait pouvoir lui faire payer deux fois la valeur d’une poupée vaudou sous prétexte qu’elle appartenait à sa grand-mère et qu’il avait vraiment, vraiment !, besoin d’argent. Pathétique. Une potion d’hypertrophie musculaire mijote pour l’équipe de quidditch, il devrait l’épurer le lendemain avant midi. La planification des rondes de Mai des préfets doit aussi être mise à jour. Il fera ça vendredi en voyant Aymeric. Et il s’assurerait de laisser ses avant-bras apparents et de serrer un peu plus sa ceinture pour s’assurer d’avoir les heures les plus plaisantes de l’horaire. Majeur. Index. Annulaire. Il tourne la page. Colonne intitulée Elle. - Deux main dans la main. Une danse. Une main autour de la taille. Un baiser échangé sur le petit balcon. - Ils devraient être en mesure d’en échanger un à la bibliothèque la semaine prochaine, dans une session d’étude de groupe. Et une semaine après, ça serait le grand pivot avec le petit-déjeuner partagé et le baiser dans la Grande Salle, à la vue de tous. Officiel. Cérémonial. Chorégraphié. Il y avait ce bijoutier français à qui il devait répondre pour le collier. Il lui manquait encore cinq cents gallions. Entre ses investissements et ses échanges, il arriverait bien à trouver ça. Il ne pouvait pas décemment le demander à ses parents. A son père. Il était bien trop âpre à vérifier chaque dépense des quinze gallions qui lui étaient aloués par semaine et c’était en partie pour cela que Lucius avait commencé à toutes les consigner dans son petit carnet, appliquant par la suite le même procédé à sa petite entreprise lucrative à mesure qu’elle s’est développée. Il trouverait bien un moyen. Il savait que ça lui plai… Une rature. Au milieu des déliés et des pleins soigneusement étendus sur les lignes du carnet. Pâleur. Une tâche. Sa gorge se noue. Un trou noir. Il tente de respirer mais l’apnée est déjà là. Les couleuvres glacées rampent déjà dans ses intestins. Les insectes invisibles mordillent déjà son dos, son cou, le lobe de ses oreilles. Il ferme les yeux. Sa salive a quitté sa bouche. Il se déteste. Ca ne marche pas. Il se déteste. Ca ne marche pas. Il se déteste. Il ferme les poings. Annulaire. Majeur. Index. Il referme le carnet. Annulaire. Majeur. Index. Il le remet à sa place, rapidement, précisément. Sa main lui semble brûlée. Son cœur se calme enfin. Il déglutit. La respiration s’attarde. Le bourdonnement contre son crâne aussi.
Il ne dormira pas. Encore.



- Les planètes associées au destin, parle-moi de chacune.
- Jupiter. Le potentiel. La chance. L’honneur. L’ambition.
- En Gémeaux ?
- Neutralité. Toujours cet aspect important de l’intellect. L’information, à la fois académique mais aussi dans les rapports aux autres. L’ascension par la connaissance, la reconnaissance sociale aussi. Difficulté à laisser passer des opportunités, tendance à vouloir l’avantage de tout en même temps. Inspire les autres sans parvenir à trouver de l’inspiration chez eux.


