Hein, les cheveux blonds et les tons agrumes c'est toujours un partenariat probant (alecto)

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Lucius Malfoy
MessageSujet: Hein, les cheveux blonds et les tons agrumes c'est toujours un partenariat probant (alecto)   Jeu 15 Mar - 23:59

La nuit penche dangereusement vers le matin.
Les étoiles se traînent au bord de son regard.
Iris et coeur dilatés.

Une rue, une autre. Des taches qui défilent, se meuvent fugacement, disparaissent à toute vitesse. La respiration est lourde, les articulations picotent. Parfois il rit, parfois il a la nausée. A force il ne sait plus trop s'il marche ou s’il transplane. Le sol humide se déroule inlassablement sous ses pieds, se retrouve soudain sous sa joue. Il grogne.

Si les pavés pouvaient arrêter de danser aussi.

Quelque chose se déchire au niveau de ses genoux. Son pantalon ou sa peau, qui peut bien s'attarder sur ce genre de détails ? Il se relève sur ses coudes, tâte son crâne de ses paumes écorchées, replace précautionneusement ses cheveux. Faudrait pas que ça le décoiffe tout ça. Il cligne des yeux, inspire bien à fond. Allez. Un bond le remet droit, ou presque. Il n'est plus à quelque degré près pour un semblant de verticalité. Quelques secondes tanguent et se figent, entre ici et là-bas. Lucius, Lucius ? oui, Lucius, contemple hébété le vide de la rue.

Où sont-ils, tous ?

Ces inconnus du Ministère pour qui il avait conçu un sourire accueillant et une démarche d'aise. Des Irlandais. Sous ses paupières, les images s'attardent. Non. Des kilts, des escarcelles, des blagues auxquelles il avait dû improviser un rire. Des Ecossais. Un des fameux « voyages culturels » des délégations diplomatiques. Il n'avait jamais vu autant d'alcool couler, encore moins dans sa gorge.

Du moins pas depuis la nuit où il s’était retrouvé avec un petit groupe de partisans et avait essayé de suivre le rythme de Dolohov junior. Depuis lors il ne pouvait plus penser au goût de la vodka sans frissonner.

Il ne sait plus exactement comment ou pourquoi, et surtout pour faire plaisir à qui, il s’était retrouvé en charge de la bande de brutes barbues. En tout cas ils avaient eu l’air contents. Pour si peu que frôler le coma éthylique soit une marque de bonheur tangible. Bâillement. Leur accent grailleux fraisait encore ses tympans. Un groupe de quatre, de cinq peut-être. Ils avaient dû en perdre un au premier portoloin.

Peu importe à présent. Il ne sait pas où ils sont, pas plus que où il est. Et il s'en fout.

Il ne sait qu'à peine qui il est. Et s'en fout aussi.

Ce genre de réflexion devrait a priori d'inquiéter quant au taux d'alcool qui devait avoir envahi ses veines.

A priori.

Un petit rot se confond avec un ricanement. L’odeur tiède de whisky revient à ses sinus. Il lève le menton, bombe le torse. Sans raison particulière. Pour le plaisir, faut-il croire. Les mains dans les poches, il en extirpe un paquet cartonné. Une cigarette se glisse entre les doigts, le reste est abandonné derrière son épaule d'un geste nonchalant. Il avance avec l'assurance intoxiquée de le retrouver un jour ou l'autre.

Il ne sait pas trop comment sa baguette s'est retrouvée dans son autre main, mais soit. Puisqu'elle est là. Un mouvement vacillant embrase le tabac. Le goût envahit sa bouche, se répand sur sa langue pâteuse, crisse déjà sous ses molaires. De petites particules de joie. Il ferme les yeux. Sourire béat. La vie est si belle quand n’est rien de plus qu'une ombre parmi les autres.

Un chat décampe des ténèbres sur sa droite.

Ou peut-être sa gauche ?

Il tente de réfléchir à quelle main il utilise pour écrire mais oublie pourquoi il s’est posé la question pendant le processus. Haussant les épaules, il laisse une lumière sale envahir ses rétines.

Comme une mite fatiguée, il papillonne vers une vitrine lumineuse. Les yeux vitreux, les paumes plaquées contre la porte grasse. Pousse difficilement. Les épaules grincent avec les gonds.

Oh. Une seconde.

La porte se referme, il a fait demi-tour.

Quelques pas dans la rue qu’il ne veut décidément plus quitter. Les commissures toujours étirées par une allégresse incohérente, il se penche et contemple, intéressé, un jet profus et acide s'échapper de son estomac droit sur ses chaussures cirées.

La coulée se déverse sur la pierre, forme une flaque nauséabonde dans laquelle il patauge.

Le cuir semble déjà imprégné, ça sera un cauchemar à récupérer.

