dolina | deep as oceans, shallow as puddles

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Nina Yaxley
MessageSujet: dolina | deep as oceans, shallow as puddles   Lun 30 Avr - 16:00

Eut-elle été un tant soit peu honnête – avec les autres, avec sa mère, avec elle-même – Nina aurait admis que l'idée de ce dîner au manoir familial n'était en aucun cas innocente. L'honnêté ne comptait cependant pas parmi ses nombreuses qualités et c'était avec un sourire poli et un enthousiasme discret qu'elle avait fait part de ses projets à ses parents. Ces derniers, sans doute trop heureux de voir leur écervelée de fille rentrer dans le droit chemin, n'avaient pas semblé surpris, encore moins soupçonneux. Ils étaient ravis, comblés même, qu'elle ait, selon les dires de sa mère, retrouver ses esprits. Comme si devenir la gentille petite fille docile, toute prête à être expédiée dans un mariage arrangé était le rêve ultime de tout parent. Et, bêtement, oui, c'était le cas dans bien des familles d'Angleterre, les Yaxley y compris. Si trouver le parti idéal puis sécuriser l'arrangement était un sport, les parents de Nina auraient probablement été des champions toutes catégories confondues. Leurs performances parlaient d'elles-mêmes : quatre filles, trois confortablement installées. Restait Nina, la seule ombre du tableau, l'échec temporaire. Car c'était bien ça, la promesse faite du bout des lèvres, l'accord passé pour obtenir sa liberté, elle aussi de courte durée. Elle pouvait encore faire ce qu'elle désirait de sa vie mais le mariage approchait à grands pas. Elle avait accepté, à mi-mot, certes, mais elle avait accepté. Initialement, se montrer entreprenante de quelque manière que ce soit ne faisait pas partie du plan, l'inviter à dîner chez ses parents non plus. Elle se montrait polie lorsqu'ils se croisaient, charmante lorsque cela s'avérait nécessaire, et ne rechignait pas non plus à passer quelques instants accrochée à son bras ou à lui sourire bêtement. Nina maîtrisait les tours de passe-passe et autres ridicules stratagèmes destinés à polir et parfaire son image de délicieuse idiote. Un peu trop peut-être. Antonin Dolohov n'était pas n'importe qui, n'en déplaise aux mauvaises langues qui s'attardaient un peu trop sur sa patrie. Elle ne portait pas la marque mais elle savait se rendre utile, ce n'était pas un secret, mais au royaume des hypocrites, la délicatesse et les faux-semblants étaient des arts qu'il était nécessaire de maîtriser.

Et ce soir, plus que jamais, elle allait devoir se montrer délicate. Il fallait qu'elle sache, oui, qu'elle comprenne pourquoi on l'avait gardé à l'écart de cette attaque si bien ficelée. Surprendre l'Ordre du Phénix au beau milieu de leur petite célébration de la nouvelle année relevait presque du génie. Cruel mais ingénieux. Efficace, d'après ce qu'elle avait entendu. Et, certes, elle n'avait pas réellement rejoint les rangs des soldats du Seigneur des Ténèbres mais elle s'était montrée très utile jusqu'à présent et elle aimait à penser qu'elle aurait pu l'être, cette fois-là aussi, si on avait daigné la tenir informée. Si elle méprisait la majorité des fidèles qui portaient si fièrement la marque, elle projetait pourtant d'en épouser un. N'était-il donc pas naturel de la prévenir ? Après tout, ils étaient en guerre, toute sortie une fois masqué devenait périlleuse, à plus forte raison lorsqu'il s'agissait d'un raid dans un nid d'idéalistes imprudents. Dolohov aurait pu tragiquement succombé sous les sortilèges de l'un ou l'autre de ces idiots. Le deuil se serait certainement accordé à son teint à la perfection. Le manque de préparation, en revanche ? Not so much. Et Nina avait beau avoir tourné et retourné le problème dans tous les sens, elle ne comprenait pas pourquoi il n'avait rien dit. Ou, plutôt, elle avait peur de comprendre. Quelques théories étaient apparues au fil de ses réflexions, lesquelles tournaient toutes autour de Fabian Prewett et ça ne la rassurait guère. Elle s'était montrée prudente avec lui, plus discrète que nécessaire, quitte à trahir son éducation. Il y avait donc peu de risques que ses sorties chez les moldus en compagnie du médicomage soient remontées aux oreilles de qui que ce soit. Peu de risques, oui, mais peu de risques ne signifiait pas aucun risque. Il n'y avait pas de place pour le doute, ni le moindre risque, pas dans la vie qu'elle menait.