Les joues rougies. Le souffle court. Ses bottes clapotent dans la boue épaisse, les semelles agrippées par l’herbe noyée. Il tapote l’encolure sombre du cheval ailé dont les nasaux fument presque, laissant un serviteur quelconque s’occuper de l’emmener vers les boxes dédiés pour le nettoyer. Le soleil rôti la foule. Crépon pastel et chapeau tressé frémissent sous le vent sec. Fort heureusement, son onguent anti-transpiration maison se révélait à toute épreuve. Il s’empresse de remettre en place ses cheveux que l’altitude à ébouriffés. Ses pectoraux saillent, son pas est déterminé à travers le terrain. Les lignes de chaux blanche morcelées par les traces de sabots se succèdent. Des fillettes pouffent sur son chemin. Des regards de tous genres s’arrêtent sur lui. Magnétisme qu’il cultive. Il s’en gave, jusqu’à l’écoeurement. Calculer, anticiper, exploiter. Jusqu’à l’attention. Le Polo à dos d’abraxas avait toujours été un art plus qu’un sport. Une représentation qu’un effort. Une bouteille d’eau glacée dans la main. Il se dirige vers la table ronde où les Black sont attablés, son siège évidemment préparé aux côtés de Cissy. Nappe blanche. Roses roses. Couverts luisants. Baisemain aux femmes. Poignées aux hommes. Ca sent le cigare et l’or. Elle porte une robe bleu pâle. Elle est si belle qu’il sent sa tête tourner, qu’il dévie les yeux. Il n’a pas l’habitude. Parfois il oublie qu’elle peut porter autre chose que la robe sombre et la cravate verte de Poudlard. Il s’assoit nonchalamment, répond laconiquement aux questions sur le jeu et l’équipe a succédé à la sienne sur le terrain. Une certaine tension flotte en relent des babillages. Le problème n’a même pas besoin d’être nommé pour être identifié. Bellatrix tire la gueule. Ou peut-être pas. C’est toujours assez compliqué à déterminer. Il attrape la main de Narcissa. Ca va ? Elle quitte un instant son air préoccupé pour lui adresser un petit mouvement vif des épaules. Ca va. Il attrape un raisin dans l’assiette de porcelaine qu’elle n’a pas touché. Laisse son regard se promener sur ses presque beaux-parents. Andromeda est absente. Ce n’était pas très difficile à remarquer, compte-tenu du fait que les sœurs Black étaient par définition par trois ou pas du tout, et ce depuis toujours. Paraîtrait-il qu’elle a une bonne excuse. C’est ce que la mère s’empresse de grincer. Personne ne le dit franchement mais tout le monde sait qu’il n’y a jamais d’excuse assez bonne pour esquiver une réception des Black. C’est à chaque fois un évènement social autant qu’une chance. Rencontrer les bonnes personnes. Donner la bonne image. Savoir qui sont les amis de qui. C’était aussi vital que stratégique dans la grande guerre psychologique que les Familles jouaient dans leurs bastions de politesse et de maniérisme. Andromeda avait un statut de princesse dans le monde des Purs, et si cela lui apportait un lot non-négligeable d’avantages, lui incombait aussi des engagements que Lucius lui-même pouvait se permettre de lui reprocher de ne pas tenir. Le système n’était pas parfait. Mais il était nécessaire. Pour eux. Pour tous ceux et celles d’avant, tous ceux et celles d’après. Le peu de Bien qu’il restait dans la société corrompue et décadente qu’on tentait d’imposer au monde sorcier. Après tout, ses parents se sont mariés par « intérêt », et l’ont eu, lui. La preuve en était que le procédé laissait place à des merveilles. Son pouce dessine des ronds dans la paume de Cissy. Sans ce système il ne serait pas là. Ils ne seraient pas là Une poupée de porcelaine. Belle pour pouvoir être montrée partout, assez intelligente pour ne pas l’embarrasser. Pas assez brillante pour lui faire de l’ombre. Ou du moins c’était ce qu’il se répétait quand il se surprenait à être un peu trop ébloui. Ils se sont trouvés, se sont assemblés, peu importe bien la méthode. A la table les éclats de voix monotones se sont réduits à des murmures plus concernés. On parle de changement. On parle d’espoir. On parle de ce qu’il faudra. On parle et on le regarde du coin de l’œil. On vérifie qu’il sait, qu’il sera là, lui aussi, pour tout ça. Oh oui. Il sait. Oh oui. Il sera là. Mais pour l’heure, il est là. Pour l’heure, il la regarde et Narcissa est tout ce qu’il lui faut.



- Et Saturne ?
- Les restrictions, les obstacles qui se présentent et qu’on doit apprendre à dépasser.
- « Je le fais pour ton propre bien ».
- La crise de la cinquantaine. Comment atteindre la perfection, la souffrance qui amène le mieux. Nos limites.
- Ici en Balance.
- Raffiné. Diplomate. Coopération. Tact.
Leur regard se croisent, s’entrechoquent.
- Complexe d’infériorité. Besoin de stabilité. De réassurance. Apparences très importantes dans les relations. Recherche de quelque chose qui vient d’ailleurs, quelque chose d’externe pour définir l’intérieur. D’un appui.


