l'égoïsme des gens heureux ∫ mary

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Penelope Cross
MessageSujet: l'égoïsme des gens heureux ∫ mary   Mer 23 Mai - 9:14


Ça vous arrive, des fois, d'ouvrir votre porte-monnaie et découvrir qu'il n'y a plus rien à l'intérieur ?
C'est frustrant.
Ça vous arrive plutôt quand vous avez besoin d'argent en plus, non ? Au moment de payer des courses, par exemple. Devant toutes les sorcières et les sorciers qui font la queue. Une petite dose de honte pour saupoudrer le désagrément...
Rassurez-vous, Penelope est seule.
Sa poche à mandragore est vide.
Putain.

Ce n'est pas arrivé depuis presque dix mois - et cela devrait sûrement l'effrayer, d'ailleurs, mais passons - et voilà, elle se retrouve comme ça, les yeux globuleux devant le fond de sa poche dont le tissu semble presque sourire de mépris. L'impertinence. Penelope se revoit monter les marches des escaliers pour accéder au toit, tap-tap tap-tap, vite, comme une enfant qui a hâte d'arriver à la récréation. Une heure et quart qu'elle tourne dans son lit. Le haut de la tour, la poche, la fumette : une lumière au bout du tunnel et toutes ces conneries. Conneries. La poche se fout bien de sa gueule, maintenant.

Alors quoi, retourner en bas ?
Le corps de Penelope vient taper le pavé avec toute l'exaspération de l'épuisement qui s'est étalé sur plusieurs strates d'une existence trop courtes pour en avoir connu autant. Le ciel est doux, moucheté de dizaines, trentaines, cinquantaines de minuscules tâches de beauté lumineuse. Le ciel serait une belle femme, pense Penelope, aux cheveux d'argent et au sourire rêveur. Qu'est-ce qu'elle raconte, ok, pas tant besoin de mandragore que ça, hein ? Sa migraine objecte. Elle ne fume pas pour planer. Elle fume pour redescendre.

Tap. Tap. Tap ? Quelqu'un ?
Mary ?
Pour faire cette hypothèse, Penelope ne s'est pas levée. Peu de gens la rejoignent ici ; des erreurs arrivent parfois, des personnes croisées alors qu'on ne voudrait pas, oui, ça arrive - mais ce pas. En deux ans, elles ont eu le temps d'apprendre le bruit de leurs pas. Autrefois, Penelope se serait relevée quand même. Elle aurait accueilli son amie avec sa sorte d'enthousiasme, calme mais présent, silencieux mais palpable. Elle ne le fait pas, ce soir.
Mary est loin ; elle s'approche peut-être, elle va peut-être s'asseoir à côté d'elle, mais elle est loin.
Bientôt, Mary sera plus loin encore - Penny peut le sentir. C'est loin d'être une réelle prédiction, un pressentiment, tout au plus. Qui se mue lentement en certitude.
Mary sourit à nouveau. Mary a, à nouveau, des personnes à qui parler. Des amitiés. Ce n'est plus qu'une question de temps...
Mary retournera parmi les gens heureux.

Et Penny restera là.

Allongée à même le toit, sans rien à fumer.


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Mary MacDonald
MessageSujet: Re: l'égoïsme des gens heureux ∫ mary   Dim 27 Mai - 11:23

Elle ne se souvient jamais de ses cauchemars. Seule la terreur, la sueur et les larmes restent au réveil.

Inspirer lentement. Expirer lentement. Inspirer lentement.

C’est son père qui lui a appris comment calmer un cœur affolé après un cauchemar, elle avait sept ans et n’aurait jamais pensé toujours avoir à suivre ce conseil dix années plus tard. Et pourtant, à dix-sept ans des cauchemars, elle en faisait toujours régulièrement. Ils avaient commencé lorsqu’elle avait quinze ans, après l’Attaque. Et continuaient encore aujourd’hui encouragés par un contexte politique des plus sombres.
Sa respiration est calmée. Elle se rallonge, ferme les yeux, tente de se rendormir, en vain, évidemment. Sa nuit sera une fois de plus écourtée. Pourtant à chaque fois elle essaye mais le temps passe, les pensées affluent mais pas le sommeil. Alors elle se relève, s’assoit sur son lit, cherche un quelconque soutien parmi ses camarades dortoir, mais toutes ont rejoint les bras de Morphée et ne sont pas prêtes de les quitter.