Une fois n'était pas coutume, ses parents avaient accepté sans la moindre hésitation de disparaître pour la soirée, n'évoquant même pas la possibilité de s'imposer pour jouer les chaperons. Nina doutait sincèrement qu'ils aient compris que leur fille de vingt-huit ans était parfaitement capable de se défendre ou même de se tenir. Elle était prête à parier qu'ils étaient plutôt trop heureux qu'elle ait entendu raison, trop conscients aussi que cette décision était fragile. De toute évidence, les Yaxley étaient prêts à faire des compromis, du moment que cela servait leurs intérêts. Jusqu'à un certain point en tout cas, puisque sa mère s'était permise de s'introduire dans sa chambre pour choisir elle-même une robe – longues manches, longue jupe, col claudine impeccable, sage, évidemment jugée convenable par l'oeil maternel – avant de disparaître Merlin seul savait où. La robe de petite fille avait tiré un ricanement moqueur à Nina qui l'avait rangée d'un coup de baguette avant de sortir sa propre tenue de son sac à mains. Les sortilèges d'Extension étaient décidément une vraie bénédiction. Nina avait d'autres plans pour la soirée, des plans plus audacieux que l'absence d'un oeil extérieur digne de ce nom facilitait – ses parents n'accordant pas le moindre crédit à leurs elfes de maisons, lesquels étant bien trop terrifiés du patriarche pour dire quoi que ce soit de toute manière.

Ne manquait donc plus que l'invité d'honneur. Nina consulta l'horloge qui trônait au salon pour la énième fois lui semblait-il. Impatiente ? Peut-être. Difficile de nier qu'une petite, toute petite partie d'elle mourrait d'envie de transplaner loin d'ici mais il fallait qu'elle sache si elle était toujours en odeur de sainteté ou sur le point d'être totalement écartée des plans du Seigneur des Ténèbres – si on la soupçonnait d'avoir noué la moindre association avec un traître à son sang. Elle quitta le sofa où elle s'était postée, agacée. Par sa propre impatience, par le potentiel retard de Dolohov, par toute cette stupide histoire, elle n'aurait su le dire. Elle n'avait rien d'une combattante mais Nina avait l'inaction en horreur. Tant qu'elle avait de quoi s'occuper, qu'il s'agisse de surveiller le dîner d'un oeil attentif ou de s'assurer que chaque minuscule détail, de l'arrangement des coussins au salon au moindre pli sur sa robe, était parfait, attendre qu'il arrive n'avait pas semblé si long et ennuyant. Mais à présent qu'elle était désoeuvrée, les minutes paraissaient s'étirer plus lentement que jamais. Finalement, elle attrapa sa baguette qui reposait sur la table basse et vint se poster dans le hall, les yeux fixés sur la large porte d'entrée extravagante. Elle était prête, tout à fait prête. Et peut-être qu'à force de se le répéter, cela finirait par être vrai.


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Antonin Dolohov
MessageSujet: Re: dolina | deep as oceans, shallow as puddles   Mar 8 Mai - 15:20

Du bout de ses doigts, il effleura une nouvelle fois le papier immaculé ; là, où se mêlaient des voyelles et des consonnes tracées avec application. Une écriture raffinée, chaque millimètre calculé avec précision ; rien, absolument rien, n'avait été laissé au hasard dans cette œuvre suintant la perfection. Antonin s'était surpris à contempler l'invitation de Nina Yaxley plusieurs fois depuis qu'elle avait été acheminée jusqu'à son lieu de vie. Il aurait pu continuer, si le temps ne le pressait pas. Il ne fallait voir aucun sentimentalisme dans la fixation que le Mangemort faisait. Des sentiments ? Cela faisait bien longtemps qu'Antonin Dolohov y avait renoncé ; s'il en avait jamais eu au cours de ses quarante-cinq années d'existence. Aussi énigmatique que l'était l'auteure de ces mots délicats, la lettre était un puzzle, que le russe s'efforçait de déchiffrer pour son propre bien. 