Accio. Un grognement vrombit entre les vapeurs tapageuses. Ses sourcils froncés, son index massent vigoureusement l’espace rougi entre les deux sœurs velues. La larme au coin de son œil droit s’estompe bien vite dans les éclaboussures de mousse. Un geste las rejette sur sa serviette soigneusement pliée sa baguette alors que les poils blonds arrachés disparaissent dans les tumultes du bain. Quelques brasses, la tête immergée. Le poids écrasant. Devant. Derrière. Sur les côtés. En dessous, les ombres bleutées. Au-dessus, la mosaïque de lumière. C’est beau. Simplement beau. Des bulles s’échappent au coin de ses lèvres, gouttes de mercure, prières humides. Il se laisse couler au fond. Ecoute le silence. Un peu trop longtemps. Quand même pas assez. Tout se mêle dans le flou aquatique. Le regard d’Abraxas sous ses sourcils épais. Le sang des Vingt-Huit qui empourprait la Salle Commune. Les chaussures qu’il avait dû apprendre à cirer lui-même. Les ronds de fumée de sa mère. Les plumes qu’il alignait, les blanches avec les blanches, les grises avec les grises, de la plus pointue à la plus large, de droite à gauche, de droite à gauche. L’odeur épicée du chaudron qui bruisse. Les muscles qu’il observait saillir dans le miroir. Que d’autres observaient aussi. Les sourires faux, les rires forcés. Le badge de préfet qu’il pouvait presque encore sentir sur son torse nu. Le prénom qui se marmonnait au cachot comme au manoir, tout bas, trop bas pour ne pas y faire attention. Narcissa. Et puis la stupeur. La montée. Le goût âcre sur la bouche. Le mouvement des hanches. Le poids de son corps. Siffle. Crachote. Tambourine. Il laisse tout au fond. Une dernière poussée. S’extirpe avec férocité. Un dernier effort. L’ascension. L’explosion. L’oxygène. Un ricanement liquide se mêle à la toux. Des taches de couleurs dansent sous ses yeux. Les vaguelettes le giflent tranquillement. La baignoire relâche son étreinte. Il va du centre aux bords, se laisse porter par les flots désinvoltes. Les miroirs du plafond envahissent son regard. Son sourire presque trop éclatant s’y reflète. Son visage a retrouvé sa symétrie excessive. Une bonne chose de faite. Reste tout le reste. Bientôt le gant de crin est dans sa main, le savon dégouline dessus. Il frotte, frotte, frotte. Bras, côtes, mains, fesses, jambes, cuisses. Sa peau rosit, rougit, chauffe. Se strie des marques que laissent les picots. Les muscles congestionnés. Les épaules contractées. Le dos noué. Ca pique. Ca brûle. Il continue, encore et encore. Retirer la boue, les insectes, les germes. Déloger les pensées, les plumes, les numéros de pages. Un peu de sang au creux du coude, disparu dans les tumultes colorés. Il doit arrêter. Il continue. Gratte, gratte, gratte. Plus loin, plus fort, plus efficace. Mieux, toujours mieux, toujours meilleur. Son front plissé, ses lèvres mordues. Ca fait mal, mal, mal. Il pense aux regards. A son regard. Il se concentre sur le bruit des jets qui martyrisent inlassablement la surface. Tap, tap, tap. Il apprécie la régularité. Se laisse aller sur la cadence. Oublie le gant que les abysses ont déjà aspiré. Il ferme les yeux, inspire les parfums assommants. Il est contre le bord carrelé, assis sur une des marches de marbres. S’enfonce dans l’eau brûlante, vertèbre par vertèbre, jusqu’à la tête, jusqu’aux idées. Les bulles frétillent entre ses cheveux délavés. Expire, expire, expire. Ses bras étendus sur le rebord, la tête rejetée en arrière. Les robinets se coupent. Les gouttes se succèdent. Ses nerfs s’endorment. « Tu ne devrais pas être là » Son ton est mesuré. Un sourire tord un peu ses lèvres. Elle se fige. Mais évidemment qu’elle est là. Il lui fait un signe du menton. Elle referme la porte. Et son verrou.



- Les planètes générationnelles.
- Uranus. L’évolution, le changement, la conscience supérieure. Neptune, les illusions, l’incompréhensible, l’inconditionnel. Pluton. L’occulte, les mystères, les compulsions.
- Cancer. Balance. Lion.
- Intuition. Le besoin d’un groupe pour évoluer. Difficulté à croire en ses propres choix sans approbation. Principe d’adaptation. La cherche de l’harmonie dans l’irréel, dans l’absurde. La notion de sacrifice…


Ils avaient ricané. Ses amis. Ses admirateurs. Ces créatures. Un long rire guttural, l’expression d’un sarcasme qui ne se donnait même pas la peine d’incarner des mots. Dès qu’ils avaient vu le tableau des paris. Cent contre un. Cinq gallions aussi audacieux qu’anonyme. Evidemment que c’était anonyme. Il était beau. Talentueux. Parfait. Il était Lucius. Personne ne pariait jamais contre Lucius. Personne n’aurait oser parier contre Lucius. Oui, ils avaient ri. Avant le craquement, avant le silence. Avant le regard vénéneux. Avant que Bellatrix n’ait sorti sa baguette, que les maléfices ne soient sortis. Que son visage ne claque contre le bois de l’estrade. Que les os se fendent, que la chair se tuméfie. L’image de la sorcière se superpose à celle de son père. Le mépris qui ne fait même pas semblant d’être de la déception. Oui ils ont ri. Puis ils se sont tus. Ils sont venus le ramasser, tout de même. Maladroits, sans trop savoir quoi faire. Encore moins comment. Ils ont quand même salué l’autre, par respect autant que par peur. Son corps disloqué avait été prudemment transporté à l’infirmerie. Les murmures scandalisés s’amplifiant le long des couloirs. Ils ont ri. Mais maintenant c’est à son tour. Sous le blanc stérile et le bleu ecchymose, il persifle. Entre les drogues et le sommeil, il jubile. Après tout, il vient de gagner cinq cent gallions.




