Elena » shut up and let me go

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AnonymousInvité
MessageSujet: Elena » shut up and let me go   Mer 2 Mai - 18:54

Est-ce le sang qui crée la richesse ? Ou la richesse qui fait le sang ? De quelque rang qu’ils soient, tous les plus fidèles du Lord Noir vivent dans des maisons qui, aux yeux de Cora, passent pour des palais. Une fois, quand elle était petite, son père – avant sa chute – l’a emmenée voir, de loin, la maison des Prince, la maison du patriarche. Il l’a présenté comme un lieu de haine, de tristesse, de violence. Un lieu dont il fallait à tout prix rester loin. Mais quoiqu’en ai pensé la petite fille à ce moment-là, peu importe si elle a été d’accord, ne serait-ce qu’une seconde, tout cela a disparu depuis. Et ne reste que le même rêve, encore que ce soit un grand mot pour Cora, de ce qu’aurait pu être sa vie sans la trahison de son faiblard de père.
Et le manoir Yaxley ne fait pas exception à la règle. Depuis le temps qu’elle l’observe jour et nuit, la brune commence à connaître chacune des pierres, de même que chacun des sortilèges qui les protège. Pourquoi les Yaxley ? L’organisation de Cora est sans faille. Pendant des mois, depuis quelques années, elle traîne à la périphérie de ce groupe qui l’attire autant qu’il la rejette. Elle s’y est si bien prise qu’elle connaît la plupart de leur visage, de leurs noms. Elle sait où ils habitent, où ils travaillent, qui ils s’en vont retrouver en sortant du Ministère ou de leurs réunions chez Walsh ou… Et on y est. Le Lord, qu’elle pourchasse à l’aveuglette, est partout et nulle part. Il est en Angleterre une seconde, et ailleurs la suivante. C’est un fantôme qui a décidé qu’il ne voulait pas être vu, pour mieux surprendre et terrifier. Parfois, néanmoins, il a besoin de réunir ses fidèles, histoire de leur indiquer de vive voix la direction à suivre, histoire aussi de les regarder chacun dans les yeux pour s’assurer qu’ils ne lui ont pas tourné le dos. Malheureusement, et ça, Cora le sait mieux que personne, le Sang n’empêche pas la traîtrise.

Il se rend au Manoir Malfoy, chez les Selwyn, chez les Black. Il se matérialise devant leurs marches, bientôt suivi de Sa multitude de silhouettes, toutes plus ravies les unes que les autres de se prosterner devant Lui. Elle l’a vu faire une fois, honte brûlante, et n’a pas osé sortir du buisson où elle était tapie comme un animal blessé. Chez les Yaxley, pourtant fidèles, il n’est jamais venu. Pas encore du moins. Et, avec la recrudescence des attaques, Cora a commencé à penser qu’Il ne devait pas être loin. Alors depuis, elle a installé ses campements de fortunes devant plusieurs maisons, quoiqu’elle passe plus de temps ici, à regarder les allées et venues de Corban Yaxley, deuxième du nom. Sa vie n’est pas palpitante, en apparence. Mais le pire, c’est la vie de sa femme. Elle, Cora ne peut retrouver son prénom. Comme si on ne l’évoquait pas dans les cercles où son mari évolue. A force de la voir s’ennuyer dans son manoir, Cora commence à penser que, même pour la Pureté, elle n’accepterait pas de prendre sa place. Et la vérité, c’est que la brune aurait presque pitié – un sentiment qu’elle ne connaît guère.
Après quelques temps à se demander si ça vaudrait le coup d’aller questionner la blonde en personne, Cora réalise qu’elle ne doit rien savoir. Elle est tenue à l’écart comme elle-même l’est. La jalousie, alors, disparaît définitivement.