Son regard glissa sur l'horloge de grand-père richement ornée, et l'homme arqua un sourcil en y découvrant la position des aiguilles. Il allait bientôt devoir mettre les pieds hors de son antre, sans aucune véritable stratégie pour contrer celle de son adversaire de la soirée. Car Antonin n'était pas dupe. Bien que la compagnie s'annonçait très certainement plaisante, il n'y avait rien de reposant à la perspective de passer un moment avec Nina. Sorte de double standard inhérent sans aucun doute à toutes les relations entre les Sangs-purs, celle entre la Yaxley et le Dolohov faisait honneur à cette tradition ancestrale de faux-semblants. Ce n'était pas pour lui déplaire. Antonin ne ressentait ni l'envie ni le besoin d'accorder de sa précieuse personne à des midinettes sans cervelle. La belle blonde était à mille lieues des clichés que le russe s'évertuait à esquiver depuis quelques années déjà, et peut-être était-ce une autre raison qui le poussait à faire des efforts.

Antonin s'approcha du miroir à l'entrée, afin de réaliser une ultime vérification de son apparence. Il se devait d'être irréprochable ; un premier pas pour atténuer la résistance opposée par la jeune femme. Malgré la politesse des parents Yaxley à son égard et malgré l'amitié que Corban lui portait, il n'y avait eu aucun signe de progression sur ce terrain : des paroles en l'air, des sous-entendus. Rien de concret, ce qui était particulièrement fâcheux. Si la Yaxley restait bien entendu son premier choix pour l'instant, le russe se demandait parfois, en prêtant une oreille attentive à son ami Arthur Selwyn, si le jeu en valait réellement la chandelle. Ce dont Antonin avait besoin, c'était d'une femme prête à lui offrir un ou plusieurs héritiers, mâles bien entendu, et ce, dans un futur raisonnablement proche. Or il était conscient que Nina était une demoiselle ambitieuse qui n'aspirait pas forcément à une vie d'épouse à la Narcissa Malfoy. Le russe savait que s'il décidait d'arrêter son choix sur la belle blonde aux yeux bleus, et si celui-ci s'avérait être réciproque, alors la question de l'avenir du couple générerait un échange houleux entre les deux, dont la conclusion finale serait très certainement un compromis. Ou plutôt une entente cordiale. Rien de bien surprenant, puisque c'était le cas de la majorité des familles de sang-pur, dont les objectifs principaux étaient le maintien de la pureté du sang et la continuité d'une lignée ancestrale. L'affect et la confiance viendraient avec le temps ; ou pas, d'ailleurs.

Le Mangemort enfila son long manteau sombre, ainsi qu'un dernier détail essentiel pour compléter la panoplie du parfait héritier devenu tête de famille : une bague, frappée aux armoiries des Dolohov et réservée exclusivement à l'aîné, placée à son auriculaire gauche. Rare offrande dont son père l'avait personnellement gratifié à sa majorité, il appréciait la présence de ce bijou massif si l'occasion s'y prêtait. Et ce jour-là en était résolument une. À l'aide de sa baguette magique, il vérifia une dernière fois que tous les sortilèges de protection étaient en place et bien activés. On n'était jamais trop prudent lorsque l'on s'appelait Antonin Dolohov et que l'on était le bras droit de Lord Voldemort, et ce, en dépit de la couverture ô combien confortable offerte par le Ministère de la magie.

Puis il finit par transplaner non loin du manoir familial des Yaxley. L'autre. Celui où Antonin n'avait pas pris ses aises ; ou du moins pas totalement, pas encore. Il n'en était cependant pas à sa première visite au sein de l'imposante bâtisse et il n'eut aucune difficulté particulière à retrouver son chemin. Le Mangemort s'attendait à trouver un comité d'accueil au complet pour son arrivée. Le père, la mère, la fille ; peut-être même les filles, puisqu'il n'était pas sans savoir que le couple avait eu quatre filles et aucun héritier mâle. Sans même s'en rendre compte, sa bouche se tordit en un rictus moqueur, tellement il était risible pour une famille de sang-pur de se retrouver sans aucun fils.

En pénétrant dans le manoir, il eut la très agréable surprise de constater qu'il n'y avait qu'une seule personne au milieu du hall richement décoré. La seule, avec qui le russe souhaitait s'entretenir durant ce dîner. Un cadre plus informel n'était certainement pas de refus, étant donné que Nina et Antonin avaient rarement l'opportunité de se rencontrer en tête-à-tête. Lui était pris par son travail au Ministère, mais aussi et surtout, par les missions confiées par Lord Voldemort, et elle, n'était pas tellement plus disponible que lui, même s'il n'imaginait pas vraiment comme elle pouvait occuper son temps. Le manteau quitta ses épaules et alla rejoindre le porte-manteau prévu à cet effet. Puis, réajustant le col de sa chemise afin d'éviter le moindre faux-pli, le russe s'avança finalement vers la jeune femme aux cheveux flavescents, lui accordant toute son attention.