Pauvre Dobby.

Il faudra qu'il pense à augmenter son salaire.

Un rire sifflant suit bien évidemment cette bonne blague.

Plus léger, il se détourne nonchalamment de ses éclaboussures. Il tremble, titube. La réalité chavire mais il ne s'en fait pas. Il a assez dansé pour savoir que ça ne le rend que plus beau.

Scène un, prise deux.

Un coup de pied magistral ré-ouvre un peu trop grand la porte.

Il ignore la crasse et les regards, tandis qu’il se glisse dans le taudis.

Du cuivre verdi, du bois mal verni, de l'animosité.

Parfait.

Chaque pas colle au parquet, chaque mouvement soulève la poussière.

Entre les silhouettes immobiles engluée dans l’ambiance tamisée des lieux, il sent les conversations se former dans son sillage.

Un tabouret haut, un comptoir, un regard dur.

Bah tiens.

- C’est deux pou’ l’prix d’une, c’soir ?

Il ferme un œil, regarde les Alecto se superposer.

C’est mieux.

Enfin.

Les traits grossiers, l’air à la fois renfrogné et agressif, l’allure de va-nu pied.

C’est « mieux ».

Une main étonnamment ferme désigne l’ensemble du pub délabré.

- T'as tué ton propre elfe d'ménage ?

Il plisse les paupières, essaye de déglutir.

Sa langue desséchée semble définitivement trop grosse pour sa bouche.

- J’peux t'en louer un... enfin... si tu sais t’le permettre.

Il lève ses sourcils l’un après l’autre. Au cas où elle n’aurait pas compris qu’il en doutait. C’était de Carrow dont on parlait. Il ne fallait pas être trop exigeant.

Son regard dérive sur les autres épaves qui servent de clients au lieu, le bout de ses doigts pianotent sur le bar patiné.

Qu’est-ce qu’il pouvait bien faire là ?

Il croit encore des mots dégouliner de la bouche de la sauvageonne, il hausse le ton pour ne pas avoir à attendre la fin de sa tirade.

- Sers-moi un d’tes tord-boyaux. Un truc couleur orange. Ou tangerine. Comme ça t'dit l'mieux.

C’est reparti.
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MessageSujet: Re: Hein, les cheveux blonds et les tons agrumes c'est toujours un partenariat probant (alecto)   Mar 10 Avr - 22:10

Le temps sous forme liquide, qui passe goutte par goutte, s’étire, s’étale, se renverse et recommence. Rotation continue et supplice infini.

Ils avalent, éructent, crient comme une sorte de langage primitif que tu ne connaîtrais pas.

Bruyamment.

L’air est alcool.

Lumière trop criarde de la devanture pour l’heure tardive, phare dans la nuit pour attirer les insectes déboussolés.

Sort informulé permettant d’agiter un torchon qui s’efforce de nettoyer inlassablement les rainures du bar, milliers de petites imperfections noyées dans les boissons diverses qui s’y renversent. Tâche impossible, peine perdue d’avance.

Les secondes sont fluides.

Coincée dans une boucle temporelle, tu ne penses plus.

Vague à l’âme.

Tu coules à pic.

Des rires gras en termes de ponctuation temporelle, marquants les minutes qui s’écoulent.

Machinalement, les gorgées de whisky sont avalées. Il fallait bien ça pour survivre à l’ennui des dernières heures de la nuit.

Nuit gâchée sans rien apporter à la cause.

Les derniers clients s’éternisent, semblaient peu décidés à partir pour la laisser fermer. Chaque goutte qui passait était un instant de moins à la recherche d’une nouvelle cible sur laquelle expérimenter.

Grisé par l’alcool, un ivrogne dont la barbe brune était aussi imbibée que lui se vantait de ses dernières performances sexuelles.

Léger reflux. Note mentale de penser à assaisonner son prochain verre, d’un de tes cocktails maisons qui lui apporterait autant de dégoût a posteriori que tu en avais pour lui en cet instant.

Pas même un employé du Ministère à l’horizon, auquel tu aurais pu soutirer quelques informations importantes à transmettre au Lord.

Temps à double viscosité.

Le fil de leur nuit se déroule à une rapidité déconcertante, enchaînant les verres sans hésitations aucune, pantins animés par leurs désirs les plus animaux.
La valeur de tes heures, n’est pas la même que pour eux et elles sont infiniment longues quand elles sont gâchées.

Ta soirée perdue semblant ne jamais vouloir se terminer, la solitude habituelle de ton appartement se faisait réclamer. Oiseau de nuit quand tu n’étais pas seule, quand il était nécessaire. Le salut ne se ferait pas sans ton travail.