Enfin, après deux semaines d’attente, pourtant, Cora ne veut plus attendre. Le Lord ne vient pas, Yaxley s’absente longuement. Il a sans doute un bureau, quelque part dans cette demeure, un bureau où il cache, peut-être les informations qui Le concernent. C’est décidé, elle doit trouver un moyen de s’y introduire.
La nuit, impossible, Yaxley rentre tard, mais il rentre. Pour plus de prudence, il faudrait peut-être attendre que sa terne épousée s’en aille aussi, mais ça n’est pas dans ses habitudes. Elle reçoit, mais est rarement reçue. Il va falloir composer avec elle. Avant de passer à l’action, Cora va voler une baguette à l’autre bout du pays, pour ne pas inquiéter le voisinage des Yaxley. Un matin, à sept heures, Corban sort de chez lui et transplane. Pour avoir fait ses recherches, Cora le sait occupé par des rendez-vous inintéressants jusqu’à la fin de la journée. Elle n’attend pas. Avec un peu de chance, la femme est encore au lit, où elle va se reposer un moment encore. La brune se désillusionne, et fait virevolter sa nouvelle baguette pour la faire à son poignet et s’assurer qu’elle sera efficace pour contrer les sorts. Elle attend, cachée devant la grille que l’elfe de maison sorte avec un panier, lance un Stupéfix silencieux et se glisse dans l’interstice en faisant léviter le petit corps vers le même buisson où elle était cachée. Pas une alarme audible, pas de garde. Cora s’avance vers la gauche de la maison, où s’ouvre la porte de la cuisine. Un Alohomora plus tard, elle est dans les lieux. Les elfes sont stupides, heureusement.
Ses journées d’observation, de loin, ne lui ont pas permis d’observer de bureau, alors elle se dirige au jugé vers les pièces dont les rideaux ont toujours été tirés. Les couloirs sont vides, les escaliers en pierre et silencieux. Cora se glisse au deuxième étage. Reste à ne pas pousser, par malchance, la porte de la chambre. Son exploration dure un moment, mais rien. Un troisième étage, peut-être ? Ou la cave ? Mais elle est déjà restée trop longtemps, elle ferait mieux de partir, d’autant que la Désillusion commence à fondre, elle le sent.

Elle n’aurait pas dû entendre le sortilège qui la vise, ni les pas de son adversaire sur la lourde moquette, mais elle vit seule depuis trop longtemps pour ne pas avoir tendu l’oreille. Une porte s’était bien ouverte un peu plus tôt, donc. Cora roule au sol, et se relève un mètre plus loin, l’attaque l’ayant raté de loin. Elle sourit avec une fausse malice :

« Je ne ferais pas ça, si j’étais toi. »
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Elena Yaxley
Elena Yaxley
MessageSujet: Re: Elena » shut up and let me go   Mar 22 Mai - 13:30

Un peignoir enfilé sur la nuisette longue, les pieds nus glacés sur le sol froid, une main se pose délicatement sur l'épaule du mari tandis que les lippes pas encore maquillées embrassent la commissure des lèvres et glissent sur la mâchoire volontaire. « A ce soir. » Une habitude prise plus par devoir conjugal que par réelle envie. Une routine installée où les jours se fondent les uns dans les autres, pour ne ressembler qu'à une longue journée éternelle. Une fois Corban parti pour son travail, Elena entre à pas feutrés dans la chambre de son fils, la mère oubliée observe le petit corps si fragile de ce garçon né d'une union sans amour. Se perdant alors dans les pensées obscures de son conscient troublé, il n'est pas rare pour un elfe de maison de la retrouver assise, le dos bien droit contre le mur en bois, et la tête fixant sans jamais vraiment le voir, cet enfant qu'elle aime pour tous les autres. Le tourbillon des tourments virevolte dans l'esprit de la blonde, alors qu'un elfe discret dépose une tasse de thé brûlant à ses côtés, remerciement silencieux du traitement chaleureux qu'elle leur réserve à l'ombre des regards. Durant les premières heures de la matinée, Elena ne peut bouger de cette place, comme prisonnière de ses états-d'âme en plus de l'emprise de son frère. Combien de fois, s'est-elle demandée lequel de ses enfants étaient le plus chanceux, celle qui née d'une passion qu'on aurait cru sans limite mais qui ne se souvenait pas de sa mère, ou celui qui pouvait jouir de la présence de ses deux parents sans ressentir aucun amour les liant. Jamais elle ne pourrait trouver la réponse, c'était là une énième source de douleur qu'elle s'infligeait presque chaque jour, comme si la punition de son frère n'engendrait pas déjà assez de souffrances.

