I can't feel my heart anymore | JILY (fb)

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Lily Evans
Lily Evans
MessageSujet: I can't feel my heart anymore | JILY (fb)   I can't feel my heart anymore | JILY (fb) EmptyJeu 26 Avr - 10:11

« A Sainte-Mangouste. Ils sont tous à Sainte-Mangouste. Ca volait, les sortilèges, partout, les corps, le sang, les blessures, je... » Un tic nerveux. Un claquement de langue insolent contre son palais. Lily secoue la tête et écarte la jeune femme en pleurs qui lui parle sans discontinuer ; elle n'a pas le temps pour les mots rassurants que la jeune femme voudrait lui arracher. Elle n'a pas le temps de penser, pas le temps de paniquer, non plus. Son esprit méthodique tente de faire la liste des gens qu'il faut qu'elle retrouve. Maintenant. Son esprit méthodique est ce qui lui permet de transplaner jusqu'aux abords de l'hôpital magique ; là, les gens se pressent, courent, leurs visages livides tentant d'annoncer les bonnes ou les mauvaises nouvelles, les gens secourus et les gens abandonnés. La méthode, apparente froideur sur les traits fins de la rousse, lui permet de marcher sans s'arrêter jusqu'aux grandes portes de l'hôpital. Ses yeux errent jusqu'à trouver une infirmière, plus calme que les autres, qui semblent faire une liste, gérer une liste. Lily inspire et s'approche, pose ses mains tremblantes sur le comptoir. A sa ceinture, sa baguette lui semble peser une tonne. Elle n'a pas dit à ses parents qu'elle sortait, de peur de les inquiéter. Elle n'a prévenu personne, s'est contentée d'étouffer un cri dans son oreiller quand elle a reçu le terrible message, l'horrible information. Depuis, elle n'a manifesté aucun signe de panique. Elle a transplané jusqu'au Chaudron, puis jusqu'ici, sans se laisser déborder par la moindre once de sentiments. Pour évaluer les dégâts, pour faire le point. Et maintenant qu'elle se tient devant cette infirmière qui relève les yeux vers elle pour l'interroger du regard, elle sent qu'elle est à deux doigts d'exploser. De rage, de désespoir aussi, de culpabilité mal étouffée. « Oui ? » l'infirmière demande. Et Lily prend une inspiration - elle ne sait pas qui elle est censée demander. Tous ses amis sont sans doute ici, parce qu'ils sont tous allés faire la fête pour le Nouvel An. Tous, sauf elle, parce qu'elle était trop occupée à faire la tête pour des histoires sordides. Idiotes. « Je... Je cherche Potter. James Potter ». Elle n'arrive pas à penser à autre chose. Ses mains s'agrippent un peu au comptoir devant elle comme elle inspire à nouveau. « Au premier, troisième compartiment à gauche ». Bien. Elle ne lui a pas demandé de s'asseoir, de prendre une inspiration, de reculer, d'attendre ici. Elle s'autorise quand même une inspiration, Lily, et elle prend la direction indiquée, ses mains jointes. Et il lui semble que s'écoule une éternité avant qu'elle tire le rideau qui la sépare de Potter. Et cet idiot, cet imbécile est installé là, le bras en vrac, visiblement pas assez en vrac pour avoir été pris en charge en premier. Elle a envie de lui hurler dessus, de l'engueuler parce que cet idiot était au milieu des autres, parce que toutes ces longues minutes où elle n'a pas eu de nouvelle, elle a cru qu'il était étalé parmi les cadavres, qu'elle ne le reverrait jamais, que la dernière chose qu'elle lui aurait dite étaient ces mots terribles qu'elle ne pense pas. Elle ouvre la bouche, prête à exploser, mais les mots ne sortent pas. « James... », elle marmonne seulement, secouant la tête pour chasser les larmes qui menacent de déborder de ses yeux. Elle s'approche, presque timide, et envoie valser sa main - doucement, tout de même, parce qu'il est blessé, cet idiot - contre son épaule valide. « J'ai eu tellement peur, tu... J'ai cru que t'étais mort, bon sang». Les mots sont maladroits, le ton aussi, et l'humidité gagne ses yeux à nouveau. Elle ne sait pas quoi faire, elle ne sait pas si elle a le droit de s'approcher, elle ne sait pas si elle a envie de le faire. Parce qu'elle a eu tellement peur, parce qu'elle a eu tellement mal, qu'elle n'est pas absolument certaine d'être capable de survivre à ça une seconde fois, une autre fois.


