Hyde and seek

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Cassandra V. Ledoux
MessageSujet: Hyde and seek    Ven 2 Mar - 15:50

Pour la première fois depuis que je vivais en Angleterre, le mois de Mars s’annonçait doux et lumineux. Eydis et moi passions le plus clair de notre temps libre dans le jardin, la fillette sur sa balançoire, et moi dans mon jardin de plantes aromatiques qui peinaient à pousser correctement. Je ne me souvenais même plus du goût du basilique ni du romarin, depuis mon expatriation en Grande Bretagne, aussi avais-je décidé d’y remédier en en plantant moi-même. Le soleil avait un effet revigorant, et Eydis semblait s’en abreuver avec bonheur. Elle demandait souvent à sortir, et j’essayais autant que possible d’exaucer ses prières par des balades dans les prairies anglaises ou des promenades dans les sous-bois qui bordaient la maison. Cette fois-ci, Lust et moi avions prévu une petite surprise à notre fille. Un pique-nique à Hyde Park où nous pourrions grignoter nos sandwichs au concombre et siroter une citronnade, tout en engraissant les écureuils gourmands de noisettes et autres fruits secs délicieux.

Lust et moi nous étions revus plus régulièrement ces dernières semaines. Nous n’avions pas posé de mots sur cette relation qui nous unissait, et c’était mieux ainsi. Ni lui ni moi n’éprouvions de pression, et nous n’attendions rien de l’autre, juste quelques mots volés et caresses impromptues. Eydis, quant à elle, était tout à fait naturelle avec son père – dont elle ignorait le lien de parenté – et tous deux passaient parfois de longues heures à parler Quidditch.

C’était la première fois depuis qu’il était à nouveau dans ma vie, que Lust avait proposé une sortie en pleine journée, au grand jour, dans un parc relativement fréquenté. Jusqu’alors, je n’avais pas osé lui proposé de telle sortie, craignant son refus d’officialiser cette drôle de relation que nous tissions un peu plus chaque jour. J’avais accepté, et Eydis avait sauté de joie à l’idée de câliner les écureuils et de jouer dans l’herbe tendre. Un lieu moldu, c’était tout ce qu’il nous fallait pour passer un agréable moment en famille, sans craindre d’être interrompus à chaque minute pour un autographe. « Eydis, mets ton manteau » soupirai-je en voyant apparaître ma fille dans la cuisine, vêtue d’une simple petite robe à manches courtes. « Mais il fait une chaleur é-touf-fante ! » se plaignit-elle, la mine boudeuse. A force d’argument, je finis par la convaincre qu’un mois de mars, même doux, ne pouvait être d’une chaleur étouffante en Angleterre, et que nous ne sortirions de toute façon pas si elle ne s’habillait pas un peu plus. Ce fut Lust qui me sauva d’un énième débat.

Quand il frappa à la porte, Eydis fut tellement excitée qu’elle s’empara du manteau que je lui tendis et l’enfila sans rechigner avant d’ouvrir la porte avec un large sourire. « Enfin, te voilà. Maman commençait à me rendre folle ! » Elle avait murmuré sa dernière phrase d’un ton conspirateur. « Je t’ai entendu ! » répliquai-je en quittant à mon tour la cuisine. J’enfilai un manteau moi aussi, posai une paire de lunettes noire sur mon nez et me dirigeai vers les deux autres qui m’attendaient. « Bonjour, vous » soufflai-je avec un sourire en coin avant de déposer un baiser aussi léger qu’une plume sur la commissures des lèvres de Lust. Et nous voilà partis vers Hyde Park, dans la voiture hors de prix de Lust. Décapotable, la voiture, pour le plus grand plaisir d’Eydis qui s’était récemment auto-diagnostiquée claustrophobe afin de persuader ses parents qu’il fallait ouvrir le toit du bolide et respirer à pleins poumons l’air frais et pur de la nature environnante.

Il ne fut pas difficile de trouver un petit coin à l’abri, dans le parc. J’avais prévu une large nappe sur laquelle s’asseoir, ainsi que de la nourriture pour un régiment. Eydis ne s’attarda pas cependant, et partit immédiatement à la recherche des écureuils. « Ne t’éloigne pas trop » lui ordonnai-je tendrement, tandis que j’observai le soleil faire scintiller de milles feux sa belle chevelure blonde. Elle avait l’air d’un ange. Depuis sa naissance, je ne pouvais m’empêcher de la dévorer des yeux et de m’émerveiller devant chacun de ses faits et gestes. « Elle est magnifique » murmurai-je plus pour moi-même. Il était encore tôt, et je n’avais pas faim, aussi profitai-je à mon tour des rayons du soleil pour m’allonger sur la nappe, ma tête posée sur les genoux de Lust. Derrière mes lunettes noires, je m’autorisai à le regarder lui aussi, en espérant qu’il ne me prenne pas en flagrant délit.