- …L’amour de l’art, de l’inconventionnel, de ce qu’il y a dans l’obscurité. Principe d’indécision. L’attention tournée vers ce qui peut toucher personnellement. Capacité de se réinventer, qui amène une instabilité quant à la nature profonde. Le principe de transformation.


Le cheminée qui l’engouffre. Les flammes qui verdissent. Ici. Là-bas. Ailleurs déjà. Un geste théâtral. La cendre éparpillée. La démarche travaillée. Le talon luisant contre le marbre veiné. Fondu dans la masse. Sourires jubilatoires et bien trop sérieux. Absorbé par la foule. Il tangue avec délectation vers le monde adulte. Premier jour de boulot. Sur son col haut, le parfum qu’elle lui a offert à ses dix-sept ans disperse des encouragements. Il vibre déjà à la même cadence que le monstre boursoufflé et tentaculaire qu’est le Ministère. D’une même respiration. Il s’enfonce dans ses entrailles. Ses yeux brillent des secrets à dépouiller. Des objets à comprendre. Des histoires à écrire. Ses doigts pianotent au bord de ses manches. Bientôt il saurait. Bientôt il serait. Quelqu’un. Quelque chose. Déjà il sait. Déjà il est. A sa place.



- Tu vois que tu sais !

Elle se serre, omoplates contre pectoraux. Leurs respirations s’alignent. Devant eux, le parchemin est noirci de phrases, le dessin flamboie d’annotations colorées. Un informulé amène la flasque droit dans sa main, il la tend à la jeune femme avec un air de défi.

- On passe aux Maisons ?


La Black hoche péniblement la tête, bien que visiblement épuisée, et se rassasie de potion.


- Quelle est la différence entre les maisons et les planètes ?
- Les maisons se tournent beaucoup plus vers notre vie alors que les planètes se tournent vers nous. Nos signes planétaires nous informent sur la personnalité propre alors que les signes en maison vont influer sur le chemin de vie, sur les actions plus que les motifs.
- Parfait. Tu dois donc faire un calcul spécifique.
- Ah bon ?
- Oui. Tu ne t’intéresses qu’aux maisons qui ont des planètes en vis-à-vis, les maisons vides ont un impact moindre.

Un claquement de doigt fait disparaître les inscriptions de cinq maisons sur le devoir.


- Tu peux également oublier les maisons dans lesquelles les signes planétaires ne concordent pas au signe qui les habitent. Les influences s’annulent.


Nouveau claquement des doigts. Air éberlué de Narcissa face aux cinq maisons survivantes.


- De plus, tu ne t’intéresses vraiment qu’à la première, la quatrième, la septième et la dixième. Ce qui nous laisse.


Dernier craquement des articulations. Une dernière maison s’est finalement effacée.


- Tu viens vraiment de…
- Oui. Allez, ne perds pas de temps, on a déjà fait la première avec l’ascendant. Maison quatre.
- Le foyer et la famille.
- Saturne et Neptune, en Balance donc.
- Un rapport fondamental à la famille. Aux ancêtres et aux successeurs. Un effet miroir sur le couple futur. Encore un rapport entre l’image et l’intérieur. Un rapport de comparaison aux autres. Neptune a tendance à jeter de l’ombre sur un des parents, par contre. Mélancolie, puisque Saturne est conjointe.


« She is pretty. She sounds nice. She is smart. Smart enough to not show it too brightly. She is a Black. She is everything. » Une vapeur de tabac ponctue la phrase. « She is worthy of you. » Les mains décharnées ajustent le nœud papillon crème. « Of us. » Derrière ses lunettes fumées, elle le regarde durement, son accent russe crachote les mots. « Are you sure this is what you want, Lucius ? » « What do you…» « You know what I mean. This is your life. And hers. » C’était elle. Le timbre grailleux, le port irréprochable. Mais il avait l’impression de n’avoir jamais entendu cette voix. « Just like it was your father’s and mine. » Son souffle se raccourcit. Ses ongles cliquent entre les plis de son costume. «Yes, I am sure. Mother. » Ca s’était éteint. Evincé. Comme un remord qu’on oublie. C’était la première fois qu’il la voyait, cette femme, derrière les masques, derrière les rôles. Cette inconnue étrange glissée dans les bijoux et les robes de Madame Malfoy. « Well.» Celle qui espérait. Qui venait, en quelque sorte, de mourir devant lui. « Goodluck, mon chéri. »



- Le Milieu du Ciel, la dixième. La carrière, la réputation, le chemin du succès.
- En Vénus en Bélier du coup. La fin justifie les moyens. Ambition sociale et professionnelle. Diplomatie, encore. Epanouissement. Grandeur.