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James Potter
James Potter
MessageSujet: Re: I can't feel my heart anymore | JILY (fb)   I can't feel my heart anymore | JILY (fb) EmptyJeu 26 Avr - 15:57

La magie a cela de merveilleux que, la plupart du temps, elle permet d’éviter aux enfants de passer de désagréables nuits à l’hôpital. C’est pour ça que malgré les jambes cassées, les épaules démises, les poignets foulés, les dents perdues, James n’a que rarement eu l’occasion de voir l’intérieur de Sainte-Mangouste. En tout cas, il n’a jamais eu l’occasion d’observer le plafond défiler devant ses yeux, pendant qu’on le fait léviter vers un box. Il aurait bien dit aux infirmières qu’il est parfaitement capable de marcher, mais quand il a ouvert la bouche, c’est un gémissement qui est sorti. C’est parce que, oui, malgré les jambes cassées, les épaules démises, les poignets foulés, les dents perdues, James n’a jamais eu aussi mal. Le sort date d’une bonne demi-heure, mais il a toujours l’impression que son bras se déchire. Il préfère en outre ne pas regarder la blessure, et se concentrer sur l’atroce, l’innommable, l’insupportable courant d’air qu’il sent courir sur son crâne.
Des deux douleurs, c’est celle sur laquelle il a décidé de s’arrêter, pour soulager l’autre. La souffrance, il sait qu’il s’en remettra – au moins n’a-t-il pas eu à supporter de Doloris comme Marlene – en revanche la honte de se savoir chauve… Au moment où le Médicomage l’a fait transplaner vers l’hôpital, les regards autour d’eux étaient perdus, choqués. Mais imaginer que le cerveau de Sirius n’aura pas enregistré cette vision, voilà qui serait stupide. Sirius. Peter. Marlene. Où sont-il tous, d’ailleurs ? Pourquoi ne sont-ils pas à côté de lui, à s’inquiéter ou, pire encore, à se moquer ? Est-ce que leur absence est due au pire ? Non. Il aurait senti si Sirius était tombé. C’est une évidence. Marlene, James l’a vue avec quelqu’un au moment de quitter le pub. Peter… Peter doit encore être tapi sous sa table. Et tous les autres, les professeurs, les inconnus, ceux qui ont essayé de le mettre à l’abri, où sont-ils ? Respirent-ils encore ? Avec horreur, James sent ses yeux s’humidifier. Que ce soit la douleur ou la peur, cependant, il se refuse cette faiblesse. Non pas parce qu’il est un Gryffondor, encore moins parce qu’il est un homme, juste parce que c’est un repos qu’il ne veut pas s’accorder pour le moment. Non, d’abord il va régler ce qu’il faut régler. A commencer par sa chevelure, nom d’une gargouille de bas étage.

Pas chance, l’infirmière qui l’accompagne depuis l’entrée le pose enfin sur un lit et entreprend de nettoyer son bras. Accroché à sa fierté, James grogne mais ne plie pas, ne retire pas son bras jusqu’à ce que la femme ait terminé son œuvre. Elle ne bande pas la blessure, assurant qu’un Médicomage passera sous peu pour vérifier que le Diffindo n’a pas été accompagné d’un autre sort. « Avec ces gens-là, on préfère se méfier. », grogne-t-elle en arrangeant les coussins dans le dos de James. Un James qui n’a pas oublié son plus gros problème pour le moment : « Merci, merci, Madame. Est-ce que vous pensez que vous allez pouvoir faire quelque chose pour mes cheveux ? »
Les Potter ne vont pas tarder à débarquer, c’est sûr, si ce ne sont les garçons ou n’importe quelle autre tête connue. Ou Lily. Mais que viendrait faire Lily à Sainte-Mangouste, comment saurait-elle qu’il y a eu une attaque, comment devinerait-elle qu’il était bien au Chaudron Baveur ? Et James préfère faire semblant de ne pas bien connaître sa copine plutôt que de penser qu’elle va venir… Et ne jamais la voir arriver parce qu’il s’est montré trop bête la veille. L’infirmière le regarde, l’air soupçonneux. Est-ce qu’elle pense qu’il se fiche d’elle, ou qu’il est naturellement chauve ? « J’ai été euh… victime d’un Sortilège de crâne chauve avant qu’on essaye de me découper en rondelles. C’est un sortilège, non ? Il doit y avoir moyen de faire repousser les cheveux… rapidement, non ? » Coup de baguette ou potion, James est prêt à faire ce qu’il faut. Tout, plutôt que de rester le crâne nu. Alors il craque : « Je vous en prie. »