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Lust Whitaker
MessageSujet: Re: Hyde and seek    Ven 2 Mar - 16:55

La douceur rassurante des premiers rayons de mars glissait sur sa peau telle une caresse. Lust avait tant attendu l'arrivée des beaux jours, irrité par le froid lui mordant les doigts en dépit de ses gants de cuir lors des matchs qu'il exécutait, qu'il accueillit les prémices du printemps en inspirant longuement les premières bouffées d'air frais. Il avait ce matin – et voilà qui était inusuel – troqué ses nuages de nicotine contre de longues exhalaisons, une bonne humeur en étendard au mépris de la défaite cuisante contre l'Ecosse qui eut lieu la veille. Courroucé, leur entraîneur avait dès lors glapi quelques injures avant de s'époumoner quant à leur prochaine remise à niveau : ils partiraient pour les Etats-Unis dans quelques semaines afin de parfaire leurs techniques auprès d'un grand stratège sportif. Un sorcier aux dents blanches et conséquemment doté d'un sourire hollywoodien parfaitement superficiel, un brushing respectable, une dégaine assurée, favori médiatique des journalistes outre-manche et, de ce fait, exposé au mépris singulier de Lust Whitaker. Etrangement et en dépit de cet amoncellement de mauvaises nouvelles qu'il jugeait par ailleurs fortuites (sa morgue le poussait à croire en ses talents innés et à mépriser d'éventuels axes de progression), le jeune homme partait de bonne humeur de sa maison londonienne. Il ignora superbement les deux bobardiers sorciers se pressant pour le photographier, et s'engouffra dans sa voiture pied au plancher.

La perspective de rejoindre Cassandra n'était guère étrangère à sa félicité. Le couple ne s'était pas encore établi comme tel mais, s'il existait l'ombre fugace de l'exclusivité, ils semblaient épanouis dans cet état d'entre-deux. Sans formalisation aucune ni pression, un soupçon d'immaturité et d'insolence dans cette décision qui satisfaisait néanmoins le jeune homme. Ce dernier n'avait par ailleurs toujours pas songé à révéler à Eydis leur lien de parenté ; la facilité comme la fuite avaient cela de rassurant qu'il n'avait pas à s'investir de la mission sacrée de père. Certes, Lust éprouvait une grande affection pour la fillette et tissait de forts liens de connivence, mais autrement persuadé qu'il était plus sain de ne rien lui révéler, le père incognito et officieux scellait volontairement ses lèvres. Ce qui ne l'empêchait guère de passer d'avantage de temps avec l'amante et l'enfant, tout en se délectant de chaque minute.

« Enfin, te voilà. Maman commençait à me rendre folle ! » Sitôt les quelques coups toqués à la porte, cette dernière s'ouvrit sur un minois blond faussement exaspéré. Lust étouffa un rire avant de rentrer dans son jeu, levant son regard noisette vers le plafond : « Elle me rend fou tous les jours. » La petite s'esclaffa d'avantage à l'entente de la remarque maternelle. Un baiser échangé pour un sourire tendre, et la supposée famille s'engonça dans le bolide, témoin à charge d'un train de vie plus que confortable. Un détail n'ayant jamais bousculé les accoutumances du jeune homme, dont l'héritage patronymique et financier l'avaient toujours couvert de tout besoin éventuel.

« Elle est magnifique »  Il la toisa s'en aller, brièvement. Entre la conscience fugace d'avoir engendré pareille beauté, et la non perception de son statut de père (l'était-il vraiment, par ailleurs, au regard du lien neutre quoique complice qu'il entretenait avec Eydis), Lust ignorait encore comment se positionner. Alors il demeura mutique, opina mollement du chef et, allongé sur la nappe tout en prenant appui sur ses avant-bras, offrit son visage face au soleil. Appréciant ces instants de répit, la douceur des premiers rayons, le bonheur de sentir Cassandra contre lui, le silence perturbé par le chant du merle et le rire des enfants. « Au fait, Cassie... » Impression moins déroutante que désagréable d'être épié. Lust jeta un bref coup d'oeil vers des buissons se mouvant seuls avant de glisser de nouveau son faciès vers le soleil timoré. Sa barbe de trois jours et son pull d'un blanc cassé tristement classique, juraient avec l'image glamour de vedette toujours apprêtée. Seules ses lunettes noires de créateur rappelaient au royaume de la notoriété. « Je pars deux semaines aux Etats-Unis, à la fin du mois. Soit disant pour un entraînement intensif. » Il avait craché ces derniers mots avec un tel mépris que son faciès se lourda d'une arrogance vive. Une information, un détail, soufflés d'une négligence rare. Aussi légers que la relation imprécise qu'ils avaient mise en place. Sans que cela ne puisse les incommoder.