Ses lèvres s'étirèrent en un mince sourire de satisfaction, alors qu'il se mit à la dévisager sans grande discrétion. Un moyen comme un autre d'apprécier l'effort que la Yaxley avait fait pour cette soirée avec lui. « Nina, bonsoir. Tu es splendide. » Peu expansif lorsqu'il s'agissait de complimenter une femme, il ne s'attarda pas vraiment sur l'apparence de l'hôte et continua. « J'ai l'impression que cela fait une éternité que nos chemins ne se sont pas croisés. Le bal de Narcissa, il me semble ? » fit-il remarquer, en faisait mine de réfléchir. Or Antonin se souvenait parfaitement de la dernière fois où il avait rencontré Nina. Ils avaient échangé quelques paroles tout au plus ; avant que Meadowes et Prewett n'interrompent la conversation avec leur insipide crétinerie. Et puis il était parti, sans la croiser à nouveau avant l'attaque au Chaudron baveur. « Ton invitation était assez... inattendue. Agréable, certes » ajouta Dolohov d'un ton assez mystérieux, en jetant un regard aux alentours comme si c'était la première fois qu'il se tenait dans le hall du manoir ; comme s'il ne savait pas pourquoi Nina l'avait personnellement conviée chez elle.

Tenue : 1.


lost in the darkness.
We find delight in the most loathsome things.


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Nina Yaxley
MessageSujet: Re: dolina | deep as oceans, shallow as puddles   Dim 17 Juin - 18:17

Elle pensait être préparée à le voir, être prête à ce tête-à-tête qu'elle avait elle-même planifié, du début à la fin, mais rien n'aurait vraiment pu la préparer à voir apparaître Antonin Dolohov sur le pas de sa porte. Pourtant, elle était en terrain conquis, chez elle, dans le manoir qui l'avait vue naître et grandir. Elle maîtrisait les lieux mais l'autorité qu'il dégageait, avant même d'avoir ouvert la bouche, fragilisait ses certitudes sans le moindre effort. Il était évident qu'il restait, lui, maître de lui-même en tout situation, peu importe où il se trouvait. Même chez les autres. Nina s'efforça de ne pas relever, raide de fierté. Elle avait connu bien plus rustre, bien moins raffiné que cet homme-là et il n'était pas question que son assurance mette la sienne en péril. Un sourire poli étira ses lèvres et elle accueillit son compliment d'un bref hochement de tête, cherchant à peine à feindre l'humilité. Il l'avait observée sans une once de pudeur, réaction qu'elle avait consciemment cherché, bien sûr, même si elle n'était pas certaine d'apprécier totalement. Cependant, elle n'avait plus l'âge, ni l'envie de jouer les vierges effarouchées. Pas sûre, de toute manière, qu'il se laisse berner par un tel comportement. C'était un risque superflu qu'elle refusa de prendre. « Exact, oui. Quelle excellente mémoire » fit-elle, doucereuse, lorsqu'il évoqua leur dernière rencontre. Elle n'était pas suffisamment prétentieuse pour penser lui avoir laissé un souvenir impérissable mais pas assez naïve non plus pour prendre cet air pensif pour argent comptant. Dolohov n'était pas le premier imbécile venu et malgré tout le bien que semblaient penser ses parents de l'homme qu'ils lui avaient choisi, Nina savait qu'il lui fallait être prudente. Elle avait beau se tenir volontairement à l'écart de bien des plans du Seigneur des Ténèbres et de ses fidèles, elle savait qu'il comptait parmi les plus redoutables – et redoutés. Si Dolohov ne l'effrayait pas – du moins, pas au point de faire l'impasse sur pareille soirée – il était difficile de nier que sa réputation l'impressionnait quelque peu, faisant par la même occasion office de mise en garde. Elle allait être prudente, très, très prudente. « Inattendue, vraiment ? » Elle laissa échapper un bref éclat de rire cristallin, un peu trop forcé peut-être, et rougit légèrement, vaguement honteuse de son manque de subtilité. Elle fit quelques pas dans sa direction, désignant la porte du salon d'une main vaguement tremblante. « Est-ce qu'un whisky te ferait plaisir ? » Elle n'était pas assez idiote pour penser qu'elle pourrait le faire parler en le saoulant mais si son éducation et les nombreux dîners mondains qu'avaient donné ses parents lui avaient appris quelque chose, c'était bien que même les langues les plus nouées se déliaient plus facilement avec un peu d'alcool et quelques sourires entendus.


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