Aucun son ne venait jamais troubler le calme presque morbide de la demeure lugubre qu'elle appelait sa maison. Aujourd'hui pourtant, alors qu'Aden dort encore à poing fermé, du sommeil lourd de l'innocence, la maîtresse du manoir trouve la force de se relever avant d'apercevoir les altérations de la respiration de son fils et les petits bras qui s'étirent tandis que des yeux embués de fatigue clignent pour chasser le sable du marchand de rêve. Elle reconnaîtrait ces changements partout. Mais pas ce matin, puisque les jambes se soulèvent, que les bras referment avec douceur la porte de la chambre d'enfant et qu'Elena se dirige vers la bibliothèque, où repose la lettre de Kieran, ou plutôt celle de Vesper, subterfuge ingénieux pour que personne ne suspecte la correspondance d'une femme mariée avec son … amant ? Prenant une des plus belles plumes qu'elle peut trouver ; la trempant dans l'encre violette toute particulièrement affectionnée, des courbes et des boucles se dessinent sur le papier jauni, des paroles qui se veulent rassurantes mais qui peinent à dissimuler l'ennuie d'une femme laissée de côté. Et c'est peut-être une des plus douloureuses constatations de sa misérable vie, celle qu'enfermée dans cette maison d'or et d'argent, elle n'est qu'un cygne dont on a coupé les ailes le contraignant de fait à errer sans plus jamais dominer les cieux. Les yeux rougis mais dans lesquels aucune larme n'a vu le jour depuis le Nouvel An, Elena dessine le point final de sa lettre. Son parfum aspergé sur le bout de papier et celui-ci plié, elle peut voir le hibou posté à la fenêtre s'envoler vers le lointain, cette lettre si importante accrochée à sa patte. Un instant, l'imagination l'entraîne dans les airs à l'instar de l'oiseau voyageur et elle le voit arriver chez Kieran, recevoir un caresse ou une gourmandise tandis que la lettre est dépliée, que son odeur se déploie jusqu'à ses narines, et qu'une ombre qui possède ses courbes et les boucles de ses cheveux flavescents s'installe à ses côtés pendant la lecture. Les mains posées sur le bord de la fenêtre ouverte et les paupières qui se sont baissées sur les pupilles céruléennes complètent le tableau d'une femme perdue dans ses rêveries.

Soudain, le rêve se brise en éclat sous la brûlure ressentie contre sa cuisse, sa baguette directement reliée aux barrières invisibles de la demeure, indique une présence inconnue. Corban devrait recevoir un signal, mais Elena le sait en réunion, c'est donc de son devoir de prendre les devants. Sa fidèle gardienne à la main, les oreilles tendues, la lady ne perçoit rien, mais à chaque pas qui se rapproche d'elle, la sensation désagréable de brûlure s'intensifie sur sa peau, elle ouvre la porte de la bibliothèque le plus silencieusement possible mais le léger son qui en sort lui fait serrer les dents. Descendant les marches du troisième étage, la myocarde qui bat dans ses tempes et la respiration retenue, son bras ne tremble pas et l'inquiétude se cache derrière le masque de froideur. Sa tête aux cheveux défaits passe pour observer le couloir qu'elle croit désert d'abord avant de voir apparaître le corps famélique d'une femme inconnue.

Le sort silencieux fuse sans y penser, si l'alarme s'est déclenchée c'est que cette personne n'est pas la bienvenue. Mais là voilà qui esquive d'un geste fluide le sort qui explose contre la porte d'une des salles à manger. Une odeur de bois brûlé parvient jusqu'à ses narines alors qu'une voix s'adresse à elle sans cérémonie et c'est agacée qu'elle lui répond. « Je ne me tutoierais pas si j'étais vous. Mais je n'entrerais pas non plus par effraction chez des honnêtes gens. Alors, je ne suis clairement pas vous et vous n'êtes pas moi. » Elle ne s'avance pas, ne prend pas le risque d'entrer dans un combat à main nue qu'elle ne pourrait remporter malgré le corps peu nourri qui lui fait face. « Vous n'avez rien à faire ici, alors je vous prierais de bien déguerpir au plus vite. Avant que mon mari ne revienne, alerté par votre intrusion. » La menace est fausse mais le mensonge fuse telle une vérité entre ces lippes bien trop habituées à dissimuler et omettre. Mais déjà, les sorts appris en cours et ceux qu'elle a lu dans les livres de magie noire durant toutes ces années de détresse s'allument dans son esprit, le croque cheville et sur le bout de la langue si jamais l'impudente se décide à rester, ainsi qu'un sort de protection en cas d'attaque. La main est rouillée et ses réflexes ne sont pas aussi rapides qu'avant, mais les connaissances se sont décuplées avec les années. Durant quelques secondes, elle pense à une revanche par un de ces résistants, c'est alors qu'elle remarque un dessin boursoufflé, des cicatrices qui forment une marque qu'Elena n'a que trop vu sur le bras de son mari et la pire des pensées la traverse, qu'Arthur envoie cette femme pour la tuer, mais l'idée est immédiatement écartée, l'ancienne Selwyn le connaît assez bien pour savoir qu'il ne laisserait ce plaisir à aucun autre sorcier qu'à sa propre personne. Alors, ce ne peut être qu'une illuminée, et c'est peut-être le pire. Mais malgré la situation délicate et dangereuse dans laquelle on l'a plongée, en lieu et place de l'effroi, il y a l'excitation de tout ce qui peut la sortir de sa torpeur.

Avec la seule terreur, que son enfant ne se réveille et accourt.


† When my family thinks hhat I'm safe in my bed, from night until morning, I am stretched at your head. Do you remember the night we were lost in the shade of the blackthorn and the chill of the frost.
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