talk dirty to me
If she ever tries to fucking leave again I'm a tie her to the bed and set this house on fire. ▬ Baby please come back, it wasn't you baby it was me. Maybe our relationship isn't as crazy as it seems, maybe that's what happens when a tornado meets a volcano. All I know is I love you too much to walk away now
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Cassandra V. Ledoux
MessageSujet: Re: Hyde and seek    Sam 3 Mar - 16:31

Il était des jours, comme celui-ci, où tout semblait délicieusement simple. Où la vie coulait de source, sans qu’aucun obstacle ne vienne entraver sa tranquillité. L’air paisible environnant me rendait légère, et l’odeur de l’herbe fraîchement coupée, mélangée aux effluves du parfum musqué de Lust me rendaient nostalgique. J’avais l’impression de remonter le temps, quelques sept ans en arrière, où nous passions déjà des heures entières à nous prélasser à l’abri des regards dans des parcs moldus. Des parcs français, aussi. A l’instar de Lust, je fermai les yeux quelques minutes pour profiter de la chaleur timide du soleil qui faisait scintiller nos épidermes trop longtemps privés de la lumière de l’astre. J’avais cette douce impression d’être à ma juste place, ainsi allongée sur les jambes de Lust, notre fille jouant non loin. C’était comme si je touchais du doigt cette vie de famille que j’avais si ardemment désirée. Je craignais néanmoins qu’à tout instant notre bulle de bonheur n’éclate et que cette quiétude nouvelle qui nous animait Lust et moi ne soit subitement ébréchée.

Car, de mémoire, jamais notre relation n’avait été si sereine. Bien sûr, nos tempéraments de feu respectif nous faisaient parfois monter sur nos grands chevaux, il n’en demeurait pas moins que jamais nous n’avions été si calmes et apaisés que depuis ces dernières semaines. Peut-être avions nous grandi ? Ou peut-être que l’absence prolongée de l’autre avait su nous convaincre de quelques compromis.  « Au fait, Cassie... » La voix basse et calme de Lust me sortit de mes rêveries un peu trop tôt, et je papillonnai plusieurs fois des yeux avant de me souvenir que nous étions au milieu d’un parc. Peut-être m’étais-je endormie quelques secondes ? Assez en tout cas pour me faire perdre mes repères le temps d’un instant. Je levai doucement le nez pour croiser son regard – bien dissimulé sous ses lunettes de soleil – et lui adressai un sourire tendre. Cassie … Tant de fois hurlé, ce surnom, même susurré, gardait cette même saveur mélancolique – et, osais-je l’avouer, concupiscente. « Hum ? »  murmurai-je, distraite. « Je pars deux semaines aux Etats-Unis, à la fin du mois. Soit disant pour un entraînement intensif. »

Je me redressai doucement pour mieux le regarder et relevai doucement mes lunettes noires sur le haut de mon crâne. « Je croyais que tu étais déjà le meilleur joueur de ta génération ? »  me moquai-je gentiment en lui adressant un clin d’œil. Bien sûr, son départ pour deux semaines me pinçait le cœur, mais qui étais-je pour le retenir alors que le Quidditch faisait partie de son quotidien, de sa vie ? « Je peux peut-être te faire un entraînement intensif personnalisé »  ajoutai-je avec un petit sourire en coin. Je redevenais enfin celle que j’avais toujours été, mais que j’avais oublié d’être ces quelques dernières années. Plus paisible, plus insouciante… Ma relation avec Lust m’avait parfois rendue aigrie, méchante, jalouse… Je ne voulais plus être cette femme. Je voulais être tendre, joueuse, provocatrice mais toujours bienveillante. Je posai une main fraîche et légère sur sa joue et me relevai juste assez pour y déposer un baiser.

« Deux semaines, ce n’est pas si terrible. Je rêverai de partir aux Etats-Unis, tu pourrais ramener des photos ? Eydis serait ravie. »  « Tu pars deux semaines aux Etats-Unis ? » demanda la petite voix d’Eydis derrière eux. Je me redressai plus encore pour la regarder, elle avait l’air terriblement triste et déçue. Elle s’approcha de nous et s’installa à côté de Lust en posant doucement sa tête contre le cœur de son père. « Tu vas me manquer » confia-t-elle d’une voix timide mais débordante de sincérité. Sa petite voix me fendit le cœur, et j’adressai un regard brillant d’émotion à Lust. Elle s’était tellement attachée à lui que c’en était déroutant. Malgré leur pudeur à tous les deux, on pouvait voir naître les prémices d’une relation sincère et profonde.

Vue de l’extérieur, notre petit trio donnait l’impression d’une famille unie, d’un foyer où l’amour débordait. Quiconque serait passé près de nous à ce moment-là n’aurait pu nier la ressemblance de la fillette avec les deux adultes qui l’accompagnaient. Si Eydis avait hérité de ma peau pâle et de mes boucles blondes, elle avait aussi volé les yeux de son père et sa bouche rosée et pleine. C’était un beau tableau que nous donnions à voir, et je regrettai de ne pas avoir pris mon appareil photo pour immortaliser un tel instant.
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