La nuit a englouti les couleurs et les conversations. Le feu crépite. L’heure est suspendue, quelque part entre la nuit et le matin. Dans l’immense fauteuil qui fait face à la cheminée, le visage enfoncé dans le cuir brillant, Lucius ronfle doucement. Sur le sol, un chat est étendu entre une dissertation beaucoup trop longue sur l’utilisation de catalyseur thermique dans la préparation de l’Amortentia et quatre grimoires aux épaisseurs diverses. Sur les tables et les poufs, il y a des restes du petit-déjeuner qu’il a amené dans la salle commune le matin-même. Ou plutôt fait amener. Mais la précision est-elle bien nécessaire puisque c’est de toute façon lui qu’on a chaudement remercié pour cette attention ? Un sourire s’esquisse dans ses rêves. « Sir Malfoy ». Le ton est grave, tremblant. Il ne corrige pas. Se contente de bailler longuement en se redressant avec lenteur. Pourquoi donc refuser une marque de déférence d’un inférieur quand il est si prompt à admettre sa place dans le monde ? Son œil encore embué de rêveries se pose, à peine étonné, sur la créature chétive qui tente péniblement de retenir ses lunettes inexorablement attirées vers le bout de son nez imposant. Terry. Il fronce les sourcils. Tori ? Ses lèvres tressaillent. Dereck ? Paupières plissées. Non. Décidément ça ne lui revient pas. Oh et puis pourquoi s’embarrassait-il de pensées aussi encombrantes. Ce n’était pas comme si il avait foncièrement besoin de lui adresser la parole. Il arrache des doigts courts le rouleau qu’ils lui tendent. Sa traduction de runes. Bien. Il la parcourt rapidement, ne détecte aucune erreur du premier coup d’œil. Ca n’avait pas l’air bien compliqué, une fois terminée. Il aurait pu la faire, bien évidemment. La question ne résidait jamais en termes de compétences mais bien de nécessité. Envie, temps, besoin. Trois paramètres rarement alignés dans son calendrier. Il avait bien dû y trouver une solution à cette épineuse situation. Et puis les sang-mêlés devaient bien se trouver une utilité. Le désoeuvrement faisaient d’eux des cibles bien trop faciles pour le beau monde de la salle commune. Si Malfoy n’était certainement pas le premier à s’interposer lorsque des séances de divertissement collectif se mettait en place aux dépends des parasites, il devait bien s’admettre peiné de voir une main d’œuvre si prometteuse gâchée de la sorte. Les Mêlés restaient à moitié sauvés de la corruption. Il leur offrait l’expiation en quelque sorte. Ce petit arrangement les gratifiait parfois de pourboire et souvent de protection. Une place. Parmi eux. Ou plutôt sous eux. Mais pouvaient-ils concrètement espérer quoique ce soit d’autre ? Non. Bien sûr que non. Soupir. L’autre veut ouvrir la bouche à nouveau. Qu’importe. Lucius l’intime au silence, désigne du menton le félin qu’il ne faut pas déranger. Une plume inscrit déjà son nom au-dessus de l’en-tête. Un mouvement de la main libre le congédie. On le rappellera, s’il se tient bien.



Elle cherche la maison sept, un peu perdue.

- Attends pourquoi la onze… tu as dit qu’on ne s’intéressait qu’à…
- Regarde mieux.

Elle se rapproche de la carte en lévitation et ses pupilles se dilatent soudainement.

- Oh.
- Oui. Un stellium dans la maison onze, en gémeaux.
- Un stellium ?

Elle semble dubitative.Elle n’aime définitivement pas la divination.

- Quatre planètes associées dans une même maison. C’est une des plus grosses influences qu’une carte astrale peut avoir, d’où le fait qu’elle ait été conservée malgré le calcul éliminatoire des maisons. En Gémeaux, ça correspond à la notion de fascination pour l’inconnu. Beaucoup de médicomage, de religieux, vont se retrouver sous ce stellium.
- Ah. Et donc ? La onze est la maison de l’amitié, de l’interaction, la façon dont on se fond dans une structure collective…
- La recherche du contrôle au-dessus de ce qui est incontrôlable. Ensemble. La grandeur atteinte avec les autres, l’excellence dans le système. L’accessibilité à ce qui est plus grand. Plus important. La transcendance dans le groupe.