Mary sait qu’il y a quelque part dans le château, quelqu’un d’éveillé comme elle, quelqu’un avec qui partager les cernes sous les yeux au petit matin. Elle se lève alors et rejoint la tour d’astronomie, mécaniquement, elle connait le chemin par cœur pour l’avoir emprunté bien trop de fois. Chaque nouveau cauchemar l’entrainant inéluctablement en ce lieu.

Tap. Tap. Tap. Les marches de l’escalier menant au toit ont toujours été bruyantes, comme pour annoncer son arrivée à Penelope, toujours présente, une pipe de mandragore aux lèvres, comme si elle était la gardienne de la tour.

Elle atteint finalement le sommet, et vient s’installer auprès de Penelope. Pas d’effusion entre elles, elles ont dépassé ce stade depuis longtemps.  Deux ans qu’elles trouvent toutes deux refuge en haut de la tour d’astronomie, leur havre de paix dans un château bouillonnant d’étudiants, leur parenthèse de calme et de sérénité. Mary vient ici chaque fois qu’elle fait des cauchemars, chaque fois qu’elle n’arrive pas à dormir, chaque fois qu’elle pense trop à Mulciber, aux mangemorts, à la guerre, bien trop souvent en somme. Quant à Penelope, elle ne sait pas, et n’a jamais cherché à savoir. En deux ans, leurs échanges n’ont pas été nombreux, limités au strict minimum, elles ne cherchaient pas à être écoutées, simplement à savoir qu’il existait au moins une personne aussi mal en point qu’elles. Elles étaient deux fleurs brisées par les aléas de la vie cherchant un peu de réconfort chez l’autre.

Pourtant Mary remarque que maintenant elle aimerait en savoir plus sur son amie. Son agression l’a d’abord rendu égocentrique, ses problèmes formant une bulle autour d’elle la rendant insensibles à ceux des autres. Les années passant, cela n’est plus vrai, elle s’intéresse de nouveau aux autres, à Penny notamment. Elle ignore tout des raisons de sa consommation de mandragore mais elle veut savoir, peut-être même qu’elle peut l’aider. Et puis ce n’est que simple justice, après tout, toute l’école, y compris Penny, sait d’où viennent les fréquentes insomnies de Mary, mais celle-ci ne connait rien de Penny en retour.

C’est sur ces pensées qu’elle saisit son paquet pour en sortir une cigarette. Mauvaise habitude prise  l’été précédent, mais le geste, l’odeur, la fumée dans ses poumons lui offrent des instants de répit qui n’ont pas de prix. Remarquant Penelope, rien à fumer entre les lèvres, fait assez inhabituel pour être notifié, elle lui tend son paquet. « Prend en une si tu veux. Ça vaut pas la mandragore mais c’est toujours ça. »
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Penelope Cross
MessageSujet: Re: l'égoïsme des gens heureux ∫ mary   Jeu 31 Mai - 13:28

C'est bien Mary qui vient s'asseoir auprès d'elle – dans l'éventualité où quelqu'un d'autre serait arrivé en haut de la tour, seule Mary se serait installée juste à ses côtés. Sa présence est réconfortante. Mary ne parle pas, ne cherche pas à la déranger dans la solitude qu'elles partagent. Le silence ne dérange pas Penelope, au contraire. Le silence du monde extérieur est un luxe, quand l'intérieur n'est qu'orage.

Le bruit familier du paquet de cigarettes se fait entendre ; Penelope se relève. Elle regarde Mary – son amie, peut-être, pourrait-elle même dire ça ? – et elle se demande ce qu'elle pense. Est-elle contente de la voir ? Si elle revient, encore, c'est qu'elle n'en a pas marre d'elle. Ou qu'elle n'a pas trouvé d'autre compagnie nocturne ? « Prends en une si tu veux, lui dit Marie. Ça vaut pas la mandragore mais c’est toujours ça. » Elle lui tend une cigarette. Mary fume, elle aussi, mais du tabac ; de la mandragore aussi, parfois, rarement, beaucoup plus rarement que Penny. « Merci », répond-elle en prenant la cigarette entre ses doigts. Ça la touche, peut-être, ce geste ? Oui. C'est pas grand chose une cigarette, mais c'est confortable. C'est un petit partage.