Les soirs où tu étais derrière le bar, étaient généralement relativement calme et te laissaient le temps de noter les prochaines idées d’amélioration à apporter à tes créations. Mais pas ce soir, pour une raison qui t’échappait.

Ils restaient là, trop nombreux, trop bruyants, trop vivants.

Leur bonheur était écœurant et ils mutilaient le silence de leurs rires hystériques.  
Le whisky qui réchauffe les entrailles, frisson qui parcourt la chair.

Tu hésites sérieusement à les réexpédier chez eux sans attendre la fin théorique de ton service. L’un d’eux avait mentionné connaître le patron, c’était la seule opposition valable à leur départ précoce.

La porte battante qui semble s’entrouvrir, avant que le silence approximatif ne revienne. Fausse alerte.

Discrètement, tu renverses le contenu d’une petite fiole au liquide brun tirant vers le noir dans le fond d’un verre. Le vieux pervers de la table du fond allait pouvoir purger ses fautes pour les jours à venir, et tu doutais de le revoir de sitôt.

Les poings qui se crispent et l’estomac qui se tord face au bruit assourdissant de la porte.

Le cri qui s’apprête à sortir de ta gorge, y reste enfoncé par la surprise face aux cheveux jaunâtres qui viennent de pénétrer dans l’enceinte protégée du bar. De ton bar.

Seul un grognement sauvage franchit la barrière serrée de tes lèvres.

Lui, évidemment.

Probablement en mission auto-assignée de surveillance de la méchante brebis égarée.

Des années d’entraînement t’avaient appris à parfaire une apparence faussement apaisée en sa présence, mais les heures débordantes de travail que tu avais derrière toi ce soir étaient déjà venues à bout de ta patience.

Tu dois avouer que le voir ainsi, titubant de la plus étrange des manières était assez divertissant. Il était visiblement enivré mais on sentait que le dernier fond d’orgueil qui ne s’était pas noyé, luttait passionnément pour conserver un port altier.

Il avançait telle une marionnette, dirigée par un vieil homme hoquetant, pourtant inconsciente de sa démarche bringuebalante.

Crispation des muscles péribuccaux en un rictus approximatif.

Comme toujours, les quelques mots nocifs qu’il prononçait avaient suffi à balayer la moindre once de sympathie que tu aurais pu avoir pour lui.

Trixy.

Depuis que tu avais officiellement quitté la demeure familiale, sans vraiment être invitée à y remettre les pieds un jour, tu ne l’avais pas vue.

Tu n’avais pas vraiment de mal à imaginer que depuis ton départ, ton père a dû trouver en elle quelqu’un de plus vulnérable sur qui déverser sa colère toxique.

- C’est vraiment adorable, j’apprécie l’attention. Il ne faut pas t’inquiéter pour moi, mais toi, dis-moi comment se porte ton elfe ? Quel est son nom déjà ?

Le ton se fait dangereusement doucereux, comme un piège attirant l’insecte avant de se refermer sur lui.

- C’est Narcissa non ?

Les canines se découvrent. Chez les animaux, cela marquerait une marque d’agressivité, de préparation à l’attaque. Sourire ou technique d’intimidation, quelle différence après tout.

- Je n’oublierai pas de lui demander des conseils de nettoyage dès que je peux, n’aie crainte.

Evidemment qu’il souhaite une boisson personnalisée. Un Malfoy n’est pas capable de boire une boisson du peuple.

Spécial il voulait être, spécial il serait.

Devant toi, le verre dans lequel tu avais vidé la fiole avant son arrivée. Une base parfaite pour un cocktail.

Le reste est un jeu d’enfant pour quiconque avec un minimum d’expérience en potion. Il ne t’en faut pas plus, des indications plus précises seraient presque insultantes envers tes capacités.

Deux doses d’hydromel pour commencer. Dans un pilon, tu écrases doucement quelques baies de gui, avant de les ajouter dans le verre. Un peu de jus de citrouille. Un brin de valériane au travers duquel tu verses le whisky pur feu. Quelques gouttes d’eau du fleuve Léthé.

Tu mélanges l’ensemble énergiquement.

Mais il manque quelque chose.

Farfouillant dans les placards autour de toi, tu essayes de trouver la touche finale qui liera l’ensemble.

Tangerine.

Tangerine, bien sûr.

Posant le verre devant la chevelure blonde, tu verses sans hésitation aucune le dernier ingrédient.

La boisson orangée aux reflets ambrées a fière allure et lui assurera une difficile convalescence alcoolique, et des souvenirs flous.

Pour une fois, tu inspires calmement et laisse venir la sensation sans la bloquer. Sans avoir besoin de te voir, tu sais que tu es désormais rousse.

Ses yeux vitreux auront bientôt l’impression d’halluciner, embrouillés par les vapeurs éthyliques.

- Jus d’orange, pour la pointe d’agrume
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