Un, deux, dix, milles. Les visages croisés. Les noms échangés. Les adresses marmonnées. Le Club. La Salle Commune. Les Salons des Purs. Les bals. Les boutiques étroites. Autant de répétitions pour cette grande première. Dans les masques et les costumes, c’est peut-être la première fois qu’ils se voient vraiment. Qu’ils se comprennent. Tous pour lui, lui pour tous. Les ombres d’une même nuit. Les mouvements d’une même chorégraphie. Un art délectable, qui vous saisit aux veines, vous mord au cœur. Il n’est plus lui. Il est bien plus que ça. Sous le fer gravé, les yeux sont humides. Ils appellent ça une cérémonie noire. Mais il n’a jamais rien vu de plus lumineux. De plus parfait.



Elle détourne un instant le regard alors que sa voix se charge d’excitation. Lentement, elle dépose un baiser sur le coin de sa bouche. Il laisse ses pensées se promener encore un peu puis le lui rend avec douceur. Il secoue sa tête blonde, reprend le fil.

- Très bien. N’oublie pas les astéroïdes. Ca t’apporte toujours des points bonus.
- Lilith. L’énergie négative. Ce qu’il y a de purement mauvais en nous. L’énergie de destruction.
- En Vierge ?
- La critique de soi-même poussée à l’extrême. La perte d’harmonie. Les peurs irrationnelles. Le doute constant, incontrôlable.



Minuit passé depuis bien longtemps. Debout. Une, deux, trois. Un, deux, trois. Un, deux, trois. Les livres replacés, arrachés, réalignés. Alphabétique. Auteurs. Titres. Reliure. Thème. Les dossiers. Dates. Sujets. Il faut que ça soit parfait. Il n’arrive pas à dormir. Il n’arrive plus. Tape, tape, tape contre son crâne. Gauche. Droite. Les heures s’étiolent. Les larmes roulent sur ses pommettes. Ca ne marche pas. Ca ne marche pas. Ca ne marche pas. Derrière sa moustache et sa barbe, il le regarde. Dans l’encadrement de la porte, sa silhouette découpée par la lueur orangée des lampes à huile du couloir. Il ne l’aide pas. Il ne le comprend pas. C’est ça. Depuis toujours. Ou en tout cas suffisamment longtemps pour que pas une semaine n’illustre. Avant il le giflait. Avant il l’embrassait. Avant il y croyait encore. A présent il attend. Que ça passe, comme un nuage dans le ciel de Londres. Un de plus, un de moins. A présent ils attendent.


- Junon. Le mariage.
- En Verseau ?
- Relation entre le social et l’intime, une relation en réseau, le tronc d’une espèce d’arborescence.


Le matelas se déforme. Les baldaquins ruissellent de pétales. Se perdent dans ses cheveux longs. L’odeur douceâtre. Des roses sans épines. Un blanc presque un peu rose. Créée pour elle, par lui. Dans les serres du manoir. Un cadeau suffisamment unique. Suffisamment elle. Leurs lèvres se touchent. Elles ont encore le goût du champagne et des vœux. Le tissu déchiré. La taille agrippée. Tendre et tiède. Le rire. Les langues. Les goûts. La nuit s’écroule subitement sur eux. Ils sont plus que l’un contre l’autre. Plus que l’un dans l’autre. Ils sont une continuité. Un tout. Leurs peaux se confondent, sans début ni fin. Sans limites ni ruptures. Leurs expirations mélangées. Leurs vies intriquées. Jusqu’à ce que la mort les sépare.



- Ceres. L’affect tourné vers les autres. En Cancer ici donc. Le besoin d’établir une forme de système, d’efficacité, autours des siens. D’étendre un même principe au clan. Un sentiment de fusion.