Dix minutes plus tard, avec un peu d’appréhension – et si ses cheveux repoussaient lisses ? Ou vert ? – James ingurgite une potion turquoise qui, selon les mots de sa bienfaitrice « devrait faire revenir tout ce que vous avez perdu, en un rien de temps ». Et en effet, un moment après, James sent sortir de son crâne des milliers de petites pointes qui grandissent et grandissent, se mêlent les unes aux autres jusqu’à ce que le jeune homme reconnaisse le poids familier de sa crinière. Gagné.
Mais là où la potion devient encore plus extraordinaire, c’est vingt minutes plus tard. « Ça devrait faire revenir tout ce que vous avez perdu », visiblement, ça n’était pas de la publicité mensongère. James est en train d’examiner sa baguette, à la recherche de défaut, quand le bruit des rideaux lui faire lever la tête. Il attend sa mère, son père, Moony. Mais ça n’est pas eux. « James… » Le ton est hésitant, presque une question. « Ça devrait faire revenir tout ce que vous avez perdu. » La surprise le rend muet. Donc elle était au courant de tout. Tellement au courant, qu’elle est là en premier, avant les parents, les meilleurs amis. James la regarde approcher, avancer la main, et frissonne quand elle la pose sur lui. Le bout de ses doigts, glacés, effleure la peau nue de son cou, et il oublie la douleur lancinante de son bras, la peur qui le ronge, ses amis, les morts, l’attaque. Plus efficace qu’un Oubliette. « Ça devrait faire revenir tout ce que vous avez perdu. » C’est mieux que tout ce qu’il aurait pu espérer.

La peur perce dans chacun des mots de Lily, les larmes bordent ses yeux, tellement différentes de celles qu’il a vues couler quelques jours auparavant, quand les choses étaient normales et leur dispute, juste une dispute de couple. Sa gorge à lui est nouée, bloquée, fermée. Il ne peut pas répondre, alors, même s’il s’expose à une engueulade salée de la part de Lily comme des Médicomages, il dégage son épaule de la main hésitante, attrape le drap qui le recouvre et le jette au bout du lit et il se lève. Son bras blessé lui fait un mal de chien, mais le sang ne coule plus. James pose ses pieds nus par terre, se redresse proche, si proche d’elle. Il ne la lâche pas des yeux, toujours en silence, toujours, surtout, incapable de parler. Et puis, presque brusquement, son bras gauche et valide vient se serrer dans le dos de la jeune fille. Tout, tout ce qu’il n’a pas laissé sortir depuis l’attaque, non, depuis leur dispute, vient se mettre dans cette étreinte, tout, la honte, la peur, la colère, la douleur, la peine, l’horreur. Il serre Lily contre lui comme une nécessité, comme pour s’assurer qu’elle est bien là, comme pour graver à jamais sa présence dans ses bras. Son bras droit pend mollement contre son flanc, il a le visage plongé dans la chevelure rousse de sa belle, les yeux fermés contre son épaule, et il pleure. Comme un gamin qui vient de voir mourir son enfance et la paix qui l’entourait, comme un adolescent qui découvre que c’est vrai, que la mort guette et qu’il ne suffit pas d’être bravache pour l’effrayer, comme un jeune homme qui n’avait jamais connu la douleur, comme un garçon qui devient un homme. Et au milieu des sanglots : « J’ai cru que j’allais mourir, Lily. J’ai cru que j’allais mourir sans toi, sans pouvoir te dire à quel point je regrette et à quel point je t’aime. Pardon, pardon, pardon. » La litanie des pardons s’égrène, sans fin.


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