Penelope allume une petite flamme au bout de sa baguette – putain, elle galère encore comme une écolière de troisième année, c'est ridicule, elle doit s'y prendre à deux ou trois fois avant de réussir à crachoter une flamme correcte – et y embrase le bout de la clope. Première taffe. Ce n'est pas de la mandragore, c'est sûr, mais c'est pas mal. Une deuxième taffe. Le silence. La reconnaissance. Léger duel. La reconnaissance gagne : « C'est bien déjà. Ça apaise un peu. »

Et voilà.
Elle a fait le grand maximum.
Elle esquisse un sourire à Mary, enfin, dans le vague, mais dans sa tête, elle le dirige à Mary. Elle a encore du mal à sourire dans les yeux.
Maintenant Penelope est prête pour des heures de silence.


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Mary MacDonald
MessageSujet: Re: l'égoïsme des gens heureux ∫ mary   Dim 15 Juil - 9:01

Finalement Penelope accepte sa cigarette et la remercie. Pendant ce temps, Mary allume la sienne grâce à sa baguette. Elle a oublié son briquet dans le dortoir, bien qu’issue d’une famille sorcière et accro à sa baguette magique, elle doit bien admettre que dans certains cas précis la méthode moldue est la moins contraignante. Son opinion se vérifie quand elle aperçoit Penny s’y reprendre à trois fois avec sa baguette magique pour finalement réussir à allumer sa cigarette.

Pendant ce temps, Mary prend sa première taffe. Elle se perd alors dans la contemplation de la fumée qu’elle expire, fascinée par les volutes qu’elle forme. Comme toujours ça la détend, fumer la détend, c’est fascinant comme quelque chose d’aussi nocif pour la santé peut lui apporter tant de réconfort. C’est comme échanger sa santé contre un peu de bien-être.

Puis elle entend la voix de Penny, ça la surprend, elle qui est plutôt avare en parole. Elle regrette de ne pas pouvoir lui offrir plus que du tabac, mais elle essaye de ne pas trop toucher à la mandragore, un oncle lointain y étant dépendant lui ayant fait passer l’envie de suivre un chemin identique.
Elle ne sait pas quoi lui répondre, alors elle lui sourit. C’est un comble, elle qui essaye d’entamer une discussion avec Penny depuis quelques semaines maintenant, est celle qui se retrouve réduite au silence après les paroles de son amie. Elle voudrait trouver quelque chose d’approprié à lui dire pour engager une conversation, mais elle sait que c’est une peine perdue, Penny vient d’atteindre son quota de mots mensuel à l’instant. Elle les a même agrémentés d’un sourire, enfin si on peut appeler ce mouvement de lèvre dirigé dans le vague un sourire. Pourtant fut un temps où Penelope était beaucoup plus enjouée, beaucoup plus bavarde, Mary se souvient de ces cours de sortilèges en troisième année, où elles étaient en binôme, où elles pouvaient discuter durant toute la durée de celui-ci. Beaucoup de choses ont changé depuis, enfin de son côté, et elle suppose qu’il en est de même pour Penny.

Mary sait que ces trois mots sont déjà beaucoup pour Penny. Ça la frustre, elle aimerait en savoir plus sur son amie, pouvoir l’aider. Parce que oui, de son côté, bien que leur relation soit atypique, elle considère Penny comme une amie. Leur amitié est différente de celle qu’elle pourrait avoir Lily, Marlène ou Emmeline, mais Mary sait qu’elle tient à Penelope. Elle cherche alors à reprendre une conversation.
« Le ciel est vraiment beau ce soir, regarde comme les étoiles brillent » Vraiment, c’est tout ce dont tu es capable, pense-t-elle, pathétique.
Espérons que Penny attrapera la lamentable perche qu’elle essaye de lui tendre
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