Escaliers bruyants. Couloirs venteux. Portraits impassibles. Des yeux globuleux s’abaissent, des nuques se tendent. Le journal bruisse dans sa main. La chevalière reluit à son majeur. La fatigue rougit encore le bout de ses oreilles. Le petit salon se développe tout autour de lui. Nuages gris. Café noir. Caleçon blanc. La langue claque, les doigts aussi. Porte-fenêtre ouverte, débouche sur la terrasse, surplombe le jardin. L’odeur de fer mouillé succède à celles des bûches refroidies. Peignoir de soie. Chant des oiseaux. Cigarette fraîche. Il s’installe. Ne regarde même pas le petit-déjeuner apparaître. Plonge dans les informations avec une dévotion excessive. Il s’étend, s’étire, s’étale. Satisfait. La cérémonie du lever. Héritage d’une époque où les Malfoy étaient probablement encore les Malefoi. D’abord ça serait les actualités locales, puis les internationales. Suivraient la culture, la météo et la mode masculine, mais seulement quand les croissants seraient prêts. Il mettrait un peu de musique, accorderait du temps au courrier. Il attend avec le plus grand intérêt une livraison de têtes réduites aux propriétés prometteuses. Narcissa lui a assuré qu’elle se chargerait des détails techniques, mais il aimait garder un œil sur ce genre de transaction. De toute façon, elle ne serait pas descendue avant encore une heure. Elle aura son air apaisé, la pointe de ses cheveux encore un peu humide. Ils échangeront un baiser, il lui demandera ce qu’elle a prévu pour la journée, n’écoutera qu’à moitié. Il entamera quelques pas de danses avec elle, si le tourne-disque est encore allumé. Un tango peut-être. Il avait déjà proposé une valse la veille. Il se devait de continuer à la surprendre. Selon toute logique, ils n’auraient l’enfant que dans un an. Un garçon, bien entendu. Ils avaient donc encore tout le loisir de savourer leur liberté toute neuve. De laisser la passion pépier dès les premières heures du jour. Il boit une gorgée amère, tente de rester sur ce chemin de pensées plus qu’agréables. Il n’y arrive pas. Sous la lourde montre, la marque le dérange. Il ne la voit pas, il ne la sent pas. Mais elle est là. Il a beau se concentrer sur le dernier décret ministériel sur la chasse aux chimères, elle semble presque brûlante. L’interruption dans l’immaculé. L’asymétrie sur la nudité. Ses veines sinuent entre les traits comme des vipères aveugles. Il se rappelle que c’est par là que passe la perfection. Que c’est un privilège, la trace de la grandeur. Et pourtant. Tandis qu’il regarde l’horizon poisseux, entre les vapeurs de café et de tabac, il sent sa gorge se nouer. Son cœur augmenter en cadence. La sueur perler le long de son dos. Il pense à elle, se dit que ça va passer. Se dit que ça passe toujours. Que ce n’est qu’un aujourd’hui qui deviendra un demain de plus. Qu’ils survivraient, qu’il survivra. Qu’il n’aura plus à faire semblant bien longtemps. Que ça s’arrêtera, un jour. Vraiment. La peur.



Le silence revient. Les dessins cessent leurs danses lancinantes.
Enfin.
Ils ne bougent pas.
Restent là, muets et fatigués devant le parchemin imbibé d’encre.
Comme un peu essoufflés.

- Merci.

Ils ne savent pas lequel des deux l’a dit à l’autre.
Ca a résonné, de part et d’autre.
Main dans la main.
Cœur dans le cœur.
Ils reviennent sur terre, se réveillent, se reprennent.
La nuit se délite alors que la moue hésitante de Cissy tourne vers lui son interrogation.

- Dis. Lucius. Tu crois qu’un jour… si tu as le temps… on pourra… Tu sais…

Non il ne sait pas. Mais il lui laisse gagner du temps.

- On pourra faire… hé bien… de… la synastrie ?

La compatibilité des cartes astrales.
L’astrologie amoureuse.
Il glisse ses bras autour d’elle, approche sa bouche de son oreille.

- Ma chérie.

Il prenait toujours un accent français sifflant quand il s’adressait à elle.
Quand il voulait lui parler.

- Quoique que les étoiles disent. Nous serons quelque chose.

Le baiser qui suivit devait servir à les convaincre que cette phrase ne serait-ce qu’un peu de sens.

Qu’ils lui en donneraient un.


Dernière édition par Lucius Malfoy le Mer 31 Jan - 15:07, édité 1 fois
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Kieran Walsh
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 14:54

Luciiiuuuuus :cutie: J'ai tellement entendu parler de ton arrivée et de la fiche que tu avais rédigé pour Andromeda que je ne suis qu'impatience de te lire :like:
Bienvenue parmi nous & bonne chance pour la rédaction de la fichette :l:


† And if you whisper like that...  if you want me like this, and if you need me like that, it was dead long ago but it's all coming back to me, it's so hard to resist and it's all coming back to me, I can barely recall and it's all coming back to me now
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Lucius Malfoy
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 15:18

PEUT-ON.

PARLER.

DE CILLIAN MURPHY ?  :chou:  :chou:  :chou:  (bon je vois qu'il y a l'autre mal coiffée cachée derrière ce faciès :y: )

Je vois que les rumeurs vont vite  

Du coup j'ai la pression, merci pas merci (je rigole)(c'est adorable)(omg)(merci :meep: )(j'espère vraiment pas décevoir du coup :lmao: )
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Narcissa Malfoy
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 15:47

my love :cutie: cette fiche :cutie: ce fut long mais bon :face:

hâaate qu'on RP :l:
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Elena Yaxley
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 16:16

Goooooosh cette fiche :cutie: C'est magique, j'adore, je kfqemzkfezmkfm
Bienvenue ! :red:


† When my family thinks hhat I'm safe in my bed, from night until morning, I am stretched at your head. Do you remember the night we were lost in the shade of the blackthorn and the chill of the frost.
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Ted Tonks
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 16:18

Mon beauf à la chevelure d'enfeeer :arrow:

Trève de taquineries, bienvenue chez nous et j'espère que tu te plairas ici ! ♥️



Spoiler:
 
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Antonin Dolohov
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 16:54

Omg cette fiche :red: :red: et ce personnage :fire:
Bienvenue :plz:

:morsmordre:


lost in the darkness.
We find delight in the most loathsome things.


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avatarInvité
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 17:25

Bienvenue :)
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Andromeda Tonks
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 18:28

Bienvenuuuue :cutie:
Ici l'usurpatrice :l:, et aussi ta belle soeur qui te déteste cordialement (quoi que pas toujours très cordialement!) :l:


comfortably numb
There is no pain you are receding. A distant ship's smoke on the horizon. You are only coming through in waves. Your lips move. But I can't hear what you're saying

(c) Myuu.BANG!
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Dorcas Meadowes
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 18:31

bienvenue parmi nouuuus :cutie:


(i wanna hold your hand)
now we're picking fights and slamming doors, magnifying all our flaws, and i wonder why, wonder what for, why we keep coming back for more? is it just our bodies? are we both losing our minds? is the only reason you're holding me tonight 'cause we're scared to be lonely? do we need somebody just to feel like we're alright? is the only reason you're holding me tonight?
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Lucius Malfoy
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Mer 31 Jan - 19:04

@Narcissa Malfoy a écrit:
my love :cutie: cette fiche :cutie: ce fut long mais bon :face:

hâaate qu'on RP :l:

darling  :y:  :russe:  :gneheh:

de même, vous reprendrez bien un peu de dramalfoy  


@Elena Yaxley a écrit:
Goooooosh cette fiche :cutie: C'est magique, j'adore, je kfqemzkfezmkfm
Bienvenue ! :red:

HAN MERCI TELLEMENT  :pipi: Surtout que j'ai eu l'occasion d'un peu stalker  :y: et Elena est SI COOL OHALALA  :cutie: (même si on te voit two faced bitch  :wut: )


@Ted Tonks a écrit:
Mon beauf à la chevelure d'enfeeer :arrow:

Trève de taquineries, bienvenue chez nous et j'espère que tu te plairas ici ! ♥️

Ah. La bestiole d'Andromeda.  :roll:

Pas. Touche. Aux. Cheveux.  :fire:  (j'ai lu une certaine intrigue et ew  :hmf: il va finir manchot ce gosse  :wut: )

Mais merci  :ho: (t'es beau quand même :y: )(je vous ship au max du max mais shhhh  :russe: )


@Antonin Dolohov a écrit:
Omg cette fiche :red: :red: et ce personnage :fire:
Bienvenue :plz:

:morsmordre:

:morsmordre:

Merci  :cute: J'adore comment tu joues Dolohov  :sad: Grave de charisme sous cette blondeur  :red:


Alecto N. Carrow a écrit:
Bienvenue :)

;)


(jme dégoute)


@Andromeda Tonks a écrit:
Bienvenuuuue :cutie:
Ici l'usurpatrice :l:, et aussi ta belle soeur qui te déteste cordialement (quoi que pas toujours très cordialement!) :l:

T'es si belle et si fierce :chou: :meep: J'te hais :niark:


@Dorcas Meadowes a écrit:
bienvenue parmi nouuuus :cutie:

Merciii :cutie: (Nathalie :bleh: )
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Severus Snape
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Jeu 1 Fév - 15:25

ENFIN !
J'y croyais plus, à force ! :poop: Et puis cette fiche est d'une beauuu-téééee :sirius:

Bienvenue :russe: !


i'm the shadow
behind the sun.



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Kieran Walsh
MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   Jeu 1 Fév - 18:21

Fiche Validée !

Ta fiche est parfaite, et très bien écrite :red: J'en viendrai presque à regretter de devoir te mépriser avec Bella, dis donc :arrow: J'ai dit PRESQUE :arrow: Have fuuuun :l:

Maintenant que le plus dur est passé, voici quelques conseils pour poser tes valises sur le forum. Je t'invite dans un premier temps à aller recenser ton avatar dans le registre maintenant qu'il est validé. N'oublie pas non plus de te familiariser avec le système des points et à aller lire les annexes si ce n'est déjà fait.

Tu peux également et dès à présenter ouvrir ta fiche de liens et créer jusqu'à trois scénarios si tu en as besoin. Si tu as encore la moindre question à propos du forum, je suis toujours disponible par mp. Et, bien évidemment, la chatbox et le flood sont à ta disposition de jour comme de nuit !

Bon jeu sur FLOO POWDER !  :cute:  


† And if you whisper like that...  if you want me like this, and if you need me like that, it was dead long ago but it's all coming back to me, it's so hard to resist and it's all coming back to me, I can barely recall and it's all coming back to me now
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MessageSujet: Re: Lucius ⨂ Happiness is expensive   

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Lucius ⨂ Happiness is expensive
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